Le fidèle compagnon d’Eugène, Charles Guth.

Charles Guth ( 1826 – 1890 )

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« Charles Guth s’appuyent contre le mur »

A ce jour, ce fameux Monsieur Guth, décrit comme « L’alsacien Guth », ou « Le fidèle serviteur Guth » plane comme une ombre tout au long de la carrière et de l’histoire d’Eugène Lefaucheux.

Qui est-il vraiment ?

  • Selon certaines sources il aurait rencontré Eugène Lefaucheux lors de leur apprentissage à travers l’armurerie Européenne.
  • Ont-ils sympathisé et ont-ils mis leurs idées en commun ?
  • Il aurait eu une réputation d’ajusteur hors pair, comme Eugène Lefaucheux.
  • A t-il participé activement aux réalisations des modèles et brevets d’Eugène ?
  • Tout au long de sa carrière, Charles Guth se déclare « mécanicien ».
  • Est-il à l’origine et responsable de la mécanisation des ateliers de Paris, de Liège et de Trémerolles?

« Définition de l’emploi/métier de Mécanicien – Armurier :

Ajuste, monte et contrôle des pièces mécaniques en respectant des plans, des spécifications et des tolérances.                                                          

Réalise des opérations d’usinage (perçage, grattage…) qui s’intègrent dans les activités d’ajustage et de montage.                                                                                        

Le degré de précision de celles-ci est variable en fonction du produit et peut aller au-dessous du millième de millimètre (micron).                                           

Peut parfois être amené à effectuer un traitement thermique sur une pièce (chauffage, trempe….)

Peut aussi assurer la mise au point de l’ensemble monté, après contrôle.            

L’emploi/métier s’exerce le plus souvent en atelier, mais aussi sur chantier.           

L’activité est variée et permet une initiative dans le déroulement du processus opératoire (choix de la suite des opérations à réaliser).                                

L’activité exige généralement de posséder une bonne acuité visuelle et de supporter une station debout prolongée.                                                                                            

L’environnement de travail peut être plus ou moins bruyant, dans un atelier soumis à la lumière artificielle.                                                                                    

Les conditions d’ambiance et d’environnement varient et peuvent comporter, dans certains cas, des nuisances (bruits, poussières, odeurs…). »

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Charles Guth est né le 7 novembre 1826 à Katzenthal près de Colmar en Alsace, fils d’Antoine Guth et d’Anne-Marie Kauffmann.

Antoine Guth né à Altorf le 22 juin 1788, est instituteur de primaire et secrétaire de mairie dans la commune de Katzenthal.

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« Liste des enseignants du canton en 1817 »

Son père mourra le 14 février 1846 dans la commune à l’âge de 58 ans.

Anne-Marie Kauffmann est née dans la commune Katzenthal le 4 avril 1796.

Le couple ce marie en la mairie de Katzenthal le 26 juin 1817 et auront 12 enfants.

Anne-Marie mourra dans la commune après la naissance de ses jumeaux Gervais et Protais, à savoir le 24 mai 1833 à l’âge de 37 ans.

C’est très probablement après le décès de son père et son apprentissage terminé que Charles Guth montera à Paris pour y trouver un emploi.

Sa future femme Augustine Manguin est née le 26 décembre 1835 sur le domaine de sa famille à Saint Germain de la Coudre, dans l’Orne, en limite de la Sarthe.

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Petit village pittoresque au fin fond du Perche, principalement agricole, qui ne se trouve pas très loin de Bonnétable, berceau des Lefaucheux.

Après la naissance de son frère, Gustave Cyprien, le17 septembre 1839 dans la commune de Saint Germain de la Coudre et avant le mariage de sa sœur ainée Cécile Françoise Julie, le 17 novembre 1849 à Paris, l’ensemble de la famille s’installe dans la capitale.

Son père Jean, tailleur de pierres, mourra à l’âge de 48 ans, le 1 février 1850 et sa mère, Julie Bois, le 3 août 1854 à l’âge de 43 ans.

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« Archives de Paris , extrait de mariage » 

Augustine et Charles se marient à la Mairie du 1er arrondissement de Paris, le 6 mai 1856.

Un fils, Léon naît en 1860 après une fille, Cécile Amélie (née en 1858), déclarée morte à l’âge de 2 ans et demi, en mairie du 10ème arrondissement de Paris, le 27 avril 1861.

Charles travaille déjà pour Lefaucheux puisque sur l’extrait, il déclare être « mécanicien », habitant 19 rue du Chaudron.

(Le témoin sur la déclaration est un certain « Hippolyte Larenaudie », armurier demeurant également 19, rue du Chaudron).

Depuis l’acceptation du modèle 1854 par la Marine Française en 1857, le démarrage de la production au 37, rue Vivienne, 9 et 9bis rue Lafayette et ensuite au 104 rue Lafayette, Eugène Lefaucheux recrute activement toute personne douée de ses mains, ayant connaissance des armes, pour répondre à la demande qui afflue de toute part.

Guth est probablement embauché à cette période.

Lefaucheux est obligé de quitter le 37 Rue Vivienne à cause d’une clause « d’interdiction d’installation de machinerie lourde » dans le bail de location, ce qui entrave les projets de développement de la société E. Lefaucheux et Cie. créée en 1855.

Guth seconde Eugène dans les mises au point des modèles et surveille la fabrication sous la houlette de Mrs Bigot et Binard.

A la suite de leur mort (1860 et 1861) et du départ de Mr Patto (1864), Guth prend la place qu’il ne quittera plus, à savoir : Compagnon fidèle et dévoué d’Eugène Lefaucheux.

Un autre fils naît le 19 mai1865 à Paris, Ernest Gustave Guth.

Le 30 Août 1865, il part rejoindre Joseph Bronne à Liège pour la mise en place de la production dans l’usine nouvellement créée, quai Fragnée

Dans l’inventaire de la société « E. Lefaucheux et Cie » de 1867, du quai Fragnée à Liège il est mentionné y ayant son bureau.

Après avoir fait l’acquisition du Château de Bruyères le Châtel en Novembre 1864, ainsi que de plusieurs autres parcelles de terrains, Eugène Lefaucheux achète le 26 mai 1874 le Moulin de Trémerolles pour 14.700 francs.

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Moulin qu’il transformera et qui, à partir de 1877, abritera l’usine de fabrication d’armes.

Charles Guth suit Eugène Lefaucheux à Bruyères et s’installe à Trémerolles.

Sa femme et lui  déclarent, le 20 octobre 1881 à la Mairie de Bruyères le Châtel, la naissance de leur fille.

En honneur de son maître, Charles prénomme sa fille Marguerite Andrée qui sont les prénoms des enfants d’Eugène.

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Charles Guth déclare le hameau de « Trémerolles » comme son habitation ; Eugène et lui continuent la réflexion et le développement de leurs idées sur les fusils, ainsi que la réalisation des tubes à tir pour canons revolvers  Hotchkiss.

Après la vente des Etablissements Lefaucheux à Chevalier et Dru, (où Eugène Lefaucheux reste conseiller) s’installe un échange de courrier ; dans une de ces lettres on peut lire :

« La réception des tubes est arrêtée, le frère de Mr Dechambre reçoit en ce moment les têtes cuivre.
Il veut absolument voir Guth avec les calibres que son frère a poinçonnés. »

Preuve que Guth a pris une place active et des responsabilités dans l’organisation d’Eugène Lefaucheux.

Ce dernier devient éleveur et agriculteur, s’essayant aux machines agricoles, aux recherches sur la voiture à charbon.

Il rêve d’une roulotte avec atelier pour sa femme.

