Le revolver M1868 de Monsieur Emperaire

 

Le revolver ici présent est une énigme et une rareté absolue…. Elle ne comporte pas de numéro LF.

Néanmoins, en regardant l’aspect générale de l’arme et en la comparant avec les textes et images disponible, elle est très probablement d’une fabrication inférieure au LF 14, ou le LF 21 puisque celles-ci ont une configuration très similaire.

La portière de chargement s’ouvre vers le bas et son ressort est extérieur et vissé dans le bâti mais plus ramassé que celui de notre sujet, qui est en forme de L.

Le ressort latéral tige/axe est identique au LF 14 et LF 21

« Le LF 21 » 

Le bouclier est très différent, il est de taille inférieure (35,5 /43 mm) au diamètre du barillet permettant d’observé état de chargement du barillet, les culots des douilles sont partiellement visible.

Autre relation est le numéro d’assemblage : LF 14 = 20Y, l’arme ici présente au numéro 5Y.

Comment ce revolver sans numéro LF est-il arrivé chez un horloger à Crest, mystère ? 

Marquages et poinçons :

  • Très curieusement il n’y pas trace d’un numéro LF sur l’arme.

  • Sur le canon, en lettres anglaises : E. Lefaucheux Bté. à Paris.
  • L’ensemble des pièces de l’arme comporte le numéro d’assemblage : 5Y.
  • Sous les plaquettes le 5Y est complété avec un H dont j’ignore la signification.

  • Sur le pourtour du pontet le nom du propriétaire est marqué :
  • « Emperaire Crest (Drôme) »

Qui est ce Emperaire ?

  • C’est très probablement Louis Paul Emperaire, né le 27 novembre 1834, rue Rochefort à Crest.
  • En octobre 1869 il déclare exerce le métier d’Horloger.
  • Il décède, à 41 ans, le 4 juin 1876 à Crest
  • Sur l’acte de décès il est déclaré comme Rentier 
  • Source : Archives départemental de la Drôme.

 Caractéristiques techniques :

  • Poids à vide : 1044 grammes
  • Longueur totale : 300 mm
  • Longueur canon : 156 mm, rond, à 4 rainures internes.
  • Carcasse : Carcasse, cage du barillet et crosse d’une seule pièce. L’ensemble des pièces du mécanisme sont placées du côté gauche de la crosse.
  • Mécanisme : En Simple et Double Action.

  • Barillet : 6 coups, 12 mm à percussion centrale, pour un diamètre de 43 mm.
  • Culasse : Diamètre 35,5 mm, mais n’est pas entièrement ronde à cause de la forme de la portière de chargement.
  • Portière de chargement : S’ouvrant vers le bas, avec son ressort en L vissé dans le bâti.
  • Grand ressort : Plat, fixé par une grosse vis à la base du bras inférieur.
  • Pontet : Rond.
  • Talon : En ovale avec un anneau de dragonne.
  • Arme en version : Poli blanc

 Principe de fonctionnement du revolver 1868 :

La particularité du revolver issu du brevet de 1868 est qu’il fonctionne en simple et double action. C’est une nouveauté pour la Marine puisque le « 1858 réglementaire » ne fonctionne lui, qu’en simple action. Le rajout de la « double action » procure à l’arme un volume de feu dont le « 1858 » était privé.

Le mentonnet et la barrette de liaison entre la détente et le chien sont montés sur le même axe, sur le haut du corps de la détente. En pressant légèrement la détente, la barrette de liaison fait basculer le chien en arrière et prend le premier cran de la gâchette, le « cran de sûreté ». La mise sur le « cran de sûreté » dégage la pointe du percuteur, permettant au barillet de tourner librement et ainsi permettre le chargement ou déchargement des munitions. Une nouvelle pression sur la détente permet de mettre le chien sur le deuxième cran de la gâchette, le « cran de l’armé ».

Dans le même mouvement le mentonnet aura poussé le barillet 1/6ème de tour, par l’intermédiaire du rochet, afin d’aligner la balle du barillet en face du canon et le taquet de verrouillage, présent sur le haut de la détente, vient se bloquer dans l’arrêtoir du barillet. Le tenon du chien est sorti de la mortaise de la barrette et le grand ressort est sous pression. La pointe de la gâchette repose sur une encoche à l’arrière de la détente. Le ressort de détente, à l’avant de celle-ci, offre une contre-pression à l’ensemble du mécanisme.

Les mêmes mouvements s’opèrent exactement en tirant en arrière le chien (simple action). Une pression supplémentaire sur la détente pousse la pointe de la gâchette, (qui repose sur l’encoche) vers le haut et pivote autour de son axe en libérant le chien de son « cran d’armé », qui, sous la pression du grand ressort, lance le percuteur vers l’avant pour le « coup de feu ».

Le ressort de détente repousse ladite détente en place et l’ensemble du mécanisme suit le même mouvement et se retrouve prêt pour un nouveau coup de feu.

Le chemin vers le LF 27 

Un revolver issu du brevet du 10 septembre 1868, le LF 27

 ® et © Lefaucheux décembre 2019