LF 272 – 9 MM

Lefaucheux LF 272 selon le Brevet 019380 du 4 Novembre 1854, 1er addition.

Introduction :

photo 26

Il est fort probable que le revolver présenté sur le dessin du Brevet d’Invention 019380 du 15 avril 1854 n’ait jamais existé ou seulement à l’état de prototype.

Personnellement je ne crois pas qu’Eugène Lefaucheux ait voulu plagier Samuel Colt, mais en tant que gamin de 20/22 ans il l’admirait profondément.

Quoi de plus normal que de prendre son « héros » comme exemple.

Eugène a juste pris le revolver de Samuel Colt comme exemple pour expliquer et fixer ses idées.

L’affirmation ci-dessus prend tout sa force en lisant bien le Brevet Initial d’Eugène.

Tout est dit par les premiers mots dans ce résumé ….. « l’idée et les moyens »

Puisque dans le résumé du Brevet d’Invention 019083 du 15 Avril 1854 on peut lire :

« La présente intervention comprend :

1° l’idée et les moyens de réalisation pour arriver à charger les armes à rotation (fusils ou pistolets) sur la culasse en employant les cartouches Lefaucheux, ce qui dispense des opérations diverses du chargement, lesquelles ont toujours l’inconvénient d’être longues, difficiles, surtout lorsqu’il fait froid et humide.

2° la possibilité de décharger les armes sans brûler les amorces, avec un mécanisme simple et peu coûteux. Il est presque impossible de décharger les armes chargées par la baguette, mais en supposant cette possibilité, c’est toujours une opération longue et pénible, qui ne s’effectue qu’aux dépens de la balle qui est hachée ou morcelée, sans préjudice des pertes ou détérioration de la poudre . »

Ressemblant fortement au revolver Colt, Eugène Lefaucheux a dû (très rapidement après le dépôt du premier brevet, probablement avec les conseils avisé de M.M. Bigot et Binard) travailler sur une nouvelle présentation du modèle 1854.

Ce qui donnera lieu au dépôt de brevet du 4 Novembre 1854, dont le modèle présenté ici est très proche.

C’est cette seconde mouture en 9 mm qui sera présentée aux essais de la Marine, contre le Colt et l’Adam.

Dans le rapport du 16 septembre 1854 de la Commission de Marine de Vincennes, on peut lire :

« La 3e section, en vue de mieux connaître la valeur de cette arme, a l’honneur de proposer au conseil d’émettre l’avis : »

« Qu’il y aurait bien d’admettre deux des pistolets revolvers Lefaucheux dans les expériences comparatives qui doivent être faites à bord de l’Uranie sur les pistolets Colt et Adams »

Ainsi que le 31 mai 1855 dans un rapport de la Commission d’expérience du vaisseau « Le Suffren » sur les pistolets revolvers :

« Que les systèmes Colt et Adams doivent être rejetés ».

« Que le pistolet Lefaucheux doit être adopté, mais seulement avec des modifications et un grand soin dans l’exécution. »

« Les modifications du pistolet Lefaucheux jugées nécessaires par la Commission sont :

1° Un calibre plus fort (celui du système Adams paraît suffisant , 12 mm )

2° Un abaissement de la crête du chien pour permettre d’armer plus facilement d’une seule main.

3° Une grande simplicité de formes extérieures ; suppression des angles et garnitures inutiles afin d’alléger l’arme et d’en faciliter l’entretien

4° La crosse terminée par un anneau. »

Ce sont ces modifications qui donneront naissance au modèle 1854 / 1858 que nous connaissons tous.

Description du LF 272 :

Voici probablement un des  premiers modèles 1854 fabriqué par Eugène Lefaucheux .

Fabriqué dans les ateliers du 37 rue Vivienne à Paris mais commercialisé par Lepage Frères à Paris.

L’arme est réalisés selon les modalités du brevet 019083, 1ère addition du 4 novembre 1854 mais avec déjà pas mal d’évolution .

On remarquera la crête du chien très haute et la culasse en « chapeau chinois ».

9 - LF 272

Un canon très long , 9 mm à broche, octogonal d’un bout à l’autre et l’intérieur « non-rayé ».

7 - LF 272

La plaque comportant le pontet n’est reliée à la carcasse que par deux vis. Sur les modèles suivants il y aura 3 vis.

4 - LF 272

Le talon de la crosse est en diamant, se terminant par une pointe, ultérieurement ce sera un anneau.

Sur le canon des légères gravures de lianes et de feuilles.

10 - LF 272

Néanmoins le boulier de la culasse à pris un diamètre supérieur afin de protéger les ergot des balles à broches.

La baguette extraction est en forme de tête de clou et non plus en « L ».

Le blogage

Caractéristiques du LF 272

Longueur totale de l’arme : 330 mm

Canon de forme octogonale d’une longueur : 190 mm

Avec un guidon en triangle surmonté d’une boule.

Intérieur « non-rayé »

13 - LF 272

Le canon se visse sur l’axe central, la carcasse est reliée au canon par la console et maintenue par une gros vis, pour donner une bonne solidité à l’ensemble

Barillet : 6 coups à broche

12 - LF 272

Calibre : 9 mm

Diamètre : 40 mm

Longueur : 32 mm

11- LF 272

Culasse épaisse formant un « chapeau chinois » avec une profonde échancrure sur la droite formant la portière de chargement, avec ressort de fermeture.

Epaisseur : 18 mm

Baguette d’éjection de douilles. (ici manquante)

Les plaquettes en bois prenant appui sur les deux bras de la carcasse de crosse, sont maintenues en place par une vis au centre.

Pontet avec repose doigt

Mécanisme en Simple Action, c’est-à-dire que l’armement se fait par l’intermédiaire du chien qu’on tire en arrière.

L’armement du chien, entraîne une rotation 1/6 de tour du barillet par le doigt élévateur et présente une balle en parfait alignement avec le canon

Le déclenchement du coup de feu se fait en exerçant une pression sur la détente.