Dans une autre lettre en date du 14 février 1882 entre Lefaucheux (à Cannes) et Chevalier, il est question de Guth concernant les tubes.

Durant les absences d’Eugène Lefaucheux pour ses problèmes de santé, c’est donc Guth qui a la responsabilité des ateliers.

Extrait d’une autre lettre entre Chevalier et Lefaucheux (en cure à Luchon) le 8 juillet 1882 :

« Mr Dechambre aîné est au Havre, il revient aujourd’hui, c’est lui qui vérifiera les 4000.
J’ignorais complètement que c’était son frère qui devait venir le jour où Guth est venu.
J’écris à Guth pour lui demander qu’il fasse le nécessaire pour que nous livrions les premiers à la fin de ce mois-ci. »

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Autre lettre directement de Chevalier à Charles Guth, le 27 Août 1882:

« Paris le 27 Août 1882

Cher Monsieur Guth,

Notre fraise à chambre calibre 16 vient de se casser; vous devez penser combien cela nous gêne en ce moment.
Si vous en avez une, veuillez, je vous prie nous la faire parvenir le plus tôt possible, vous nous rendrez grand service, aussitôt après l’ouverture nous vous la retournerons.
Les affaires vont très bien en ce moment.

Bien à vous
Chevalier et Dru

Avez vous eu la visite de la Marine ?

Lettre du 28 mars 1885:

« Paris le 28 Mars 1885

Monsieur Lefaucheux

Je viens de voir Mr Dechambre qui désire avoir le plus tôt possible les outils vérificateurs des tubes que vous avez à l’usine et qui sont la propriété de la Marine.
Comme voilà pas mal de fois qu’il nous les réclame, je viens vous prier de vouloir bien écrire à Guth de nous les envoyer.
Mr Dechambre doit venir Mardi les chercher.
Veuillez agréer je vous prie les sincères salutations de votre bien dévoué.

Chevalier »

Lors du recensement du village de Bruyères le Châtel en 1886, la famille Guth est toujours présente.

Charles Guth, de nationalité française, déclare avoir 60 ans et être « mécanicien, chef de ménage », être toujours marié avec Augustine et avoir 2 enfants à charge, Ernest (21 ans) et Marguerite (4 ans).

Léon, 25 ans a déjà dû quitter le berceau familial.

En 1887, l’usine de Trémerolles cessera toute activité.
A la cessation d’activité, l’ensemble de la famille quitte Bruyères les Châtel et s’installe sur le domaine des Manguin à Saint Germain de la Coudre.

Charles Guth a 60 ans lors de ce déménagement.

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« Pierre tombale de Charles Guth »

Charles Guth meurt, le 4 janvier 1890 à 7 heure du matin, dans la rue au niveau du 9 rue des Dames, probablement en venant ou en allant dire au-revoir à sa nièce Marie Thérèse Guth (mariée le 24 octobre 1889 à Jean Baptiste Fées et habitant au 60 rue des Batignolles)

Le couple Fées est en partance pour Rome où Jean Baptiste doit prendre un poste de cuisinier à la Villa Malta – Porta Pinciana.

Lors du recensement de la population en 1891 et 1896, Augustine, sa fille Marguerite (sauf en 1896) et son fils Ernest habite « Le Bourg » de St Germain de la Coudre.

Augustine se déclare « rentière », Ernest est « sans profession ».

Marguerite Andrée, sa fille, se marie une première fois avec Tathéossian Margar Ohannès (25 octobre 1868 – 23 janvier 1822), sujet Ottoman, né à Bagdad, le 31 juillet 1900 à l’âge de 18 ans devant Mr Antoine Bricourt, officier de l’état civil à la Mairie de Saint Germain de la Coudre.  Margar est docteur en médecine.

Ils enterrent leur fille Suzanne à Saint Germain le 1 avril 1905.

Lors du recensement de 1911, Augustine vie seule au Bourg, pas de trace d’Ernest, ni de Léon.

Marguerite et Margar habite aussi St Germain de la Coudre.

Léon Guth après s’être marié avec une demoiselle Mand et avoir enterré ses deux enfants, Jeanne en 1908 et Edmond en 1913, meurt en 1915.

Ils reposent dans le cimetière de Saint Germain de la Coudre.

Ernest Guth meurt célibataire à l’age de 50 ans et est enterré à Saint Germain de la Coudre en 1915.

Marguerite Andrée se marie une deuxième fois le 20 décembre 1923 à la mairie du 13ème arrondissement de Paris avec Khalarian Grégoire, chauffeur de taxi, (né en Turquie le 1 Avril 1884).

Marguerite Andrée Guth se déclare sans profession et veuve de Thatéossian depuis le 23 Janvier 1922.

Augustine Cécile Manguin, l’épouse de Charles se déclare sans profession et habitant Saint Germain de la Coudre.

Elle meurt en 1929 à l’age de 93 ans et sera enterrée auprès de Charles dans le cimetière de St Germain de la Coudre.

Le deuxième mari de Marguerite Andrée meurt le 24 juillet 1949 et sera enterré dans une tombe voisine du premier mari.

Marguerite Andrée mourra le 6 décembre 1973 dans la commune de Saint Germain de la Coudre et avec elle la branche des Guth s’éteint définitivement. (Les différentes tombes des Guth ne semblent pas être entretenues, ni suivies depuis la mort de Marguerite en 1973.)

® et © Lefaucheux, juillet 2016

Sources :

http://www.crepin-leblond.fr/_:A-PARAITRE-EUGENE-LEFAUCHEUX:_

 

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« Katzenthal aujourd’hui »

Georges Pilotell.

De son vrai nom Georges, Raoul, Eugène Pilotelle, Pilotell est aujourd’hui considéré comme un caricaturiste de la Commune de Paris.

Né en 1845 à Poitiers, au sein d’une famille bourgeoise, le jeune homme se destine au dessin. Il bénéficie d’une bourse pour venir étudier à Paris.

Mais là, accusé de paresse, il voit cette aide supprimée et se retrouve à faire des caricatures pour gagner sa vie.

Il collabore ainsi à plusieurs journaux de l’opposition républicaine, dont le célèbre « Charivari » ou encore « la Rue », de Jules Vallès.

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« George Pilotell avec un 1854 à la ceinture »

Le graphisme était pour lui l’ultime moyen de réagir à l’actualité avec une totale liberté d’expression.

D’ailleurs, lorsqu’on lui défendit, sous le Siège, de publier un dessin qui représentait Villemessant, directeur du Figaro, sous les traits d’un proxénète et d’un espion, il protesta vivement : « Suivant cette esthétique originale de la Nouvelle Jérusalem, il ne resterait plus aux caricaturistes que le paysage. »

En 1871, il fonde la Caricature politique, dont le premier numéro paraît le 8 février. Sa production graphique de l’Année terrible comprend plus de 50 pièces.

Le caricaturiste a ainsi réalisé une série intitulée Avant, pendant et après la Commune, dont les dessins sont datés de 1870 et 1871, mais n’ont été publiés qu’en 1879, lors de son exil en Angleterre.

À première vue, on pourrait penser que Pilotell a réussi à concilier activité artistique personnelle et action politique. Mais en regardant de près les images qu’il a publiées et la chronologie de ses fonctions, on s’aperçoit que la dernière charge qu’il a donnée est celle qui parut le 23 mars 1871 dans le sixième et dernier numéro de son journal satirique, après que de nombreux numéros furent saisis et que la publication en fut suspendue le 11 mars précédent sur une décision du général Vinoy.

Alors même que son médium était l’objet d’une formidable inflation pendant la Commune, Pilotell, tout comme André Gill, troqua son activité graphique contre l’action politique.

