La Maison E. Lefaucheux

Présentation de la Maison E. Lefaucheux à travers la publicité, les articles d’époque, les lettres et les factures. 

1856

Le 15 Avril 1854, Eugène Lefaucheux déposera sous le numéro 019380, son premier brevet.

Sur le dessin accompagnant le brevet, le Colt Navy est clairement reconnaissable.

Ses deux futurs partenaires, Bigot et Binard, lui conseillent rapidement de modifier la représentation du revolver afin d’éviter des démêlés judiciaires possibles avec Colt.

Ces conseils avisés vont permettre, le 9 Novembre 1854, de déposer le premier certificat d’addition au brevet initial.

Sur le dessin qui accompagne le certificat, on reconnaît aisément la forme de base de l’ensemble des futurs modèles du Lefaucheux 1854. Samuel Colt ne s’en offusque pas, mais gêne a priori l’armurier parisien Gastine Rénette.

Durant l’exposition universelle de Paris, en 1855, Eugène Lefaucheux profite de l’occasion pour commencer à proclamer que seul son revolver est retenu pour continuer les tests en collaboration avec la Marine et courant 1856, édite une brochure sur le sujet.

Rénette s’en plaint au Ministre dans une lettre datée du 12 Mai 1857 où la jalousie et la frustration apparaissent clairement.

Aux archives de la Marine, il existe une copie (datée du 25 Mai 1857) de la réponse du Ministre faite à Gastinne Rénette, dans laquelle il relate que la procédure et le choix pour la Marine, ont été scrupuleusement respectés et qu’ils n’ont pas encore été définitivement arrêtés, mais surtout les arguments pour lesquels le revolver présenté par Rénette a été refusé et rejeté.

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Voici une partie de cette fameuse brochure dont il est question ci-dessus.

Notice ou Eugène détaille les avantages de son revolver par rapport au revolver Colt et celui d’Adams en reprenant les points mise en avant dans le rapport de la Marine.

Note : cette notice indique clairement qu’en 1856 la société d’Eugène Lefaucheux est bien installée au 9 et 9 bis Rue Lafayette à Paris.

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Réponse de la Marine à la réclamation de Mr Gastine Renette.

Marine Vincennes

3DD4/337

Paris le 25 Mai 1857

Monsieur Gastine Renette

Arquebusier à Paris

Mr, j’ai reçu la réclamation que vous m’avez adressée le 12 de ce mois au sujet de la publicité qui aurait été donnée par Mr Lefaucheux au rapport de la commission du vaisseau école Suffren sur les expériences comparatives qui ont eu lieu à Toulon entre les pistolets revolvers du système de cet arquebusier d’une part et de l’autre ceux présentés par vous et autrement par MM Colt et Adams fabricants étrangers.

Le pistolet de Mr Lefaucheux a été reconnu par la commission être celui de tous qui présentent comme solidité principalement, les meilleures garanties de service à bord, après qu’il aurait reçu toutefois certaines modifications de détail jugées indispensables.

L’exécution de ces modifications indiquées dans les rapports, a eu nécessairement pour conséquence de faire communiquer à Mr Lefaucheux les pièces originales ; sur sa demande même une copie certifiée du rapport du 31 mai 1855 sur les pistolets Lefaucheux, Adams et Colt, lui a été délivrée le 4 juillet de la même année pour être produite devant le jury de l’exposition universelle.

Il n’a pas paru nécessaire pour les expériences de l’espèce, dont il s’agit de se tenir dans la moindre réserve et la connaissance des documents qui s’y rapportent en eut été également donnée à tous les intéressés s’ils étaient  venus la demander, elle le serait encore aujourd’hui le cas échéant.

Il ne peut donc y avoir aucune indiscrétion commise, comme vous le pensez, mais en même temps il n’y a en aucune autorisation à Mr Lefaucheux de faire imprimer in extenso ou autrement les documents officiels qui lui ont été communiqués et qui ne doivent servir dans aucun cas de réclame industrielle.

Leur impression partielle avec des inexactitudes faites à dessein ou toute annotation tendant à donner un sens forcé aux considérations énoncées dans les rapports constitueraient  une fraude déloyale dont les parties lésées sont en droit de demander justice devant les tribunaux.

Je ne terminerai pas sans répondre directement à deux paragraphes de votre lettre :

1° le rapport du 6 mai 1855 s’exprime ainsi : « le pistolet Gastine est une réunion des pistolets Adams et Lefaucheux, on y retrouve en effet le mode d’armement du chien par la gâchette comme pour le premier, la cartouche et la baguette de déchargement du 2e ».

Cette observation, en constatant un fait qui doit arriver fréquemment, celui d’une similitude de détail des objets de même nature, n’implique aucune idée de contrefaçon dans le compte rendu d’une commission qui n’avait pas à connaître la priorité des inventions qu’elle expérimentait. 

2° on ne peut écrire que le conseil des travaux a adopté le pistolet revolver Lefaucheux pour l’armement de la flotte de la Marine Française, attendu d’abord que le conseil consultant n’ait pas à adopter, mais seulement à émettre son avis et qu’en second lieu le pistolet de Mr Lefaucheux doit encore recevoir une nouvelle modification. Il est donc par conséquent toujours en cours d’essais.

J’espère que ces explications donneront toute satisfaction à votre réclamation.