Marquages et poinçons :

Sur le dessus du canon :

8 - LF 272

Est encore partiellement lisible : « Lepage frères à Paris 12 rue d’Enghien »

2 - LF 272

Sur la console gauche : LF 272 avec le revolver brisé.

Sous les plaquettes, sur la carcasse le n° 9 , probablement une relation avec le calibre.

Sur l’ensemble des pièces : 55

LF 247 - 7_modifié-1

© et ® Lefaucheux 2011

LF 247 – 9 MM

Lefaucheux LF 247 selon le Brevet 019380 du 4 Novembre 1854, 1er addition.

Introduction :

Il est fort probable que le revolver présenté sur le dessin du Brevet d’Invention 019380 du 15 avril 1854 n’ait jamais existé ou seulement à l’état de prototype.

LF 247 - 1_modifié-1

Personnellement je ne crois pas qu’Eugène Lefaucheux ait voulu plagier Samuel Colt, mais en tant que gamin de 20/22 ans il l’admirait profondément.

Quoi de plus normal que de prendre son « héros » comme exemple.

Eugène a juste pris le revolver de Samuel Colt comme exemple pour expliquer et fixer ses idées.

L’affirmation ci-dessus prend toute sa force en lisant bien le Brevet Initial d’Eugène.

Tout est dit par les premiers mots dans ce résumé ….. « L’idée et les moyens »

2 LF 54 BREVET DU 15 AVRIL 1854 1 addition nov 54

Puisque dans le résumé du Brevet d’Invention 019083 du 15 Avril 1854 on peut lire :

« La présente intervention comprend :

1° l’idée et les moyens de réalisation pour arriver à charger les armes à rotation (fusils ou pistolets) sur la culasse en employant les cartouches Lefaucheux, ce qui dispense des opérations diverses du chargement, lesquelles ont toujours l’inconvénient d’être longues, difficiles, surtout lorsqu’il fait froid et humide.

2° la possibilité de décharger les armes sans brûler les amorces, avec un mécanisme simple et peu coûteux. Il est presque impossible de décharger les armes chargées par la baguette, mais en supposant cette possibilité, c’est toujours une opération longue et pénible, qui ne s’effectue qu’aux dépens de la balle qui est hachée ou morcelée, sans préjudice des pertes ou détérioration de la poudre. »

Ressemblant fortement au revolver Colt, Eugène Lefaucheux a dû (très rapidement après le dépôt du premier brevet, probablement avec les conseils avisé de M.M. Bigot et Binard) travailler sur une nouvelle présentation du modèle 1854.

LF 247 - 2_modifié-1

Ce qui donnera lieu au dépôt de brevet du 4 Novembre 1854, dont le modèle présenté ici est très proche.

C’est cette seconde mouture en 9 mm qui sera présentée aux essais de la Marine, contre le Colt et l’Adam.

Dans le rapport du 16 septembre 1854 de la Commission de Marine de Vincennes, on peut lire :

« La 3e section, en vue de mieux connaître la valeur de cette arme, a l’honneur de proposer au conseil d’émettre l’avis : »

« Qu’il y aurait bien d’admettre deux des pistolets revolvers Lefaucheux dans les expériences comparatives qui doivent être faites à bord de l’Uranie sur les pistolets Colt et Adams »

Ainsi que le 31 mai 1855 dans un rapport de la Commission d’expérience du vaisseau « Le Suffren » sur les pistolets revolvers :

« Que les systèmes Colt et Adams doivent être rejetés ».

« Que le pistolet Lefaucheux doit être adopté, mais seulement avec des modifications et un grand soin dans l’exécution. »

« Les modifications du pistolet Lefaucheux jugées nécessaires par la Commission sont :

1° Un calibre plus fort (celui du système Adams paraît suffisant , 12 mm )

2° Un abaissement de la crête du chien pour permettre d’armer plus facilement d’une seule main.

3° Une grande simplicité de formes extérieures ; suppression des angles et garnitures inutiles afin d’alléger l’arme et d’en faciliter l’entretien

4° La crosse terminée par un anneau. »

Ce sont ces modifications qui donneront naissance au modèle 1854 / 1858 que nous connaissons tous.

Description du LF 247 :

Voici un des premiers modèles 1854 fabriqué par Eugène Lefaucheux et commercialisé par ses propres moyens.

LF 247 - 3_modifié-1

Le LF 247, est réalisé selon les modalités du brevet 019083, 1ère addition du 4 novembre 1854 mais déjà avec de nombreuses modifications.

On remarquera la crête du chien très haute et la culasse en « chapeau chinois ».

LF 247 - 4_modifié-1

Un canon très long, 9 mm à broche, octogonal d’un bout à l’autre et l’intérieur « non-rayé ».

La plaque comportant le pontet n’est reliée à la carcasse que par deux vis.

Sur les modèles suivants il y aura 3 vis.

Le talon de la crosse est en diamant, se terminant par une pointe, ultérieurement ce sera un anneau.

Néanmoins le bouclier de la culasse est déjà plus grand que le diamètre du barillet.

Les arrêtoirs sont positionnés sur le pourtour extérieur du barillet et non plus à l’intérieur.

L’arme ne présente aucun ornement ou gravure.

Caractéristiques du LF 247

Longueur totale de l’arme : 330 mm

Canon de forme octogonale d’une longueur : 190 mm

Avec un guidon en triangle surmonté d’une boule.

Intérieur « non-rayé »

Le canon se visse sur l’axe central, la carcasse est reliée au canon par la console et maintenue par une gros vis, pour donner une bonne solidité à l’ensemble

Barillet : 6 coups à broche

Calibre : 9 mm

Diamètre : 40 mm

Longueur : 32 mm

Culasse épaisse formant un « chapeau chinois » avec une profonde échancrure sur la droite formant la portière de chargement, avec ressort de fermeture (portière manquante).

