Brevet d’Invention , no 131616 du 25 janvier 1879 et additions

Brevet d’Invention no 131616 d’Eugène Gabriel Lefaucheux du 25 janvier 1879

En France : Brevet d’Invention , no 131616 déposé le 25 janvier 1879 par le Sieur Maurice à Paris

En Belgique : Brevet d’Invention, no 47251 déposé le 27 janvier 1879 par le Sieur Gustave Bronne à Liège.

Mémoire descriptif déposé à l’appui de la demande d’un Brevet d’Invention de quinze ans pour l’application et la réunions de diverses pièces relatives aux armes à feu par Mr Lefaucheux Eugène Gabriel, fabricant d’armes , 32 rue Notre Dame des Victoires à Paris.

Exposé :

1

La planche 1 représente une platine à percussion centrale.

Elle se compose :

1° Du chien « A » qui porte le percuteur « a » , la noix »b » et l’ergot-armeur « c », il tourne autour d’un axe creux »B » vissé à demeure dans la pièce de culasse.

2° Du ressort du chien « C » qui est à deux branches, muni d’une chaînette  « d » .

3° D’une détente « D » qui porte la gâchette « e » ramenée par le ressort « f » .

4° Du levier « E » qui se meut autour d’une goupille engagée dans le creux de l’axe fixe du chien ; ce levier a pour fonction de faire mouvoir le verrou par sa tête « g » engagée dans la mortaise du verrou « F », de faire basculer les canons par le butoir «h », lequel vient heurter la surface supérieure de l’évidemment pratiqué dans le rochet fixé aux canons, il a aussi pour objet d’armer les chiens en agissant contre les ergots-armeurs « c », placés à la partie inférieure des chiens.

Le ressort « j » ramenant le levier « E » est à deux branches, la branche inférieure s’appuie sur le pontet près de son attache à la culasse, cette disposition a pour effet de bander le ressort au moment de la mise en place du pontet.

5° Du verrou « F » qui n’est plus qu’un morceau d’acier plat muni d’une mortaise dans laquelle est engagée la tête « g » du levier « E ».

Si la contre-platine n’est pas représentée, c’est afin de mieux montrer les organes du mécanisme de la platine.

La contre-platine s’ouvre en pivotant autour de l’axe creux « B », cette disposition permet de démasquer facilement les organes du mécanisme de la platine, afin de pouvoir les visiter et les entretenir aisément, elle est maintenue dans la position de fermeture par une vis à tête fraisée placée à sa partie antérieure, cette vis peut être remplacée par une petite fermeture à ressort, ce qui permettra d’ouvrir la contre-platine sans l’aide d’un tournevis.

La partie postérieure « G » de la culasse permet d’y adapter un bois formant crosse d’une grande simplicité et par suite d’une grande économie.

La platine est d’une extrême simplicité : comme il a été dit plus haut, le chien porte le percuteur, la noix et l’armeur, il a donc trois fonctions et de plus il se meut autour du même axe que le levier.

2

La planche 2 représente une platine ayant les mêmes avantages que celles qui figure sur la planche 1 déjà décrite.

Néanmoins elle diffère de la première par une nouvelle disposition du verrou  « F » qui est placé à la parie supérieure de la platine, où il se meut dans une coulisse à queue d’aronde.

La partie antérieure « K » du verrou est engagée dans un logement pratiqué entre les deux canons.

Le verrou porte à sa partie inférieure deux saillies « l » entre lesquelles est placée la tête « g » du levier « E ».

3

La platine  représentée par la planche 3 possède les mêmes avantages et les mêmes qualités que celle représentée par les planches 1 et 2.

Le chien « A » porte le percuteur « a », la noix « b » dont les crans sont pratiqués à sa partie supérieure et l’armeur « c » qui est une entaille concentrique pratiquée à la partie supérieure du logement de l’axe « B » commun au chien « A » et au levier « E ».

L’axe « B » est mobile, il porte une saillie de la forme d’une clavette qui agit contre la face latérale de gauche de l’armeur « c » ; cette clavette est aussi engagée dans un logement ménagé à la partie supérieure du trou du levier « E » ce qui a pour effet de rendre le levier et l’axe solidaires, de sorte que, lorsqu’on agit sur l’extrémité du levier, la saillie ou clavette de l’axe unique, entraîne le chien à l’arme.

La vide laissé entre les faces latérales de droite de la clavette et de l’entaille concentrique du chien, est nécessaire pour la course du chien au départ.

La nouvelle forme de la détente « e » a permis de disposer le ressort « C » du chien de façon à le loger sous la contre-platine, en conséquence le bois placé à l’avant de la pièce de culasse devient très facile à faire, n’ayant plus les encastrements nécessités par le ressort du chien quand il est placé à l’avant de la pièce de culasse comme le montrent les planches 1 et 2.

Le verrou est placé comme celui de la planche 1 mais il peut être aussi disposé comme celui de la planche 2.

Le ressort « j » du levier « E » est à une seule branches, mais on peut aussi le faire à deux branches comme ceux indiqués aux planches précédentes.

Le levier « E » a les mêmes fonctions que celles des autres leviers déjà décrits.

4

La planche 4 a pour but de montrer une nouvelle disposition de l’armeur « c » qui fait corps avec le verrou « F » placé en haut de la platine comme à la planche 2 .

