Le LF 42 petit frère du LF 28.

Le revolver Lefaucheux modèle 1854, le LF 42

Ce revolver Lefaucheux, le LF 42,  que vous avez  sous les yeux n’est pas le premier des 1854 mais il en n’est pas loin, actuellement seul trois numéros inférieur sont connu: le LF 7 qui aurait servie pour les premiers testes avec la Marine (nous ne savons pas ce qu’il est devenu), le LF 25, exposé dans le musée consacré aux armes de Samuel Colt aux USA et le LF 28 en collection privée.

Même s’il n’y a que 14 revolvers séparent le LF 42 du LF 28, ce premier à subie de nombreuse modifications, a savoir:

  • Une culasse de taille supérieure au diamètre du barillet.
  • Une baguette ordinaire à tête de clou (je ne suis pas certain que celui présent soit celui d’origine)

  • Des arrêtoirs sur le pourtour extérieur du barillet, au lieu d’un blocage interne.

  • Un anneau au talon de la crosse au lieu de la « pointe casse-tête ».

  • Un barillet « standard » avec sur le devant un prolongement de l’axe.
  • Un renforcement de la fixation à la carcasse du bras supérieur de la crosse.
  • Une mire « standard » en triangle avec son grain d’orge.

Le revolver LF 42 a été fabriqué au 37 rue Vivienne à Paris.

Marquages et Poinçons:

Ce revolver en porte très peu et ne se trouvent que sur le canon :

Sur le dessus : « Mérieux à Poitiers » ce qui permet d’affirmer que ce revolver a été certes fabriqué par Lefaucheux mais commercialisé par Mérieux ( voir ci-dessous une petite généalogie des Mérieux.

Sur le pan droit :« Inv. Lefaucheux breveté 42 LF » avec au-dessus du LF un pistolet brisé.

Datation:

  • La première addition au brevet initial du 15 avril 1854 a été déposé à Londres le 27 avril de la même année sous le numéro 955, en France il faudra attendre le 9 novembre 1854.
  • Chose exceptionnelle c’est que le numéro LF 42 a été frappé sur le pan droit du canon et non sur la console et autre exception c’est que l’arme est frappé « LEFAUCHEUX » au lieu de « E. LEFAUCHEUX ».
  • Ce type de marquage nous permet donc d’affirmer que la fabrication de cette arme est situé d’avant le 14 janvier 1855, puisque cette date correspond à la création de la « E. LEFAUCHEUX et Cie. ».
  • Après cette date, l’ensemble des armes seront signée: E. LEFAUCHEUX »
  • Le  revolver 1854 numéro LF 7 est admis le 16 septembre 1854 dans la compétition avec Colt et Adams pour le renouvellement de l’armement de la Marine.
  • Dans un rapport de la Marine du 1e juin 1855 concernant les essais qui ont eu lieu sur le Suffren, le 23 décembre 1854, on peut lire :
  • « Depuis ces expériences, Mr Lefaucheux a présenté deux pistolets ayant un bourrelet pour préserver les tiges capsules des chocs extérieurs, lorsque le pistolet est chargé. Cette modification avait tout d’abord été jugée indispensable. Ces pistolets ont bien fonctionné et ont donné une pénétration suffisante ».
  • Il s’agit donc de la fabrication d’une culasse de diamètre supérieur au barillet.
  • Le LF 73 a exactement le même type de marquage sur le canon et sans « E », que le LF 28 et LF 42.

Avec les constatations ci-dessus nous pouvons aisément affirmer que la fabrication du LF 42 a eu lieu largement après le 16 septembre 1854 mais largement avant le 14 janvier 1855.

Octobre – Novembre 1854 serait donc une bonne fourchette.

Caractéristiques techniques :

  • Poids à vide : 945 grammes
  • Longueur total de l’arme : 300 mm
  • Longueur du canon : 160 mm
  • Canon : octogonal sur toute la longueur avec un guidon surmonté  d’un grain d’orge.
  • Intérieur du canon : Rayé de 4 rainures large.
  • Mécanisme : Simple Action uniquement.
  • Barillet : 6 coups, 9 mm à broche.

  • Culasse: en forme de dôme arrondie
  • — (le premier « Chapeau chinois » n’est visible qu’a partir du LF 218)
  • Pontet : Type repose doigt.
  • Talon : De forme ovale en forme de « diamant » avec anneau de dragonne.
  • Seul le canon est ciselé de quelques lianes et de feuilles.

Qui sont les Mérieux à Poitiers?

  • Michel Napoléon Isidore Mérieux, arquebusiers, est né le 4 mars 1807 à Noisy s/ Oise.
  • Il a probablement fait son apprentissage chez Pierre Prévost, arquebusier à Poitiers.
  • Pierre Prévost est son témoin de mariage le 9 mai 1829 avec Françoise Maltier, fille de Cordonnier.
  • Napoléon Mérieux ce déclare « Garçon Arquebusier » sur l’acte de mariage .
  • De cette union naît le 8 octobre 1832, Henri Séverin Mérieux .
  • La famille est installé au 9 Place d’Armes à Poitiers (recensement de 1846) .
  • Napoléon ce remarie le 18 mars 1844 en la ville de Poitiers avec Catherine Félicité Joséphine fille de « Jean François Maury » Aubergiste à Poitiers. Un des témoins, frère de la marié est « Joseph Honoré Maury » arquebusier à Poitiers.
  • Henri prendra la suite de son père en tant qu’arquebusier avant 1866 parce que Napoléon ne figure plus dans le recensement de 1866, mais Henri meurt prématurément le 11 janvier 1872.
  • C’est un certain Mr Charles Lecomte, probablement l’associer d’Henri, puisqu’il se dit Arquebusier, qui déclare le décès à la mairie .
  • En 1872 ont retrouve Napoléon dans le recensement de Buxerolles (seul) au lieu dit « La Dimière » Napoléon meurt le 24 octobre 1892.

Sources :     

  • Archives de Gérard Lautissier pour l’extrait du rapport du 1 juin 1855.
  • Archives d’Eugène Lefaucheux.
  • Archives de l’auteur
  • « Eugène Leaucheux ou l’apothéose de la sage familiale », éditions Crépin-Leblond 2013.
  • « La production des modèles d’Eugène Lefaucheux » , éditions Crépin-Leblond 2016.
  • Archives d’état civil de Poitiers

Le LF 28 ……..

LF 28 – 9 MM

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