Il semble qu’il y eut, sur ce point, une véritable dichotomie entre ces deux conceptions de l’engagement, alors même que la caricature, facile et rapide d’exécution, était le support idéal pour servir la cause révolutionnaire.

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« Détail du 1854 dans la ceinture »

En février 1871, dans la deuxième livraison de la Caricature politique, Pilotell avait d’ailleurs publié une lettre que lui avait adressée Felix Pyat et qui rappelait la dimension combative de cette imagerie : « Les temps sont devenus sombres et mauvais pour rire ! Mais souvenez-vous que la satire est l’arme vengeresse ; que les toniques sont amers ! (…) Le plus sublime des peintres, Michel-Ange lui-même, n’a pas dédaigné la caricature, même dans son terrible Jugement dernier, montrant tous les vices, tous les crimes de la tyrannie royale et papale, luxure, avarice et cruauté sous les traits des papes et des rois de son temps (…). »

Mais de fait, cette appréhension de la caricature comme image engagée dans le combat fut peu effective chez les dessinateurs lors de la Commune.

Dès lors, Pilotell abandonna le dessin politique pour se consacrer à ses nouvelles fonctions. Le 26 mars 1871, le jour même des élections de la Commune et avant que la Fédération des artistes ne soit instituée, Pilotell se nomme délégué en chef des Beaux-Arts et s’installe au musée du Luxembourg, prétendant avoir reçu le soutien des autorités communalistes. Une prise de fonction d’ailleurs considérée par Gustave Courbet comme une usurpation. Pilotell répliqua sèchement qu’il avait pris ces fonctions puisque personne ne les occupait au 18 mars, se prévalant ainsi d’un engagement rapide et bien antérieur à celui de Courbet. Quand ce dernier prit la tête de la Fédération des artistes et que celle-ci fut dotée d’instances, Pilotell fut contraint d’abandonner, début avril 1871, les fonctions et le titre qu’il s’était attribués.

Dans la foulée, et dans les mêmes circonstances, Pilotell s’octroya de nouvelles fonctions : début avril, il fut nommé commissaire spécial de la Commune, chargé des délégations judiciaires et attaché au cabinet de délégué à l’Intérieur. À ce titre, il procéda à des arrestations politiques, celle de Chaudey notamment, accusé d’avoir fait tirer sur la foule le 22 janvier 1871.

Mais rapidement, le vent tourne.

Le 23 avril, Pilotell est lui-même accusé d’exactions et révoqué, mais la Commune spécifia que ces négligences de forme n’entachaient en rien son honorabilité.

En mai, il réussit à s’enfuir et se réfugie à Genève au début de l’année suivante.

Il en est expulsé en juillet 1873 et rejoint ensuite Bruxelles, La Haye, Rotterdam avant de se fixer en Angleterre, où il gagna sa vie en dessinant dans des journaux de mode.

Le 9 janvier 1874, il est condamné par contumace à la peine de mort par le troisième conseil de guerre.

Pilotell décède à Londres le 23 juin 1918.

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« Dos de la photo »

Photos : © et ® Lefaucheux juin 2016

Charles Pichot et François Millet-Pichot

L’histoire en quelques lignes de Charles Pichot et François Millet-Pichot, son gendre et successeur. 

Charles Pichot est né en 1815 dans cette même ville et se marie avec Anne Clémence Moullier, née en 1820.

Leur fille Marie-Lore Clémence naît le 28 septembre 1841.

Francois Millet Pichot 1888-1926

« François Millet »

François MILLET est né le 12 mars 1842 à Exoudun, petit village des Deux-Sèvres, proche de Saint-Maixent-l’Ecole.

Il n’a jamais connu son père, François, menuisier, mort à 40 ans, six mois et demi avant la naissance de son fils. Sa mère, Monique MARSAULT, l’éleva donc seule.

A 20 ans, François MILLET est commis-marchand et vit à Châtellerault.

Il découvre Monts-sur-Guesnes et fait la connaissance de Marie-Lore Clémence PICHOT, fille de Charles Pichot et d’Anne Moullier, mécanicien-serrurier.

Ils se marient le 21 avril 1863.

Dès son mariage il prend l’usage de signer “MILLET-PICHOT”, utilisant ainsi le nom de jeune fille de son épouse issue d’une vieille famille montoise.

François MILLET fait son entrée au Conseil Municipal le 18 avril 1886 et sera élu maire le 20 mai 1888, à l’âge de 46 ans.

Il le restera jusqu’à son décès le 7 septembre 1926, à 84 ans, « à Claunay, ferme de la rivière ».

  • Sources :
  • Archives de la commune de Monts sur Guesnes.
  • Articles écrits par Bruno Belin, ancien Maire de la commune, Merci à lui

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L’ensemble des devis, des factures et les courriers ci-dessus sont adressé à Mr Charles Pichot et ensuite à Mr François Millet-Pichot, gendre et successeur de Charles.

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« 20 janvier 1868 »

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« 4 mars 1868 »

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1868 - 22 mars - 1

1868 - 22 mars - 2 -1

« 22 mars 1868 »

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1868 17 septembre -1

1868 17 septembre - 2

« 17 septembre 1868 »

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1869 - 2 facture Charles Pichot 25 février 1869 site copie

« 25 février 1869 »

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1869 - 8 facture Charles Pichot 5 Août 1869 1 copie

« 5 août 1869 »

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1870 - 10 novembre -1

« 10 novembre 1870 »

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1871 - 8 - 1 facture charles Pichot 12 Aout 1871 -1-1_modifié-1

1871 - 8 - 2 facture charles Pichot 12 Aout 1871-1_modifié-1

« 12 août 1871 »

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1871 - 8 - 3 facture charles Pichot 13 août 1871 - 1 copie

1871 - 8 - 4 facture charles Pichot 13 août 1871 - 2 copie

« 13 août 1871 »

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1873 -15 avril - 2 copie

1873 - 15 avril - 1 copie

« 15 avril et 1 mai 1873 »

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1873 -19 mai - 1

1873 -19 mai - 2

« 19 mai 1873 »

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1876 - 8 facture charles Pichot site copie

« 28 août 1876 »

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1876 - 11 - 1 facture Charles Pichot 27 novembre 1876 - 2 site_modifié-1

1876 - 11 - 2 facture Charles Pichot 27 novembre 1876 site_modifié-1 copie

« 27 novembre 1876 »

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1877 - 11 - 1 facture Millet Pichot 2 site

1877 - 11 - 2 facture Millet Pichot 1 site copie

« 23 novembre 1877 »

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« 13 août 1878 »

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« 17 août 1878 »

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1879 - 7 - 2 devis Millet Pichot 26 juillet 1879 site_modifié-1 copie

« 26 juillet 1879 »

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© et ® Lefaucheux Juin 2016

Camille Jubé, un passage dans la vie de Casimir Lefaucheux

Camille Jubé – Un peu d’histoire

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« Blason des Jubé »

Sources :

  • « Casimir Lefaucheux Arquebusier 1802-1852 »                                                            De Gérard Lautissier et Michel Renonciat                                                             Edition du portail – page 37 et suivantes
  • Archives personnelles
  • Archives de Paris
  • Généanet
  • La BNF
  • Wikipédia

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Le 17 décembre 1835, Camille Auguste Jean Baptiste Napoléon Jubé de la Perelle, achète à Casimir Lefaucheux, le fonds de commerce de la rue de la Bourse, ainsi que les bénéfices résultant des brevets et traités signés avec les armuriers (sauf celui du 28 janvier 1835 avec Lepage).

Prix d’achat est de 25.000 francs et l’entrée en jouissance fixée au 1er janvier 1836.