Epaisseur : 18 mm

Baguette d’éjection de douilles.

Les plaquettes en bois prenant appui sur les deux bras de la carcasse de crosse, sont maintenues en place par une vis au centre.

Pontet avec repose doigt

Mécanisme en Simple Action, c’est-à-dire que l’armement se fait par l’intermédiaire du chien qu’on tire en arrière.

L’armement du chien, entraîne une rotation 1/6 de tour du barillet par le doigt élévateur et présente une balle en parfait alignement avec le canon

Le déclenchement du coup de feu se fait en exerçant une pression sur la détente.

Marquages et poinçons :

Sur le dessus du canon :

LF 247 - 5_modifié-1

Est encore parfaitement lisible : « INVon E. LEFAUCHEUX BRte PARIS»

LF 247 - 8_modifié-1

Sur la console gauche : LF 247 avec le revolver brisé.

Sous les plaquettes une étoile.

Dans l’échancrure de la portière : 12

LF 247 - 6_modifié-1

Sur l’ensemble des pièces : 38

© et ® Lefaucheux, mai 2016

LF 28 – 9 MM

Un Lefaucheux, modèle 1854, le LF 28

DSC_0269 copie

Après la mort de Casimir, le 9 Août 1852, son épouse reprend la suite de l’affaire, puisque la fortune laissée par son mari ne lui permet pas d’en vivre tranquillement.

site 2

Eugène Lefaucheux habite au 37 rue Vivienne et travaille dans les ateliers sous les ordres de sa mère afin de subvenir à ses besoins, il n’a que 20 ans.

C’est aussi l’endroit idéal pour peaufiner son projet de revolver qu’on appellera par la suite le « modèle 1854 » qui va faire sa réputation mondiale.

Le 15 avril 1854 il dépose, grâce à l’aide financière de Mrs Bigot et Binard, ses futurs associés, son premier brevet, le brevet N° 019380.

Pour ce faire, il leur emprunte 1400 frs après avoir essuyé un refus retentissant de la part de sa mère.

Ce refus est aussi un signal clair qu’il ne pourra pas compter sur elle pour ses futurs projets.

Le revolver sur le dessin est indéniablement un Colt, dont Eugène Lefaucheux a percé le barillet de part en part pour pouvoir y loger les balles à broche, dont le principe a été inventé par son père en janvier 1835.

L’idée de percer le barillet de part en part est là aussi une idée issue des ateliers de son père, (en 1846) avec la fameuse poivrière elle-même sur la base d’une Mariette.

Eugène creuse la culasse et l’additionne d’une portière de chargement ainsi que d’une « targette », à l’avant du barillet, montée sur deux vis et officiant comme baguette d’éjection.

Enfin, il modifie la tête du chien pour pouvoir venir frapper la broche de la balle.

Ce premier brevet ne fait finalement que protéger:

«l’idée et les moyens de réalisation pour arriver à charger les armes à rotation (fusils ou pistolets) sur la culasse en employant les cartouches Lefaucheux»

Cette arme n’a probablement existé que sous forme de prototype et de ce fait, n’a jamais été commercialisée.

Fier de son invention, Eugène Lefaucheux va proposer son idée de revolver à cartouches métalliques à la Marine qui débute des recherches afin de moderniser son armement.

Le 16 septembre 1854, celle-ci accepte que l’arme participe aux essais comparatifs à bord de l’Uranus, à côté de Colt et d’Adam.

Eugène Lefaucheux doit maintenant passer à l’étape de la réalisation afin de matérialiser l’idée exprimée dans le brevet du 15 avril 1854.

Le résultat est l’addition au brevet du 4 Novembre 1854.

site 1

Le revolver s’est «Européanisé» en perdant ses formes angulaires brutes, pour des rondeurs plus harmonieuses.

LF 28 - 4_modifié-1

La «targette» est devenue une «baguette», le chien a fait une cure d’amaigrissement, la portière de chargement prend un ressort de fermeture et Eugène y rajoute un mécanisme de blocage de barillet pour l’armer.

C’est ce modèle qu’il présentera aux essais du 23 décembre 1854 sur Le Suffren et qui, après de multiples modifications, donnera le premier revolver réglementaire à balles métalliques et par la même occasion, fera la fortune et la gloire d’Eugène Lefaucheux.

Le revolver qui sert de support à cet article est issu du brevet du 4 Novembre 1854.

Le début du revolver 1854.

Le LF 28 que vous avez sous les yeux est très probablement un des premiers, jusqu’à preuve du contraire, sinon le premier revolver modèle 1854 sorti des ateliers d’Eugène Lefaucheux, disons plutôt des ateliers de sa mère.

Il est en tout point identique au dessin du brevet.

Ce revolver a été fabriqué au 37 rue Vivienne à Paris, puisque, comme nous avons pu le lire plus haut, Eugène œuvre encore là-bas.

Ce n’est qu’en 1856 qu’il quitte cette adresse pour le 9 rue Lafayette et c’est en 1860 qu’il s’établit au 104 de la même rue (renuméroté 194 par la suite).

L’ensemble des revolvers « modèle 1854 » que j’ai pu observer à ce jour porte le marquage LF sur la console droite entre le pontet et le barillet.

LF 28 - 3_modifié-1

Chose exceptionnelle, le numéro du LF 28 est frappé sur le pan droit du canon ; autre exception c’est que l’arme est frappée « LEFAUCHEUX » au lieu de « E. LEFAUCHEUX ».

LF 28 - 5_modifié-1

Cette frappe sans « E » et l’emplacement du numéro LF voudraient dire que l’arme a été fabriquée avant la création de la première société « E. LEFAUCHEUX et Cie. ».

