LF 272 – 9 MM

Lefaucheux LF 272 selon le Brevet 019380 du 4 Novembre 1854, 1er addition.

Introduction :

photo 26

Il est fort probable que le revolver présenté sur le dessin du Brevet d’Invention 019380 du 15 avril 1854 n’ait jamais existé ou seulement à l’état de prototype.

Personnellement je ne crois pas qu’Eugène Lefaucheux ait voulu plagier Samuel Colt, mais en tant que gamin de 20/22 ans il l’admirait profondément.

Quoi de plus normal que de prendre son « héros » comme exemple.

Eugène a juste pris le revolver de Samuel Colt comme exemple pour expliquer et fixer ses idées.

L’affirmation ci-dessus prend tout sa force en lisant bien le Brevet Initial d’Eugène.

Tout est dit par les premiers mots dans ce résumé ….. « l’idée et les moyens »

Puisque dans le résumé du Brevet d’Invention 019083 du 15 Avril 1854 on peut lire :

« La présente intervention comprend :

1° l’idée et les moyens de réalisation pour arriver à charger les armes à rotation (fusils ou pistolets) sur la culasse en employant les cartouches Lefaucheux, ce qui dispense des opérations diverses du chargement, lesquelles ont toujours l’inconvénient d’être longues, difficiles, surtout lorsqu’il fait froid et humide.

2° la possibilité de décharger les armes sans brûler les amorces, avec un mécanisme simple et peu coûteux. Il est presque impossible de décharger les armes chargées par la baguette, mais en supposant cette possibilité, c’est toujours une opération longue et pénible, qui ne s’effectue qu’aux dépens de la balle qui est hachée ou morcelée, sans préjudice des pertes ou détérioration de la poudre . »

Ressemblant fortement au revolver Colt, Eugène Lefaucheux a dû (très rapidement après le dépôt du premier brevet, probablement avec les conseils avisé de M.M. Bigot et Binard) travailler sur une nouvelle présentation du modèle 1854.

Ce qui donnera lieu au dépôt de brevet du 4 Novembre 1854, dont le modèle présenté ici est très proche.

C’est cette seconde mouture en 9 mm qui sera présentée aux essais de la Marine, contre le Colt et l’Adam.

Dans le rapport du 16 septembre 1854 de la Commission de Marine de Vincennes, on peut lire :

« La 3e section, en vue de mieux connaître la valeur de cette arme, a l’honneur de proposer au conseil d’émettre l’avis : »

« Qu’il y aurait bien d’admettre deux des pistolets revolvers Lefaucheux dans les expériences comparatives qui doivent être faites à bord de l’Uranie sur les pistolets Colt et Adams »

Ainsi que le 31 mai 1855 dans un rapport de la Commission d’expérience du vaisseau « Le Suffren » sur les pistolets revolvers :

« Que les systèmes Colt et Adams doivent être rejetés ».

« Que le pistolet Lefaucheux doit être adopté, mais seulement avec des modifications et un grand soin dans l’exécution. »

« Les modifications du pistolet Lefaucheux jugées nécessaires par la Commission sont :

1° Un calibre plus fort (celui du système Adams paraît suffisant , 12 mm )

2° Un abaissement de la crête du chien pour permettre d’armer plus facilement d’une seule main.

3° Une grande simplicité de formes extérieures ; suppression des angles et garnitures inutiles afin d’alléger l’arme et d’en faciliter l’entretien

4° La crosse terminée par un anneau. »

Ce sont ces modifications qui donneront naissance au modèle 1854 / 1858 que nous connaissons tous.

Description du LF 272 :

Voici probablement un des  premiers modèles 1854 fabriqué par Eugène Lefaucheux .

Fabriqué dans les ateliers du 37 rue Vivienne à Paris mais commercialisé par Lepage Frères à Paris.

L’arme est réalisés selon les modalités du brevet 019083, 1ère addition du 4 novembre 1854 mais avec déjà pas mal d’évolution .

On remarquera la crête du chien très haute et la culasse en « chapeau chinois ».

9 - LF 272

Un canon très long , 9 mm à broche, octogonal d’un bout à l’autre et l’intérieur « non-rayé ».

7 - LF 272

La plaque comportant le pontet n’est reliée à la carcasse que par deux vis. Sur les modèles suivants il y aura 3 vis.

4 - LF 272

Le talon de la crosse est en diamant, se terminant par une pointe, ultérieurement ce sera un anneau.

Sur le canon des légères gravures de lianes et de feuilles.

10 - LF 272

Néanmoins le boulier de la culasse à pris un diamètre supérieur afin de protéger les ergot des balles à broches.

La baguette extraction est en forme de tête de clou et non plus en « L ».

Le blogage

Caractéristiques du LF 272

Longueur totale de l’arme : 330 mm

Canon de forme octogonale d’une longueur : 190 mm

Avec un guidon en triangle surmonté d’une boule.

Intérieur « non-rayé »

13 - LF 272

Le canon se visse sur l’axe central, la carcasse est reliée au canon par la console et maintenue par une gros vis, pour donner une bonne solidité à l’ensemble

Barillet : 6 coups à broche

12 - LF 272

Calibre : 9 mm

Diamètre : 40 mm

Longueur : 32 mm

11- LF 272

Culasse épaisse formant un « chapeau chinois » avec une profonde échancrure sur la droite formant la portière de chargement, avec ressort de fermeture.

Epaisseur : 18 mm

Baguette d’éjection de douilles. (ici manquante)

Les plaquettes en bois prenant appui sur les deux bras de la carcasse de crosse, sont maintenues en place par une vis au centre.

Pontet avec repose doigt

Mécanisme en Simple Action, c’est-à-dire que l’armement se fait par l’intermédiaire du chien qu’on tire en arrière.

L’armement du chien, entraîne une rotation 1/6 de tour du barillet par le doigt élévateur et présente une balle en parfait alignement avec le canon

Le déclenchement du coup de feu se fait en exerçant une pression sur la détente.

Marquages et poinçons :

Sur le dessus du canon :

8 - LF 272

Est encore partiellement lisible : « Lepage frères à Paris 12 rue d’Enghien »

2 - LF 272

Sur la console gauche : LF 272 avec le revolver brisé.

Sous les plaquettes, sur la carcasse le n° 9 , probablement une relation avec le calibre.

Sur l’ensemble des pièces : 55

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