Lefaucheux laisse son nom à l’établissement :

« Maison Lefaucheux, ancienne Maison Pauly ».

(Voir aussi l’adresse sur la lettre)

Camille Jubé est né en 1811 à Pirée en Italie, fils ainé du Baron Auguste Jubé de la Perelle et de Madeleine Félicité Happe.

Camille ce mari à Paris le 20 octobre 1836 avec Félicité Renée Louise Emmanuelle Gabrielle de Brivazac de Beaumont.

Il décède le 29 août 1873 à Paris, à l’âgé de 62 ans, à son domicile rue de Londres.

Casimir Lefaucheux et la famille retourne dans son Maine natal et achète une maison aux Ponts-de-Gennes pour la somme de 6000 francs où il déposera plusieurs brevets dans le domaine Cidre et l’Hippomobile.

Casimir Lefaucheux revient aux inventions arquebusières par son brevet du 2 mai 1845.

Il se fait domicilier 10, rue de la Bourse, alors que le magasin reste au nom de Jubé jusqu’en 1847, date à laquelle Casimir Lefaucheux rachète le fonds de commerce.

Cette date de rachat du fonds en 1847 est sujet à caution puisque dans la lettre du 20 mai 1845 (jointe à notre article)  il est clairement écrit par Camille Jubé : «…. pour vous dire qu’ayant cédé la Maison Lefaucheux et nous occupant de la rentrée définitive des créances …. ». 

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Transcription des lettres de correspondance entre Georg Carstensen et Camille Jubé :

Maison Lefaucheux, Ancienne Maison Pauly

N°10, Rue de la Bourse et des Colonnes

Paris

Copenhague, le 2 octobre 1838

Maison Lefaucheux, ancienne Maison Pauly, Paris

J’ai reçu votre lettre du 20 d’Août et je vous remercie infiniment pour votre bonté de vouloir bien attendre l’hiver prochain pour le soldement de mon compte.

Soyez persuadé que vous avez affaire à un galant homme et que je ferai tous mes efforts pour satisfaire le plus promptement possible à mes engagements.

Je voudrais qu’il fût en mon pouvoir de le faire à présent mais malheureusement je ne le puis.

Avec le plus ardent désir de vous satisfaire, je ne peux pas encore vous indiquer le moment probable de mon arrivée à Paris ou du payement de ma dette ; mais aussi tôt que mon départ sera décidé je vous l’annoncerai dans une nouvelle lettre.

Vous n’obtiendrais rien en vous adressant à mon père et votre lettre ne fera que retarder ma réconciliation avec lui.

Agréer mes salutations

Georg Carstensen

af

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ac

Rue de la Bourse et des Colonnes Paris

Copenhague 20 juillet 1844

Monsieur,

Je possède votre honorée lettre du 9 Ct.

Je ne vous ferai point le détail des raisons et des circonstances qui m’ont empêché de vous solder votre compte.

Soyez bien persuadé que les menaces de la légation de France (parfaitement impuissante en pareil affaire) ne sont pour rien dans les déterminations que voici.

Avant fin Août je vous enverrai un bon de 506 f. payable à votre ordre chez un banquier de Paris.

J’espère, en commencement de décembre, pouvoir vous faire une visite à Paris, je passerai l’hiver.

En attendant je vous prie d’agréer Monsieur mes salutations amicales

Georg Carstensen

ad

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Paris le 24 févr. 1845

En réclamant le payement.

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Le 20 Mai 45.

Mr, par votre lettre en date du 20 Juillet 1844, vous aviez promis de nous adresser une traite de 506, montant de votre compte avec la maison Lefaucheux, payable fin Août 1844 sur une banque de Paris.

Nous n’avons rien reçu.

Nous vous avons déjà rappelé cette promesse par lettre du 24 février der.

Aujourd’hui nous vous écrivons de nouveau pour vous dire qu’ayant cédé la maison Lefaucheux et nous occupant de la rentrer définitive des créances arriérées, nous aurons besoin de les voir solder le plus promptement possible.

Vous n’aurez pas oublié que cette dette remonte à l’année 1838 et quels et ont été non procédés à votre égard ; nous espérons donc que vous voudrez bien nous adresser une traite sur Paris à court échéance le plus prompt possible.

A.G.

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« Georg Carstensen »

Qui est Georg Carstensen ?

Johan Bernhard Georg Carstensen est né le 31 Août 1812 à Alger et décède le 4 Janvier en 1857 à Copenhague.

Il est un des développeurs des Jardins de Tivoli et un officier de l’armée danoise ou il atteint le grade de Lieutenant dans la Garde Royale.

Il passe une grande partie de son enfance au proche Orient.

En 1839, Carstensen s’installe de façon permanente à Copenhague.

Entre 1843 et 1848, Georg Carstensen est actif dans le développement des Jardins de Tivoli, après quoi il a rejoint la guerre à Schleswig.

Lors de son retour il apprend qu’il a été évincé des Jardins de Tivoli pour ne pas avoir renouvelée sa licence de construction.

Après cette éviction il rejoint l’armée basée aux Antilles Danoise.

Il se marie avec une fille d’un planteur et l’aide à la gestion de la plantation.

Georg Carstensen se rend ensuite à New York, où il participe à la construction au Crystal Palace de cette ville.

En 1855, Carstensen retourne à Copenhague ou il tente de construire un établissement  afin de rivaliser avec les Jardins de Tivoli, l’Alhambra de Frederiksberg.

Le projet échoue et seule une rue du nom de « Alhambravej » rappel son existence.

Il meurt le 4 Janvier 1857 à 44 ans avant d’avoir achevé son projet et a été enterré dans le Cimetière de la Garnison à Copenhague. 

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« Sceau des Carstensen »

Observations :

  • Selon la source « Wikipédia », Carstensen s’installerai, à partir de 1839, de manière permanente à Copenhague ; la lettre du 2 Octobre 1838 nous permet de croire qu’il y est déjà avant cette date.
  • Que les relations entre Georg et son père ne sont pas excellentes.
  • Que les promesses de Georg Carstensen sont de la poudre aux yeux puisque 1845 la dette envers Jubé n’est toujours pas soldée.

 ® et © Lefaucheux Juin 2016

Bail de location 37 rue Vivienne

Bail de Location, entre Mme Mosselman et Mr Lefaucheux, du 37 Rue Vivienne à Paris .

quittance de loyer rue vivienne 1852 - 1 copie

Entre les soussignés :

Mr Louis Henri Destigny, propriétaire demeurant Paris rue de la chaussée d’Antin N° 29.

Agissant au nom et comme mandataire de Mr Alfred François Mosselman, propriétaire et de Mme Charlotte Eugénie Claire Gazzani, son épouse de lui autorisée demeurant ensemble à Paris rue de la fraternité N° 6, suivant procuration reçue en minute par Me Dufour, notaire à Paris, les vingt un et vingt deux mai mil huit cent quarante.

D’une part,

Et Mr Casimir Lefaucheux, arquebusier et Mme Françoise Constance Faivre, son épouse, qu’il autorise, demeurant ensemble à Paris rue de la Bourse 10.

D’autre part,

A été convenu et arrêté ce qui suit :

Mr Destigny, ès nom fait bail et donne à loyer pour trois ou neuf années, au choix seul des preneurs qui peuvent faire cesser l’effet dudit bail devront prévenir six mois avant l’expiration des trois premières années, lesquelles commenceront à courir du premier avril prochain.

A Mr et Mme Lefaucheux ce acceptant.

Les lieux ci-après désignée dépendant d’une maison sise à Paris rue neuve Vivienne N° 37, dont Madame Mosselman est propriétaire , savoir ;

Au rez de Chaussée.