Eugène Lefaucheux crée avec l’aide de Messieurs Bigot et Binard cette première société le 14 janvier 1855.

site 3

site 4

Avec le LF 89, le LF 247 et le LF 272, j’étais persuadé qu’on était très proche du brevet du 4 novembre 1854, mais on pouvait déjà observer des modifications par rapport au dessin, comme :

  • Une baguette ordinaire à l’ensemble des revolvers Lefaucheux, c’est-à-dire à       bout rond.
  • Les arrêtoirs de blocage sur le pourtour extérieur du barillet.
  • Un chapeau chinois à l’arrière de la culasse, très incurvé.
  • Un diamètre de culasse supérieur à celui du barillet (pour une protection des ergots des balles).

Même le LF 73 et LF 89 nous montre déjà ses évolutions par rapport au dessin du brevet.

A ce jour, je n’ai pas encore pu observer d’autre revolvers « modèle 1854 » du même type entre le LF 28 et le LF 73 .

Le LF 28 est une arme 100 % identique, jusqu’au plus petit détail, au dessin du brevet du 4 novembre 1854 ;

LF 28 - 14_modifié-1

  • La culasse incurvée, de la même dimension que le barillet.
  • La baguette d’éjection en L.
  • La goupille de blocage du barillet qui vient se loger dans des encoches, à l’arrière de ce dernier.
  • Le barillet plat sur le devant à l’instar du barillet du Colt (même celui du LF 89 a déjà la forme ordinaire de l’ensemble des « 1854 » avec la « bague » qui fait la jonction entre le barillet et le canon)
  • La portière de chargement munie du ressort de fermeture.
  • La crosse équipée de la pointe « casse-tête ».

LF 28 - 6_modifié-1

Le LF 28 est une arme extrêmement dangereuse puisque le barillet a le même diamètre que la culasse.

LF 28 - 9_modifié-1

LF 28 - 8_modifié-1

Ce qui veut dire que les broches des balles dépassent le bord de la culasse et n’offrent aucune protection lors d’une chute ou choc accidentel de l’arme.

C’est la première très grande modification qu’Eugène Lefaucheux doit apporter à son arme avant de pouvoir poursuivre les expérimentations avec la Marine.

A ce sujet, on peut lire dans un rapport de la Marine, daté du 1e juin 1855, concernant les essais qui ont eu lieu sur le Suffren (et pas sur l’Uranus, comme initialement prévu) entre Colt, Adams et Lefaucheux, le 23 décembre 1854 :

« Depuis ces expériences, Mr Lefaucheux a présenté deux pistolets ayant un bourrelet pour préserver les tiges capsules des chocs extérieurs, lorsque le pistolet est chargé.

Cette modification avait tout d’abord été jugée indispensable.

Ces pistolets ont bien fonctionné et ont donné une pénétration suffisante ».

En lisant les lignes extraites du rapport ci-dessus, on peut éventuellement en conclure que le LF 28 aurait été fabriqué avant la date du 23 décembre 1854, puisqu’il présente le « défaut » signalé dans ledit rapport et qui aurait été corrigé très vite après le début des essais.

On peut donc le situer dans le temps entre le début Novembre et la fin Décembre 1854.

Marquages et Poinçons

Le revolver LF 28 ne comporte que très peu de poinçons et de marquages et ils sont tous situés, sans exception, sur le canon :

Sur le dessus : « Inv. Lefaucheux à Paris »

Sur le pan droit : « Inv. Lefaucheux breveté 28 LF » avec au-dessus du LF un pistolet brisé.

Caractéristiques techniques :

Poids à vide : 992 grammes

Longueur totale de l’arme : 330 mm

Longueur du canon : 194 mm

LF 28 - 19_modifié-1

Calibre : octogonal sur toute la longueur avec un guidon surmonté d’un grain d’orge.

Intérieur du canon :

  • Très curieusement le canon est rayé de 4 rainures larges, tournant vers la droite, probablement ultérieures à la fabrication, puisque l’ensemble des revolvers de cette « 1ère série » sont en 9 mm canon lisse. Il faudra attendre Février 1856 et le LF 319 (testes de la Marine) pour voir apparaître des « modèle 1854 » à canon rayé en 12 mm.
  • Entrée : 9 mm / 9.3 mm
  • Sortie : 8.7mm / 9 mm

LF 28 - 12_modifié-1

LF 28 - 11_modifié-1

Fixation du canon : vissé sur l’axe central et maintenu par une vis à l’embase par le pontet

Embase de la cage du barillet :

  • Largeur : 16.7 mm
  • Epaisseur : 10.5 mm / 12 mm

Fixation du socle à la carcasse : par 2 vis.

Mécanisme : En Simple Action uniquement.

LF 28 - 15_modifié-1

LF 28 - 18 modifié-1 LF 28 - 16_modifié-1

Barillet : à 6 coups, 9 mm à broche

  • Entrée drageoir : 9.7 mm
  • Sortie drageoir : 9.1 mm
  • Diamètre : 38.4 mm
  • Longueur: 32.1 mm et 34.8 mm avec le rochet
  • Encoches de blocage : au nombre de 6 d’une longueur de 7.5 mm

Culasse :

  • Diamètre : 38.7 mm
  • Epaisseur du bord : 7.7 mm
  • Epaisseur au centre : 20.4 mm

LF 28 - 21_modifié-1 LF 28 - 20_modifié-1

Grand ressort : Plat, fixé par une grosse vis à la base du bras inférieur.

LF 28 - 23_modifié-1

Chien : A crête très relevée et tête en demi-cercle, avec une entaille en V pour prendre la visée.

Ressort de rappel de détente : En L, placé sur la gauche et passant par le devant (par la suite, ce sera un ressort méplat situé à l’arrière de la détente).

Pontet : Type repose doigt.

Talon : En ovale en forme de « diamant » se terminant en pointe type « Casse-tête ».

Solidaire au bras supérieur et fixé par une vis au bras inférieur.

Baguette d’éjection : En forme de « L » se terminant par une pointe arrondie permettant de repousser les douilles hors du barillet (très rapidement la baguette prendra la forme qu’on retrouvera sur l’ensemble des modèles Lefaucheux).