Ministre ….

© et ® Lefaucheux juin 2016

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 1857

Le lettre adressé au Baron de Cardenau à Tilh concernant l’ajustement du chien sur son pistolet.

 

Monsieur,

Il est indispensable que vous nous envoyiez votre pistolet pour y ajuster le chien. Veuillez donc nous l’envoyer, nous vous le renverrons sans retard. Recevez, Monsieur nos salutations empresser

E. Lefaucheux & Cie.

Le Baron en question pourrait être: Le Baron Alexandre de Cardenau. Né le 28 octobre 1823 à Tilh et mort le 9 mars 1904 dans le même ville.

Il est élu membre du Conseil Général du département des Landes pour le canton de Pouillon en Juillet 1870.

© et ® Lefaucheux mai 2019

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 1857

Fascicule de mise en garde envers des éventuels fraudeurs après qu’Eugène Lefaucheux ai vendu les droits à la société « E. Lefaucheux & Cie. »

Napoleon Chaix 1

Napoléon Chaix, né en 1807 à Châteauroux, rue du Bombardon (devenue rue Victor Hugo), mort à Paris en 1865, est un imprimeur français.

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Lettre signée de la main d’Eugène Lefaucheux datant très probablement vers 1857;

  • C’est en 1855 que Lefaucheux crée, avec Bigot et Binard, la première société :

« E. Lefaucheux et Cie. »

  • C’est en 1856 que Maître Leruth est en affaire avec Lefaucheux pour le dépôt du mécanisme de revolver à double action.
  • Ce n’est qu’en février 1857, qu’Eugène cède à la société ses droits sur la Belgique et l’Angleterre.

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Document qui nous renseigne :

  • Sur les risques de poursuites judiciaires encourus pour les contrefacteurs et ouvriers qui tenteraient de copier le système sans autorisation.
  • Sur la personne à contacter pour le poinçonnage, à savoir : Maître Leruth , cours des Minimes 6 à Liège.
  • Sur l’exportation directe des armes dûment poinçonnées, par un fabricant belge, vers la France qui est formellement interdite.
  • Sur le prix du poinçonnage d’un revolver, 8 francs, et d’une carabine, 15 francs.

© et ® Lefaucheux juin 2016

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1857

Article paru dans le « Journal des chasseurs » d’octobre 1857, presque au même moment de l’acceptation officiel par la Marine du revolver 1854.

Le journaliste «Christian Godde » tente de faire une comparaison et un parallèle entre deux revolvers : le Lefaucheux 1854 et le Devisme …. Sans y parvenir et en laissant, au final, le lecteur sur sa faim avec la conclusion suivante:

« Maintenant, si vous me faites l’honneur de me demander un conseil et de me dire lequel faut-il prendre ? je vous répondrai ; essayez l’un et l’autre et il est très probable que vous prendrez les deux ».

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© et ® Lefaucheux juin 2016

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 1859

Notice publicitaire distribué par Eugène Lefaucheux en 1859, vantent la supériorité de son revolver 1854 et mettant en avant l’acceptation de cette arme par la Marine Française.

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Note : en 1859, la fabrique et l’atelier son toujours situé au 9 et 9 bis Rue Lafayette à Paris

© et ® Lefaucheux juin 2016

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1860 – 1861

Notice sur les Pistolets et Carabines Revolvers par Eugène Lefaucheux.

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Cette notice éditée par la Eugène Lefaucheux date très probablement de 1860 ou 1861 et ceci pour plusieurs raisons :

  • L’adresse de vente à la commission et en gros ce fait à l’usine du 104 rue Lafayette ; cette usine ne fonctionne qu’à partir du début de l’année 1860.
  • La livraison de la commande « Sarde » n’intervient pas avant Août 1861 (curieusement la commande Norvégienne, intervenue en milieu de 1860 n’est pas mentionnée).
  • La Triple Action n’y figure pas puisque le dépôt du brevet n’intervient qu’en 1862.

La vente au détail ce fait au 37 rue Vivienne, ce qui veut dire que l’accord signé avec sa mère en mars 1855 est toujours en vigueur.

© et ® Lefaucheux juin 2016

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1867

Le dépôt de bilan et la liquidation de la société « E. Lefaucheux & Cie ».    

Suite à un désaccord entre Eugène Lefaucheux et la famille Binard, sur l’avenir de la société, le tribunal ordonne la dissolution et la vente aux enchères des ateliers de Paris et de Liège est organisée pour le 31 août 1867.

Eugène Lefaucheux sera le seul acquéreur pour l’ensemble.

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© et ® Lefaucheux juin 2016

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1885

Eugène Lefaucheux à vendu depuis le 15 novembre 1881, son magasin du 32 rue Notre Dame des Victoires à Chevalier et Dru.

Dans l’acte de vente, il est spécifié l’interdiction à Eugène de fabriquer ou de faire commerce d’armes.                                                                                                     Eugène Lefaucheux termine alors sa carrière d’arquebusier, néanmoins il semblerait, en regardent l’entête de ces factures, que l’Usine de Trémerolles (donc Eugène) continue à jouer un rôle dans les affaires de Chevalier et Dru.

1 copie

Facture Chevalier et Dru du 3 juin 1885

3-copie

Facture Chevalier et Dru du 25 août 1885

© et ® Lefaucheux juin 2016

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