Un grand magasin donnant sur la rue Vivienne et sur la rue neuve Saint Marc, divisé en trois parties et indiqué par la lettre A, B, C, D et E du plan de ladite maison.

L’entresol au-dessus dudit magasin et d’autres dépendances de la maison donnant sur les rues Vivienne et neuve St Marc et sur la cour de ladite maison, divisé en sept parties et indiqué sur ledit plan par les lettres A, B, C, D, E et F.

Au premier étage des caves de ladite maison.

Une salle à manger, cuisine et autres lieux indiquée sur le plan, par les lettres F, G, H.

Deux caves situées au deuxième étage des caves et indiquées sur ledit plan par les lettres J, K.

Au cinquième étage de ladite maison.

Deux chambres de domestique indiquées sur ledit plan par les lettres A et B.

Ainsi que lesdits lieux se poursuivent et comportent et sans qu’une plus ample désignation soit nécessaire aux premiers qui déclarent les parfaitement connaître pour les avoir vus et visités.

Le présent bail est fait aux charges et conditions suivantes que Mr et Mme Lefaucheux s’obligent solidairement entr’eux à exécuter et accomplir sans pouvoir prétendre à aucune diminution de leur loyer.

1° De garnir et de tenir les lieux loués, garnis pendant toute la durée du présent bail de meubles effets mobiliers et marchandises de valeur et quantité suffisante pour garantir le paiement des loyers.

2° de les rendre à la fin dudit bail en bon état de réparations locatives et conformes à l’état qui en sera fait double entre les parties, aux frais de Mr et Mme Lefaucheux, avant l’entrée en jouissance.

3° de payer et acquitter suivant l’usage les contributions personnelles mobilières de patente et des portes et fenêtres et de satisfaire à toutes les charges de ville et de police dont les locataires sont ordinairement tenus, de manière a ce qu’aucuns recours en soit exercé à ce sujet contre les bailleurs.

4° De ne pouvoir transporter leur droit aux présent bail qu’a la personne à qu’ils céderaient leur établissement et encore en restant garant solidaire avec leurs cessionnaires du paiement des loyers et de l’exécution des clauses et conditions du présent bail.

5° De ne pouvoir faire dans les lieux loués d’autre travaux que ceux de réparation ordinaire concernant l’état d’arquebusier, mais non des gros travaux de fabrication ou autre nécessitant l’emploi d’enclumes marteaux et autre et qui seraient de nature soit à ébranler la maison soit d’incommoder les autres locataires.

6° de ne pouvoir entrer et sortir par les portes de l’entresol donnant sur le grand escalier de la maison, et se servir du dit grand escalier que pour eux, leurs enfants, leur famille et non pour leurs domestiques, leurs ouvriers et leurs pratiques.

7° Et de payer les frais et droits auxquels ces présentes donnerons lieu .

Le présent bail est fait en outre moyennant Cinq mille francs de loyer annuel que Mr et Mme Lefaucheux s’obligent solidairement entr’eux à payer aux bailleurs en leur demeure à Paris ou à leur mandataires, en quatre termes égaux à partir du premier avril mil huit cent cinquante, de manière que le paiement du premier terme aura lieu le premier Juillet mil huit cent cinquante.

Il demeure expressément convenu :

1° que ces paiements ne pourrons être valablement effectué qu’en bonne espèce de monnaie au cours actuel nonobstant tout papier monnaie ou effets publics dont le cours même forcé pourrait être introduit dans la circulation.

2° Et qu’à défaut de payement du loyer et accessoires le présent bail sera résilié de plein droit si bon semble seulement aux bailleurs à l’échéance d’un seul terme en retard sans qu’il soit besoin d’autre mise en demeure qu’un simple commandement non suivi de paiement dans la huitaine de sa signification.

De son coté Mr Destigny oblige les bailleurs à tenir les lieux loués clos et couverte suivant l’usage.

Mr et Mme Lefaucheux ont à l’instant payé à Mr Destigny qui le reconnaît, la somme de quinze cent francs à valoir sur les six derniers mois de loyer du présent bail, en outre ils s’obligent à payer à Mr Mosselman le trente décembre prochain la somme de mille francs formant le complément des six mois de loyer d’avance, au moyen de quoi les preneurs n’aurons aucun loyer à payer pendant les six derniers mois de leur jouissance.

Ici devenant nécessaire de faire enregistrer le présent acte par le fait de Mr Lefaucheux Casimir supporterai les conséquences de cet enregistrement

Fait double à Paris entre les soussignés

Le seize mars mil huit cent cinquante

Approuvé l’écriture ci-dessus.

Destigny

Approuvé l’écriture ci-dessus

C. Lefaucheux

Approuvé l’écriture ci-dessus

f. C. faivre

L’Apès Lefaucheux

  • Vente de la Société E. Lefaucheux le 15 novembre 1881 à Chevalier et Dru.

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La société est située au 32 rue Notre Dame des Victoires.

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  • Joseph Chevalier se marie avec Alexandrine Jeannette Charton, le 28 janvier 1882 à Paris 9ème
  • 1882, Chevalier assure seul la gestion de la société, Dru, qui continue à jouer le rôle de financier s’installe à Alger comme marchand d’armes.
  • Le 10 juillet 1885 la signature sociale est retiré à Camille Dru et dissolution de la société « Chevalier & Dru » pour devenir « Chevalier & Cie. ».
  • Le 31 janvier 1889 dissolution de la société « Chevalier & Cie. » .
  • Le 6 février 1889, Chevalier devient le seul propriétaire de la société et signe « J. Chevalier Succ. ».

Lefaucheux cède à Bonduel la créance de 80.000 frs pour la somme de 20.000 frs. Chevalier paie son créancier et continue seul

  • 1890, Chevalier est encore installé au : 32 rue Notre Dame des Victoires.
  • 24 Mars 1892 Lefaucheux meurt à Cannes.
  • En 1896, expropriation du 32 rue Notre Dame des Victoires.

3

  • Le 1 Août 1896, Chevalier s’installe dans ses nouveaux locaux au : 9 rue des filles St Thomas près de la Bourse.
  • Le 4 Août 1900, la belle-mère de Joseph Chevalier, Françoise Madeleine Savary, Veuve Charton meurt à l’âge de 73 ans au 9, rue des filles St Thomas.

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  • En 1911, Chevalier est le concessionnaire pour la France de la détente « Simplex ».

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  • Début Janvier 1912 le magasin de Chevalier situé au 9, rue des filles de Saint Thomas, se fait cambrioler par un certain Paul Péchou.

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  • Avant le mois d’Avril 1913, C. Modé rachète la société à Chevalier.
  • La société Modé est au 91 rue Richelieu à Paris.

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  • En Août 1924 la société Modé est toujours active et a racheté Pirlet.

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  • En Mai 1933 devient Maison Modé-Pirlet

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  • Ensuite Lien-Chapu & Modé.
  • Puis Callens & Modé dont l’activité cessera en 1990.

Source :

  • Archives Lefaucheux.
  • « E. Lefaucheux ou l’apothéose de la saga familiale » 2012 éditions Crépins Leblond.
  • Archives de la Ville de Paris.
  • Archives de la BNP.
  • Le « Qui est Qui » de Jarlier.

® et © Lefaucheux juin 2016.

Léonidas Palasca

La commande du gouvernement Grec et le dénommé Léonidas Palasca

Léonidas Palasca 1-1

Au cou, il porte la croix de l’ordre du Sauveur (Grèce)
La 2e en partant de la gauche est l’Ordre de St Stanislas (Russie)
celle de l’extrême droite ressemble à la légion d’honneur

Les commandes et cessions de brevets du fameux revolver modèle 1854 crée par Eugène Lefaucheux sont connues et parmi celle-ci on peut citer:

  • La Marine Française
  • L’Espagne
  • L’Italie
  • La Suède
  • La Norvège.
  • Les USA
  • ….et bien d’autres pays.