Plaquettes : 2 pièces en bois quadrillé tenues par une grande vis traversant de part en part la crosse.

Arme en grande partie ciselée de lianes et de feuilles.

Sources :

  • INPI pour le dessin de brevet du 4 novembre 1854.
  • Archives de Gérard Lautissier pour l’extrait du rapport du 1 juin 1855.
  • « Eugène Lefaucheux ou l’apothéose de la saga familiale »

éditions « Crépin-Leblond » 2013.

© et ® Lefaucheux 2016

Pistolet Flobert

Pistolet Flobert 6 mm commercialisé par Lefaucheux

 

flobert 6 mm 11_modifié-1

flobert 6 mm 10_modifié-1

Pistolet 6 mm dite de « Jardin » ou de « Salon » de Nicolas Flobert né à Paris (1818–1894)

 

flobert 6 mm 5_modifié-1

Caractéristiques :

Poids : 860 grammes

Longueur totale : 360 mm

Longueur du canon : 225 mm

Type de canon : Lisse

Calibre: 6 mm Flobert

flobert 6 mm 7_modifié-1

 

 

Crosse profondément gravée en bois clair.

flobert 6 mm 8_modifié-1

L’ensemble des parties métalliques sont finement gravées de feuilles de fougères et de lianes (sauf le canon).

Marquages et Poinçons :

 

flobert 6 mm 3_modifié-1

Dans le bois, à l’intérieure de la crosse, deux marquages : II VIII (qu’on retrouve aussi sur des pièces de visserie) et les lettres JF.

 

flobert 6 mm 9_modifié-1

Sur le pan supérieur du canon « Lefaucheux Arqr. à Paris »

flobert 6 mm 1_modifié-1

Sous le pan inférieur du canon un EL entrelacé  qui correspond au poinçon provisoire d’acceptation de Juin 1853 à aujourd’hui, deux petit poinçons carré non-identifiable, le II VIII ainsi que 7 points sur deux rangs.

 

flobert 6 mm 2_modifié-1

Sur le pan gauche du canon un poinçon d’un lion tenant un écusson avec une inscription « Flobert Inv. Bté. », un S et le numéro 335.

flobert 6 mm 4_modifié-1

Sur le mécanisme un J et les 7 points sur 2 rangs.

flobert 6 mm 6_modifié-1

Pontet avec repose doigt et calotte en ovale se terminant par une pointe.

® et © Lefaucheux 2016

Pistolet 12 mm

Pistolet mono-coup, 12 mm à broche en carcasse métallique.

1 site

C’est un pistolet réalisé selon le brevet 043104 du 5 décembre 1859 et issu du certificat additif du 7 février 1860.

2 site

Le principe du pistolet est identique à celui appliqué aux fusils du même brevet (voir liens), à savoir :

  • D’employer une seule pièce en métal formant la charpente complète de la crosse qui reçoit toutes les pièces mécaniques de l’arme ainsi que le canon.
  • Une crosse en bois faite de plaquettes comme sur les revolvers.
  • Une culasse mobile maintenue à l’une de ses extrémités à la carcasse métallique au moyen d’un axe placé au-dessus du centre du canon.
  • Un chien placé sur le même axe que la culasse mobile.

Les points ci-dessus font objet du brevet de base pris le 5 décembre 1859.

Le point ci-dessous fait objet du certificat additif du 7 février 1860

6 site

5 site

  • Un levier du côté gauche faisant office d’extracteur de douilles.

Le chien et la culasse pivotent autour du même axe.

En tirant sur le levier de la culasse vers le haut et en arrière, cette dernière s’ouvre et amène le chien à l’armé.

L’ouverture ainsi créée permet l’introduction de la balle.

4 site

Une fois la balle placée, on abaisse la culasse avec le levier.

Le chien reste en position permettant de faire feu en tirant sur la détente.

3 site

Pour extraire la douille après avoir fait feu, le pistolet est équipé, sur le côté gauche du canon d’un levier.

En tirant ce levier en arrière, un tire broche, situé juste à l’entrée du canon, éjecte la douille hors du canon.

Caractéristiques techniques :

Pistolet Lefaucheux mono coup 12 mm à broche.

Poids : 910 grammesLongueur totale : 360 mm

Longueur du canon : 204 mm

Canon : 8 pans avec guidon et mire.

Le canon est fixé, moyennant une grosse vis, à la carcasse par le dessous de cette dernière.

Intérieur du canon : Rayé de 4 rainures de 3 mm de large.

7 site

Calotte en diamant sans anneau.

Marquages et Poinçons.

L’ensemble des pièces comporte le marquage « 15a » qui est son numéro d’assemblage.

9 site

Sous le canon il y a le numéro 38 qui devait être probablement précédé du fameux logo LF surmonté d’un pistolet brisé dont il ne reste qu’un bout de canon visible.

10 siote

Sur le dessus du canon entre l’extracteur et la mire, un poinçon représentant un « M », cette même lettre figure aussi sur une des deux plaquettes.

La signification de cette lettre m’est inconnue pour le moment mais elle a déjà été observée sur ce même type de pistolet ainsi que sur d’autres armes.

Une des hypothèses le plus probable est que ce soit un marquage de sous-traitant.

8 site

Sur le dessus de la culasse est lisible en ovale :

« INVon. E. Lefaucheux s.g.d.g. à Paris »

© et ® Lefaucheux novembre 2012

Bail de location 37 rue Vivienne

Bail de Location, entre Mme Mosselman et Mr Lefaucheux, du 37 Rue Vivienne à Paris .

quittance de loyer rue vivienne 1852 - 1 copie

Entre les soussignés :

Mr Louis Henri Destigny, propriétaire demeurant Paris rue de la chaussée d’Antin N° 29.