En l’état actuel de mes connaissances, ni la Grèce, ni la Marine Hellénique ne sont mentionnées comme acheteuses.

Pourtant dans les archives d’Eugène Lefaucheux j’ai retrouvé le contrat de commande.

Ce « contrat de commande » est signé le 15 avril 1861 au nom du Gouvernement Grec par Léonidas Palasca, pour 200 revolvers modèle 1854 et 20.000 cartouches, en faveur d’Eugène Lefaucheux.

Voulant en savoir plus sur ce « Palasca », je suis tombé sur une « Notice Biographique » écrite par Ch. Mélétopoulo, directeur de la bibliothèque nationale d’Athènes en 1880.

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Voici un résumé de la carrière de Léonidas Palasca :

Léonidas Palasca, fils de Christos Palasca, est né en 1819 à Janina, une ville très florissante de Grèce, dans une famille importante de l’Epire,.

Le père de Christos, ainsi qu’une bonne partie de sa famille, est persécuté et tué par Ali-pacha.

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« Ali Pacha » 

Afin d’éviter le même sort, Christos se réfugie dans les îles Ioniennes.

Il y intègre la Légion Hellénique et y devient officier supérieur.

Malgré le massacre d’une partie de sa famille, Christos, sur invitation d’Ali-pacha, rentre au service de ce dernier, qui lui accorde un commandement militaire et le nomme comme un de ses aides-de-camps.

Après l’exécution d’Ali-Pacha toute la famille Palasca est à la merci de Khourchid-Pacha.

Christos déserte pour reprendre sa place dans l’armée grecque tout en craignant pour le sort de sa famille restée côté Turc.

Il faut la prise d’otage du harem et de toute la famille de Khourchid – Pacha pour que Christos Palasca puisse revoir sa femme et ses enfants.

A la mort de Christos Palasca, la famille est prise sous la protection de Jean Colettis, son ami intime.

Ce dernier est très lié avec le général Roche, le docteur Bailly et d’autres philhellènes français.

Sur recommandation de Jean Colettis, Léonidas est envoyé en France afin d’y recevoir une instruction complète.

Après le lycée, Leonidas revient en Grèce après le couronnement du roi Othon.

Son protecteur Colettis est envoyé à Paris comme ambassadeur ; Léonidas le suit et se fait admettre à l’école navale de Brest, d’où il sortira comme officier de la Marine Française.

Leonidas Palasca sert pendant neuf ans la Marine Française et y acquiert sur le « Tonnerre » les épaulettes d’enseigne de vaisseaux.

En 1844, malgré une carrière très prometteuse, en répondant à l’appel de Colettis, il rentre en Grèce pour servir son pays où on le nomme Lieutenant de Vaisseaux et il devient Commandant d’une goélette de 10 canons.

En 1847, étant capitaine de corvette, il est appelé à la direction du Ministère de la Marine, pour devenir Secrétaire Général du ministère de la Marine.

En 1859 il travaille sur la rédaction en grec d’un vocabulaire maritime, avec les termes correspondants en français et anglais, pour l’usage des officiers et équipages de la flotte hellénique.

Homme très cultivé, ayant une connaissance approfondie du français, parlant l’anglais l’italien et l’allemand, il est envoyé en mission à travers l’Europe.

A ce titre, il signera à Paris, le 15 avril 1861, une commande pour 200 revolvers modèle 1854 et 20.000 cartouches.

Armes et cartouches qui seront livrées vers la fin mai de la même année.

En Janvier 1862 il participe à la répression d’un mouvement insurrectionnel contre le roi Othon en qualité de commandant de frégate de « l’Hellas » (une frégate à hélice de 32 canons).

Insurrection, qui malgré la répression, provoquera la chute du trône quelques mois plus tard.

Léonidas partira, en exil, pour l’Angleterre durant 3 ans, ce qui pourrait expliquer qu’il n’y ait pas eu d’autres commandes et qu’il n’est fait aucune allusion, dans les livres sur les armes réglementaires, de l’utilisation des armes Lefaucheux dans la Marine Hellénique.

En 1873 il est envoyé à Vienne comme commissaire de l’Exposition universelle pour être élu vice-président de la commission centrale de cette exposition.

Et en 1875, il est envoyé à Paris comme délégué de la Grèce au Congrès de géographie.

Léonidas Palasca retrouve son poste de secrétaire général en 1876, mais pour une très courte durée, puisque n’arrivant pas à imposer sa vision d’organisation de la Marine, il démissionne.

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« Léonidas Palasca »

Néanmoins, il retrouve de nouveau ce poste en 1877 pour préparer les forces vives du pays en prévision d’une invasion imminente par la Turquie.

Afin de préparer son pays il part en 1878 à Londres, pour l’achat de navires et de matériel de guerre ; il y contractera les germes de sa dernière maladie qui le conduira au tombeau.

Sources :

  • « Notice biographique sur Léonidas Palasca, Capitaine de Vaisseau de la Marine Royale Hellénique »

Ch. Mélétopoulo 1880

http://anemi.lib.uoc.gr/

  • «  Contrat signé entre Léonidas Palasca et Eugène Lefaucheux du 15 avril 1861 »

Archives privées de la famille Lefaucheux.

  • « Geschichte und Technik der europäischen Militärrevolver » Tome 1

Rolf H. Müller 1982

  • « Eugène Lefaucheux, ou l’apothéose de la saga familiale.

http://www.crepin-leblond.fr/_:A-PARAITRE-EUGENE-LEFAUCHEUX:_

© et ® Lefaucheux mai 2016

 

Gabriel Lefaucheux

Gabriel Lefaucheux, frère de Casimir et parrain d’André, fils d’Eugène.

Source :

  • La BNF : 1914- Revue Historique et

  • Archéologique du Maine, Pages 150 – 151.

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Gabriel, frère de casimir 1870 - 2

Gabriel Lefaucheux, né le 29 Avril 1795 à Bonnétable appartenait à une famille de petits commerçants très chrétiens et était le second de douze enfants.

Arrivé à Bayeux comme secrétaire particulier de Mgr Duperrier.

Entré jeune au séminaire-collège de Château-Gontier, l’abbé Lefaucheux reçut la tonsure à seize ans et à peine âgé de dix-huit ans, entra au grand séminaire.

Monsieur Duperrier alors vicaire-général, auquel il était recommandé, devint son protecteur.

Ayant achevé sa théologie à 22 ans, trop jeune pour être prêtre, il fut avec plusieurs autres diacres chargé de faire le catéchisme et prêcha même l’Avant et le Carême dans une paroisse du Mans.

Ordonné prêtre il devint pour peu de temps vicaire de Saint-Benoît du Mans.

Quelques mois après Mgr de la Myre le choisissait pour son secrétaire particulier et le créait chanoine honoraire en 1821.

Bientôt nommé par Mgr Duperrier qui avait tenu, ainsi que nous l’avons dit, à l’emmener avec lui, chanoine titulaire de la cathédrale de Bayeux, il devint après la mort de ce prélat, secrétaire de Mgr Dancel le nouvel évêque qui le garda près de lui.

Entre temps, Mr Lefaucheux s’occupait des pensionnaires des Ursulines et des religieuses de la Charité.

Il ordonna beaucoup à la prédication ; ses compositions cependant, n’avaient rien de très original ; une mémoire prodigieuse, un jugement et tact remarquables, une chaleur d’action étaient surtout ses qualités.