Agissant au nom et comme mandataire de Mr Alfred François Mosselman, propriétaire et de Mme Charlotte Eugénie Claire Gazzani, son épouse de lui autorisée demeurant ensemble à Paris rue de la fraternité N° 6, suivant procuration reçue en minute par Me Dufour, notaire à Paris, les vingt un et vingt deux mai mil huit cent quarante.

D’une part,

Et Mr Casimir Lefaucheux, arquebusier et Mme Françoise Constance Faivre, son épouse, qu’il autorise, demeurant ensemble à Paris rue de la Bourse 10.

D’autre part,

A été convenu et arrêté ce qui suit :

Mr Destigny, ès nom fait bail et donne à loyer pour trois ou neuf années, au choix seul des preneurs qui peuvent faire cesser l’effet dudit bail devront prévenir six mois avant l’expiration des trois premières années, lesquelles commenceront à courir du premier avril prochain.

A Mr et Mme Lefaucheux ce acceptant.

Les lieux ci-après désignée dépendant d’une maison sise à Paris rue neuve Vivienne N° 37, dont Madame Mosselman est propriétaire , savoir ;

Au rez de Chaussée.

Un grand magasin donnant sur la rue Vivienne et sur la rue neuve Saint Marc, divisé en trois parties et indiqué par la lettre A, B, C, D et E du plan de ladite maison.

L’entresol au-dessus dudit magasin et d’autres dépendances de la maison donnant sur les rues Vivienne et neuve St Marc et sur la cour de ladite maison, divisé en sept parties et indiqué sur ledit plan par les lettres A, B, C, D, E et F.

Au premier étage des caves de ladite maison.

Une salle à manger, cuisine et autres lieux indiquée sur le plan, par les lettres F, G, H.

Deux caves situées au deuxième étage des caves et indiquées sur ledit plan par les lettres J, K.

Au cinquième étage de ladite maison.

Deux chambres de domestique indiquées sur ledit plan par les lettres A et B.

Ainsi que lesdits lieux se poursuivent et comportent et sans qu’une plus ample désignation soit nécessaire aux premiers qui déclarent les parfaitement connaître pour les avoir vus et visités.

Le présent bail est fait aux charges et conditions suivantes que Mr et Mme Lefaucheux s’obligent solidairement entr’eux à exécuter et accomplir sans pouvoir prétendre à aucune diminution de leur loyer.

1° De garnir et de tenir les lieux loués, garnis pendant toute la durée du présent bail de meubles effets mobiliers et marchandises de valeur et quantité suffisante pour garantir le paiement des loyers.

2° de les rendre à la fin dudit bail en bon état de réparations locatives et conformes à l’état qui en sera fait double entre les parties, aux frais de Mr et Mme Lefaucheux, avant l’entrée en jouissance.

3° de payer et acquitter suivant l’usage les contributions personnelles mobilières de patente et des portes et fenêtres et de satisfaire à toutes les charges de ville et de police dont les locataires sont ordinairement tenus, de manière a ce qu’aucuns recours en soit exercé à ce sujet contre les bailleurs.

4° De ne pouvoir transporter leur droit aux présent bail qu’a la personne à qu’ils céderaient leur établissement et encore en restant garant solidaire avec leurs cessionnaires du paiement des loyers et de l’exécution des clauses et conditions du présent bail.

5° De ne pouvoir faire dans les lieux loués d’autre travaux que ceux de réparation ordinaire concernant l’état d’arquebusier, mais non des gros travaux de fabrication ou autre nécessitant l’emploi d’enclumes marteaux et autre et qui seraient de nature soit à ébranler la maison soit d’incommoder les autres locataires.

6° de ne pouvoir entrer et sortir par les portes de l’entresol donnant sur le grand escalier de la maison, et se servir du dit grand escalier que pour eux, leurs enfants, leur famille et non pour leurs domestiques, leurs ouvriers et leurs pratiques.

7° Et de payer les frais et droits auxquels ces présentes donnerons lieu .

Le présent bail est fait en outre moyennant Cinq mille francs de loyer annuel que Mr et Mme Lefaucheux s’obligent solidairement entr’eux à payer aux bailleurs en leur demeure à Paris ou à leur mandataires, en quatre termes égaux à partir du premier avril mil huit cent cinquante, de manière que le paiement du premier terme aura lieu le premier Juillet mil huit cent cinquante.

Il demeure expressément convenu :

1° que ces paiements ne pourrons être valablement effectué qu’en bonne espèce de monnaie au cours actuel nonobstant tout papier monnaie ou effets publics dont le cours même forcé pourrait être introduit dans la circulation.

2° Et qu’à défaut de payement du loyer et accessoires le présent bail sera résilié de plein droit si bon semble seulement aux bailleurs à l’échéance d’un seul terme en retard sans qu’il soit besoin d’autre mise en demeure qu’un simple commandement non suivi de paiement dans la huitaine de sa signification.

De son coté Mr Destigny oblige les bailleurs à tenir les lieux loués clos et couverte suivant l’usage.

Mr et Mme Lefaucheux ont à l’instant payé à Mr Destigny qui le reconnaît, la somme de quinze cent francs à valoir sur les six derniers mois de loyer du présent bail, en outre ils s’obligent à payer à Mr Mosselman le trente décembre prochain la somme de mille francs formant le complément des six mois de loyer d’avance, au moyen de quoi les preneurs n’aurons aucun loyer à payer pendant les six derniers mois de leur jouissance.

Ici devenant nécessaire de faire enregistrer le présent acte par le fait de Mr Lefaucheux Casimir supporterai les conséquences de cet enregistrement

Fait double à Paris entre les soussignés

Le seize mars mil huit cent cinquante

Approuvé l’écriture ci-dessus.

Destigny

Approuvé l’écriture ci-dessus

C. Lefaucheux

Approuvé l’écriture ci-dessus

f. C. faivre

L’Apès Lefaucheux

  • Vente de la Société E. Lefaucheux le 15 novembre 1881 à Chevalier et Dru.

0

La société est située au 32 rue Notre Dame des Victoires.

1

  • Joseph Chevalier se marie avec Alexandrine Jeannette Charton, le 28 janvier 1882 à Paris 9ème
  • 1882, Chevalier assure seul la gestion de la société, Dru, qui continue à jouer le rôle de financier s’installe à Alger comme marchand d’armes.
  • Le 10 juillet 1885 la signature sociale est retiré à Camille Dru et dissolution de la société « Chevalier & Dru » pour devenir « Chevalier & Cie. ».
  • Le 31 janvier 1889 dissolution de la société « Chevalier & Cie. » .
  • Le 6 février 1889, Chevalier devient le seul propriétaire de la société et signe « J. Chevalier Succ. ».

Lefaucheux cède à Bonduel la créance de 80.000 frs pour la somme de 20.000 frs. Chevalier paie son créancier et continue seul

  • 1890, Chevalier est encore installé au : 32 rue Notre Dame des Victoires.
  • 24 Mars 1892 Lefaucheux meurt à Cannes.
  • En 1896, expropriation du 32 rue Notre Dame des Victoires.

3

  • Le 1 Août 1896, Chevalier s’installe dans ses nouveaux locaux au : 9 rue des filles St Thomas près de la Bourse.
  • Le 4 Août 1900, la belle-mère de Joseph Chevalier, Françoise Madeleine Savary, Veuve Charton meurt à l’âge de 73 ans au 9, rue des filles St Thomas.

4

  • En 1911, Chevalier est le concessionnaire pour la France de la détente « Simplex ».

5

  • Début Janvier 1912 le magasin de Chevalier situé au 9, rue des filles de Saint Thomas, se fait cambrioler par un certain Paul Péchou.

6

  • Avant le mois d’Avril 1913, C. Modé rachète la société à Chevalier.
  • La société Modé est au 91 rue Richelieu à Paris.

7

  • En Août 1924 la société Modé est toujours active et a racheté Pirlet.

8

  • En Mai 1933 devient Maison Modé-Pirlet

9

  • Ensuite Lien-Chapu & Modé.
  • Puis Callens & Modé dont l’activité cessera en 1990.

Source :

  • Archives Lefaucheux.
  • « E. Lefaucheux ou l’apothéose de la saga familiale » 2012 éditions Crépins Leblond.
  • Archives de la Ville de Paris.
  • Archives de la BNP.
  • Le « Qui est Qui » de Jarlier.

® et © Lefaucheux juin 2016.

Léonidas Palasca

La commande du gouvernement Grec et le dénommé Léonidas Palasca

Léonidas Palasca 1-1

Au cou, il porte la croix de l’ordre du Sauveur (Grèce)
La 2e en partant de la gauche est l’Ordre de St Stanislas (Russie)
celle de l’extrême droite ressemble à la légion d’honneur

Les commandes et cessions de brevets du fameux revolver modèle 1854 crée par Eugène Lefaucheux sont connues et parmi celle-ci on peut citer:

  • La Marine Française
  • L’Espagne
  • L’Italie
  • La Suède
  • La Norvège.
  • Les USA
  • ….et bien d’autres pays.

En l’état actuel de mes connaissances, ni la Grèce, ni la Marine Hellénique ne sont mentionnées comme acheteuses.

Pourtant dans les archives d’Eugène Lefaucheux j’ai retrouvé le contrat de commande.

Ce « contrat de commande » est signé le 15 avril 1861 au nom du Gouvernement Grec par Léonidas Palasca, pour 200 revolvers modèle 1854 et 20.000 cartouches, en faveur d’Eugène Lefaucheux.

Voulant en savoir plus sur ce « Palasca », je suis tombé sur une « Notice Biographique » écrite par Ch. Mélétopoulo, directeur de la bibliothèque nationale d’Athènes en 1880.

1

2

3

Voici un résumé de la carrière de Léonidas Palasca :

Léonidas Palasca, fils de Christos Palasca, est né en 1819 à Janina, une ville très florissante de Grèce, dans une famille importante de l’Epire,.

Le père de Christos, ainsi qu’une bonne partie de sa famille, est persécuté et tué par Ali-pacha.

4

« Ali Pacha » 

Afin d’éviter le même sort, Christos se réfugie dans les îles Ioniennes.

Il y intègre la Légion Hellénique et y devient officier supérieur.

Malgré le massacre d’une partie de sa famille, Christos, sur invitation d’Ali-pacha, rentre au service de ce dernier, qui lui accorde un commandement militaire et le nomme comme un de ses aides-de-camps.

Après l’exécution d’Ali-Pacha toute la famille Palasca est à la merci de Khourchid-Pacha.

Christos déserte pour reprendre sa place dans l’armée grecque tout en craignant pour le sort de sa famille restée côté Turc.

Il faut la prise d’otage du harem et de toute la famille de Khourchid – Pacha pour que Christos Palasca puisse revoir sa femme et ses enfants.

A la mort de Christos Palasca, la famille est prise sous la protection de Jean Colettis, son ami intime.

Ce dernier est très lié avec le général Roche, le docteur Bailly et d’autres philhellènes français.

Sur recommandation de Jean Colettis, Léonidas est envoyé en France afin d’y recevoir une instruction complète.

Après le lycée, Leonidas revient en Grèce après le couronnement du roi Othon.

Son protecteur Colettis est envoyé à Paris comme ambassadeur ; Léonidas le suit et se fait admettre à l’école navale de Brest, d’où il sortira comme officier de la Marine Française.

Leonidas Palasca sert pendant neuf ans la Marine Française et y acquiert sur le « Tonnerre » les épaulettes d’enseigne de vaisseaux.

En 1844, malgré une carrière très prometteuse, en répondant à l’appel de Colettis, il rentre en Grèce pour servir son pays où on le nomme Lieutenant de Vaisseaux et il devient Commandant d’une goélette de 10 canons.

En 1847, étant capitaine de corvette, il est appelé à la direction du Ministère de la Marine, pour devenir Secrétaire Général du ministère de la Marine.