En 1835, il devint chanoine archiprêtre de la cathédrale et par le fait même, curé de Notre-Dame.

Il devait l’être 35 ans et mériter le nom de « Bon Curé » ; il le fut dans toute l’acceptation du terme.

Sa charité pour les pauvres était inépuisable : les instructions multipliées qu’il faisait à ses paroissiens étaient toujours très pratiques.

Il s’occupa des œuvres et à peine installé, il organisa les exercices du mois de Marie, puis une association pour la conversion des pécheurs, car la conversion des pécheurs fut une de ses grandes préoccupations.

Par ses soins, un orphelinat de jeunes filles fut annexé à l’école de la Poterie.

Il n’oublia pas non plus les pauvres malades ; à cet effet il installa dans sa paroisse une maison de religieuses garde-malades, ce furent les religieuses de la Miséricorde de Sées.

Telles furent les principales œuvres de cet excellent prêtre.

Son ministère fut très fructueux, mais tout le bien qu’il fut, il l’accomplit sans bruit.

L’abbé Lefaucheux mourut le 25 Septembre 1870, laissant une mémoire vénérée, les personnes qui l’ont connu en parlant toujours avec vénération.

© et ® Lefaucheux – mai 2016.

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La vie d’Eugène Lefaucheux

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Toute personne qui s’intéresse de près ou de loin à l’histoire des armes du 19e siècle connaît, a entendu ou lu quelque chose sur Eugène Lefaucheux, le père du revolver à broche modèle 1854 accepté par la Marine Française comme arme réglementaire.

Revolver vendu à travers le monde et à plusieurs Gouvernements Européens pour l’équipement de leurs officiers.

Mais qui est-il vraiment ?

Eugène Gabriel Lefaucheux, fils de Casimir.

Eugène est né au 10 rue Jean–Jacques Rousseau à Paris le 14 Septembre 1832.

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« Maison de Casimir Lefaucheux à Ponts de Gennes »

L’instruction d’Eugène est faite par un prêtre lors de l’installation à Ponts de Gennes dans la Sarthe, après la vente de l’entreprise de son père à Mr Jubé en 1835.

C’est probablement à l’âge de 13 ans, lors du retour de la famille à Paris en 1845, qu’Eugène commence son apprentissage dans l’arquebuserie, d’abord dans l’atelier familial, suivi de différents stages de perfectionnement et d’observation en France et en Belgique, bien conseillé, présenté et surveillé par son père.

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« Eugène Lefaucheux en 1848 »

Déménagement le 16 Mars 1850 (signature du bail) vers la célèbre adresse du 37 rue Vivienne.

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« Exposition de Londres en 1851 »

C’est lors de l’exposition de Londres en 1851 qu’Eugène rencontre Samuel Colt.

Cette rencontre a eu une influence indéniable sur Eugène.

Il s’inspirera des méthodes de fabrication « industrielle » dans les usines Colt pour les imposer dans ses propres ateliers et fera de cette conception son idéal professionnel.

Eugène ne fera pas son service militaire puisque son numéro (417) n’est pas tiré au sort.

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Il peut donc se consacrer pleinement à la reprise des activités de son père, qui meurt le 9 Août 1852 à son domicile du 37 rue Vivienne.

Jules Gevelot 2 copie

« Jules Gévelot »

Il reprend contact avec Jules Gévelot, fils du créateur de la Société de Munitions, qui avait acheté à Casimir Lefaucheux le brevet de cartouches et qui décidera de l’issue de la carrière d’Eugène, car Jules Gévelot réussit à convaincre Messieurs Bigot et Binard d’aider Eugène Lefaucheux.

Il lui ouvre aussi les portes des différents Ministères, dont celui de la Guerre puisqu’il y est déjà bien introduit.

1 LF 54 BREVET DU 15 AVRIL 1854

« Dessin du brevet du 15 avril 1854 »

Eugène Lefaucheux dépose son premier brevet le 15 avril 1854 (brevet 019380) revolver qui n’existera que sur le papier.

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« Dessin de l’additif du 4 novembre 1854 »

Le 4 novembre 1854 il dépose le premier additif au brevet du 15 avril.

C’est ce modèle, qui servira aux 1ers essais.

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« Le LF 28, un des tous premier revolver modèle 1854 »

Son revolver 1854 est admis le 16 septembre 1854 dans la compétition avec Colt et Adams pour le renouvellement de l’armement de la Marine.

Le trio, Lefaucheux, Bigot et Binard créera le 14 janvier 1855 la première société « E. Lefaucheux et Cie. ».

Le siège social se situe chez la mère d’Eugène au 37 rue Vivienne.

Très vite, le 24 mars 1855, suit une seconde société, qui prendra la relève de la première avec l’arrivée dans le capital, de Monsieur Henry Fernandez Patto, négociant d’origine de Bayonne, qui lui ouvrira le marché Ibérique.

L’atelier du 37 ne suffit plus et il est freiné dans son développement par un article anodin du bail de location. C’est pour cette raison qu’Eugène se voit dans l’obligation de trouver un autre lieu de fabrication, afin de répondre à la demande croissante.

Ce sera Monsieur Binard, qui lui louera 2 ateliers au 9 et 9 bis rue Lafayette.

Le 2 janvier 1856, Eugène Lefaucheux signe son premier marché avec la Marine, pour la fourniture de six revolvers modèle 54 : trois à canons rayés, les autres à canons lisses.

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« Revolver 7 mm en double action » 

Le 5 septembre 1856, Eugène Lefaucheux dépose le brevet du « petit pistolet » dont le mécanisme double action à balancier sera une réussite commerciale. (Brevet 29055, le modèle le plus vendu en DA sera le 7 mm.)

La « gloire et la reconnaissance » arrivent avec la signature et la vente partielle de son brevet du 15 avril 1854 à la Marine Française le 8 mai 1858.

Dès lors, l’évolution du «58 de Marine» échappe à notre inventeur.

L’usine de la rue Lafayette fabrique de son côté le «1854 civil à vocation militaire», très voisin du modèle réglementaire.

Ce sera le produit phare d’Eugène, celui qui assurera sa renommée mondiale et sa fortune.

Tout de suite après l’acceptation par Eugène des conditions imposées par la Marine, la production de 1500 revolvers est lancée à la Manufacture de Saint Etienne et la société « E. Lefaucheux et Cie. » touche sa première prime.

250 de ces armes seront réservées pour la Division de l’Indochine et embarquées sur le Darne au début de 1859.

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« Fusil issu du brevet de 1859 » 

Première incursion dans les fusils avec le brevet 043104 du 5 décembre 1859 : pour un fusil et pistolet à carcasse métallique, canon fixe, avec culasse et éjecteur mobile.

A l’étroit au 9 rue Lafayette et le contrat en poche, Eugène recherche depuis plusieurs mois un terrain afin de pouvoir répondre aux demandes grandissantes.

Le 11 octobre 1858, il signe au nom de la société E. Lefaucheux et Cie. l’acte d’achat d’un terrain au 104 rue Lafayette. Les travaux de construction débutent juste après et en moins d’un an nos quatre associés y construiront une usine très moderne et très performante avec une machine à vapeur de 12 CV et son générateur de 25 CV. Les usines Lefaucheux sont capables de fabriquer 1200 revolvers par semaine en partie grâce à l’utilisation de la fonte de fer, plus facile à travailler que les blocs de fer ou d’acier.

Le cadastre de son côté, compte en 1860, 170 étaux et 170 ouvriers et en 1863 ces chiffres passent à 196 étaux et 225 ouvriers.

Le siège social quitte le 37 rue Vivienne, pour s’installer au 9 rue Lafayette le 1e janvier 1860, donnant de fait, naissance à la 3ème société.