En 1859 il travaille sur la rédaction en grec d’un vocabulaire maritime, avec les termes correspondants en français et anglais, pour l’usage des officiers et équipages de la flotte hellénique.

Homme très cultivé, ayant une connaissance approfondie du français, parlant l’anglais l’italien et l’allemand, il est envoyé en mission à travers l’Europe.

A ce titre, il signera à Paris, le 15 avril 1861, une commande pour 200 revolvers modèle 1854 et 20.000 cartouches.

Armes et cartouches qui seront livrées vers la fin mai de la même année.

En Janvier 1862 il participe à la répression d’un mouvement insurrectionnel contre le roi Othon en qualité de commandant de frégate de « l’Hellas » (une frégate à hélice de 32 canons).

Insurrection, qui malgré la répression, provoquera la chute du trône quelques mois plus tard.

Léonidas partira, en exil, pour l’Angleterre durant 3 ans, ce qui pourrait expliquer qu’il n’y ait pas eu d’autres commandes et qu’il n’est fait aucune allusion, dans les livres sur les armes réglementaires, de l’utilisation des armes Lefaucheux dans la Marine Hellénique.

En 1873 il est envoyé à Vienne comme commissaire de l’Exposition universelle pour être élu vice-président de la commission centrale de cette exposition.

Et en 1875, il est envoyé à Paris comme délégué de la Grèce au Congrès de géographie.

Léonidas Palasca retrouve son poste de secrétaire général en 1876, mais pour une très courte durée, puisque n’arrivant pas à imposer sa vision d’organisation de la Marine, il démissionne.

léonidas Palasca 2- 2

« Léonidas Palasca »

Néanmoins, il retrouve de nouveau ce poste en 1877 pour préparer les forces vives du pays en prévision d’une invasion imminente par la Turquie.

Afin de préparer son pays il part en 1878 à Londres, pour l’achat de navires et de matériel de guerre ; il y contractera les germes de sa dernière maladie qui le conduira au tombeau.

Sources :

  • « Notice biographique sur Léonidas Palasca, Capitaine de Vaisseau de la Marine Royale Hellénique »

Ch. Mélétopoulo 1880

http://anemi.lib.uoc.gr/

  • «  Contrat signé entre Léonidas Palasca et Eugène Lefaucheux du 15 avril 1861 »

Archives privées de la famille Lefaucheux.

  • « Geschichte und Technik der europäischen Militärrevolver » Tome 1

Rolf H. Müller 1982

  • « Eugène Lefaucheux, ou l’apothéose de la saga familiale.

http://www.crepin-leblond.fr/_:A-PARAITRE-EUGENE-LEFAUCHEUX:_

© et ® Lefaucheux mai 2016

 

Gabriel Lefaucheux

Gabriel Lefaucheux, frère de Casimir et parrain d’André, fils d’Eugène.

Source :

  • La BNF : 1914- Revue Historique et

  • Archéologique du Maine, Pages 150 – 151.

___________________________________________________________________________

Gabriel, frère de casimir 1870 - 2

Gabriel Lefaucheux, né le 29 Avril 1795 à Bonnétable appartenait à une famille de petits commerçants très chrétiens et était le second de douze enfants.

Arrivé à Bayeux comme secrétaire particulier de Mgr Duperrier.

Entré jeune au séminaire-collège de Château-Gontier, l’abbé Lefaucheux reçut la tonsure à seize ans et à peine âgé de dix-huit ans, entra au grand séminaire.

Monsieur Duperrier alors vicaire-général, auquel il était recommandé, devint son protecteur.

Ayant achevé sa théologie à 22 ans, trop jeune pour être prêtre, il fut avec plusieurs autres diacres chargé de faire le catéchisme et prêcha même l’Avant et le Carême dans une paroisse du Mans.

Ordonné prêtre il devint pour peu de temps vicaire de Saint-Benoît du Mans.

Quelques mois après Mgr de la Myre le choisissait pour son secrétaire particulier et le créait chanoine honoraire en 1821.

Bientôt nommé par Mgr Duperrier qui avait tenu, ainsi que nous l’avons dit, à l’emmener avec lui, chanoine titulaire de la cathédrale de Bayeux, il devint après la mort de ce prélat, secrétaire de Mgr Dancel le nouvel évêque qui le garda près de lui.

Entre temps, Mr Lefaucheux s’occupait des pensionnaires des Ursulines et des religieuses de la Charité.

Il ordonna beaucoup à la prédication ; ses compositions cependant, n’avaient rien de très original ; une mémoire prodigieuse, un jugement et tact remarquables, une chaleur d’action étaient surtout ses qualités.

En 1835, il devint chanoine archiprêtre de la cathédrale et par le fait même, curé de Notre-Dame.

Il devait l’être 35 ans et mériter le nom de « Bon Curé » ; il le fut dans toute l’acceptation du terme.

Sa charité pour les pauvres était inépuisable : les instructions multipliées qu’il faisait à ses paroissiens étaient toujours très pratiques.

Il s’occupa des œuvres et à peine installé, il organisa les exercices du mois de Marie, puis une association pour la conversion des pécheurs, car la conversion des pécheurs fut une de ses grandes préoccupations.

Par ses soins, un orphelinat de jeunes filles fut annexé à l’école de la Poterie.

Il n’oublia pas non plus les pauvres malades ; à cet effet il installa dans sa paroisse une maison de religieuses garde-malades, ce furent les religieuses de la Miséricorde de Sées.

Telles furent les principales œuvres de cet excellent prêtre.

Son ministère fut très fructueux, mais tout le bien qu’il fut, il l’accomplit sans bruit.

L’abbé Lefaucheux mourut le 25 Septembre 1870, laissant une mémoire vénérée, les personnes qui l’ont connu en parlant toujours avec vénération.

© et ® Lefaucheux – mai 2016.

_______________________________________________________________________________