Monsieur Binard meurt le 8 Août 1860, suivi le 22 octobre 1861 par Monsieur Bigot (d’une maladie de cœur).

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« Eugène Lefaucheux vers 1862 » 

En 1862 Eugène a 30 ans, il dirige une affaire florissante, mais n’est pas encore marié.

Il demandera la main de Marie-Louise Elisabeth Bigot, fille de son associé mort quelques mois avant.

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« Brevet de 1862 consacré à la Triple Action »

Le brevet 55784 du 27 septembre 1862 donne naissance aux armes en Triple Action.

Constance Françoise Faivre, Veuve de Casimir Lefaucheux, âgée de cinquante-deux ans décède à son domicile du 37 rue Vivienne, le 2 janvier 1863.

La disparition de Madame Veuve Lefaucheux entraîne des modifications dans la gestion de la Maison du 37 rue Vivienne.

Les enfants de Casimir et Constance Lefaucheux signent une procuration devant le notaire Me Desforges, le 21 février 1863, afin de transmettre la gestion et la gérance de la « Maison Lefaucheux » du 37 rue Vivienne au couple Laffiteau.

Un seul brevet sera pris en cette année de 1864, pour un revolver à canons superposés, avec un barillet à double rangée et mécanisme en Triple Action

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« Château de Bruyère le Châtel »

Afin d’héberger sa famille et concrétiser sa réussite professionnelle, Eugène achète le 11 Novembre 1864, au Baron Charles, le château de Bruyères le Châtel. Eugène sera le 10ème propriétaire depuis 1297, de la seigneurie des frères de l’hôpital de Saint Jean de Jérusalem.

La place de Liège intéresse beaucoup Eugène, pour le savoir-faire en arquebuserie et le nombre impressionnant d’armuriers plus ou moins connus. Il décide en décembre 1864 d’y implanter une succursale et achète le 2 mars 1865, le 13 quai Fragnée à Liège.

Le tribunal de commerce de la Seine dissout la Société E. Lefaucheux et Cie. le 3 juillet 1867, et prône sa liquidation.

Celle-ci sera vendue par adjudication le 31 août 1867 au cours d’une vente à l’audience des criées.

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« Affichette de vente »

A la suite de l’adjudication, Eugène Lefaucheux devient seul propriétaire foncier et seul exploitant des usines de Paris et de Liège.

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« Napoléon III et Eugénie vers 1867 »

Le redémarrage de la production de la Maison Lefaucheux sera assuré par l’adoption par l’armée Française du fusil Chassepot en 1866, ce qui va surcharger les Manufactures de l’état et permettre à la maison Lefaucheux de décrocher à l’automne 1867 un marché pour la transformation de 40.000 fusils Dragon en fusil à tabatière.

Le 23 mars 1868, la Marine demande la fourniture de 4000 pistolets-revolvers avec système à broche, mais le marché ne sera pas conclu puisque l’armée abandonne la cartouche à broche pour la percussion centrale. Après de multiples modifications, naîtra le légendaire « revolver modèle 1870 »

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« Revolver 1870 civil » 

Le contrat pour la fourniture de 4000 revolvers « modèle 1870 » à percussion centrale est signé à Paris avec le Ministère de la Marine, le 10 février 1870, moyennant un prix de 40 fr par revolver.

Ce contrat ne sera reconduit, honoré et exécuté qu’en 1872, après la guerre et la Commune.

A partir de 1869, notre inventeur abandonne définitivement le revolver pour ne s’intéresser qu’au fusil de fabrication industrielle.

Quand éclate la guerre de 1870, Eugène envoie sa femme, ses trois enfants ainsi que sa sœur, Madame Waroquet, passent l’hiver en Suisse, à Vevey. Eugène se fait établir un laissez-passer permanent pour l’Angleterre et la Belgique. Il se met à la disposition du gouvernement et on l’expédie en Angleterre pour acheter des armes. Ne comprenant pas l’Anglais, il ne tarde pas à saisir qu’il ne pourra pas signer les marchés qu’on proposait et il rentre en Belgique. Courant janvier 1871, la famille Lefaucheux quitte la Suisse pour Liège.

Eugène Lefaucheux a 39 ans ; fatigué, il commence à avoir des soucis de santé.

Il a des problèmes rénaux et urinaires.

A partir de 1873 la production Lefaucheux est très réduite.

Le « 70 » sera son dernier modèle d’arme de poing.

La clientèle privée est sollicitée par une concurrence sévère.

L’Armée vient d’adopter le revolver Chamelot-Delvigne.

L’usine de Liège est mise en vente sous la responsabilité de Gustave Bronne. La signature de vente à Monsieur Dacier a lieu le 9 octobre 1873, néanmoins Eugène Lefaucheux garde son droit de poinçonnage.

En 1874 Eugène débute sa décentralisation en achetant « l’ancienne usine de Trémerolles » à Bruyères le Châtel, tout près de son château.

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« Nouvelle adresse, nouveau marquage »

Le magasin parisien du 194 rue Lafayette est transféré au 32 rue Notre Dame des Victoires (Bâtiment appartenant à Jules Gévelot : signature du bail le 15 juin 1875).

Les brevets déposés par Eugène tombent dans le domaine public, c’est la fin des royalties et pour ainsi dire la fin de l’activité industrielle.

En 1877, l’usine de la rue Lafayette, inoccupée, va permettre à Eugène de se convertir en promoteur.

Il la fait raser et construit un immeuble de rapport sur son terrain du 196 rue Lafayette ; deux immeubles identiques, type Haussmann, de cinq étages carrés et un sixième mansardé, l’un sur la rue, l’autre au fond de la cour.

En 1878, une construction identique remplacera les locaux industriels du 192 et 194.

Le magasin transféré, les ateliers de la rue Lafayette démontés, l’usine de Trémerolles prend le relais des ateliers Parisiens à partir de 1877.

Charles Guth y installe sa femme et ses enfants.

Le moulin sur la rivière « La Renarde » occupé par une filature au début du 19e siècle, se transforme en ateliers, où seront fabriqués les 4400 tubes à tir de calibre 37 mm pour canons Hotchkiss, pour le compte de la Marine en 1878, puis 1000 autres en 1880. L’usine emploiera jusqu’à 150 ouvriers.

Eugène s’occupe de l’aménagement de son domaine et l’exploitation de la ferme qui remplaceront progressivement l’activité industrielle.

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« Couverture de catalogue Maison E. Lefaucheux: Chevalier & Dru »

Le 15 novembre 1881, Eugène Lefaucheux cède, à la société Chevalier et Dru son installation Parisienne, soit le fonds de commerce, le nom de la Maison E.Lefaucheux (pour éviter la confusion avec celle de son beau-frère Laffiteau), les marchandises entreposées rue Notre Dame des Victoires ainsi que l’exploitation de son brevet 131.616 avec ses additifs.

Il garde l’usine de Trémerolles pour terminer à son propre compte les commandes de tubes à tir.

Dans l’acte de vente, il est spécifié l’interdiction à Eugène de fabriquer ou faire commerce d’armes.

L’usine cessera toute activité vers 1887.

Eugène finit par acheter une maison le 25 mars 1891 à Cannes ; la villa Sainte Marguerite, située dans le quartier de la Bocca.

Il n’aura pas le temps de pleinement profiter du soleil ni des bienfaits du Sud, car il y meurt le 24 mars 1892 terrassé par une congestion cérébrale devant une lettre restée inachevée…

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Comme son père, il repose dans le caveau familial au cimetière de Montmartre à Paris.

lefaucheux54@yahoo.fr

www.lefaucheux.net