Ce verrou armeur actionne le chien par sa crête.

Le reste des organes de la platine ne diffère en rien des platines figurées aux planches 1 et 2.

5

La platine de la planche 5 a pour but de faire voir la disposition toute nouvelle du ressort « c », le chien agit sur l’extrémité de chaque branche du ressort par l’intermédiaire des deux chaînettes « D ».

Le levier « E » tourne autour d’un axe qui lui est propre, mais on peut aussi appliquer à cette platine, le levier « E » avec toutes ses fonctions, figuré sur les planches 1 et 2 ou celui figuré à la planche 3.

Le ressort est également masqué par la contre-platine comme à celui de la planche 3 et par suite présente les mêmes avantages déjà cités.

6

La planche 6 a uniquement pour but de faire voir une autre nouvelle disposition du chien « A » qui est placé en dehors de la contre-platine et ne porte pas la noix « b » , ni le percuteur « a » qui est rivé à un petit ressort plat lequel est fixé à la pièce de culasse par une vis à tête fraisée.

7

La planche 7 représente une platine pour un fusil à broche.

Le chien « A » est placé en dehors de la contre-platine, la noix « b » porte un axe terminé par cinq pans qui reçoit le chien .

Le ressort « C » est à deux branches, il est relié à la noix « b » par une chaînette « d ».

La détente « D » porte la gâchette « e » et est ramenée par le ressort « f » .

Le levier « E » a seulement pour fonction d’ouvrier la culasse par sa tête « g », engagée dans la mortaise du verrou « F » et de faire basculer les canons par le butoir « h » qui vient heurter le crochet fixé aux canons, le levier « E » se meut autour d’un axe qui lui est propre.

8

La planche 8 représente une platine d’une combinaison entièrement nouvelle et d’une extrême simplicité ; elle exclue le pontet, la sous-garde, les contre-platine et les ressorts de détente.

Elle offre aussi l’avantage de recevoir une crosse très simple et économique.

Le chien « A », le ressort « C » et la gâchette « e » sont placé dans une mortaise pratiquée dans la pièce de culasse.

Les détentes « D » sont logées dans une ouverture à jour formant pontet, pratiquée dans la partie centrale de la pièce de culasse.

Le levier « E » forme verrou en « F », il est maintenu à la pièce de culasse par une goupille « m », vissée dans cette dernière.

La partie cylindrique de ce levier « E » engagée dans la pièce de culasse porte une gorge circulaire qui embrasse la moitié de la circonférence de la partie non taraudée de la goupille « m ».

Pour ouvrir le canon, on fait décrire au levier un arc de cercle ayant 90° , après le mouvement, la partie « n » ( figure 9 ) enlevée, laisse passer le crochet fixé au canon.

On remarque que la branche inférieure du ressort « C » sert de ressort de détente.

Paris , le 25 janvier 1879

E. Lefaucheux

_________________________

Brevet d’invention no 131616 du 25 janvier 1879 d’Eugène Gabriel Lefaucheux,

Premier Certificat d’addition du 17 mars 1879.

En France : 1er Certificat d’addition du 17 mars 1879, déposé par le Sieur Maurice à Paris

En Belgique : Brevet de Perfectionnement no 47702 du 20 mars 1879, déposé par le Sieur Gustave Bronne à Liège.

Mémoire descriptif déposé à l’appui de la demande d’un Certificat d’Addition de quinze ans du 25 janvier 1879, pour des perfectionnements apportés aux armes à feu, par Eugène Gabriel Lefaucheux, fabricant d’armes , 32 rue Notre Dame des Victoires à Paris.

Par cette présente demande , je revendique les inventions, les applications et les réunions de diverses pièces d’armes qui sont décrites ci-dessous.

Exposé :

9

La planche 9 représente une platine dans le genre de celle représentée par la planche 8 du brevet principal, mais elle est disposée pour être adaptée à un fusil à percussion centrale.

Tout le mécanisme est placé dans des mortaises pratiquées dans la poignée de la culasse et en dessous de sorte que les pièces sont à l’abris de la pluie.

Je fais remarquer que dans le fusil décrit planche 8 , de mon brevet principal les mortaises sont faites en dessus de la poignée de la pièce de culasse, mais que je puis également les faire en dessous.

Le chien « A » forme le percuteur « a », la noix « b » dont les crans sont pratiqués à la partie supérieure et l’armeur « c » qui est une entaille concentrique pratiquée à la partie supérieure du logement de l’axe « B » commun au chien « A » et au levier « E ».

Cette disposition est déjà indiquée par la planche 3 de mon brevet principal.

La détente « D » actionne la gâchette « e » qui a un pivot spécial, le ressort « f » de la détente est à deux branches.

Le ressort « C » du chien est à une seule branche, il est placé sous le chien de la figure 1.

La figure 2 fait voir une deuxième disposition de la détente « D », de la gâchette « e » et de son ressort « f » .

Cette figure fait voir aussi qu’on peut placer le grande ressort « C » du chien d’une autre manière que celle indiquée à la figure 1, ainsi que le ressort « y », qui ramène le levier « E » , ce ressort actionne le levier par une chaînette, il est placé sous la partie avant de la pièce de culasse et masque les encastrements nécessités par le crochet du canon.

La figure 3 représente le chien noix avec une coulisse circulaire « S » qui est aussi longue que la chasse du chien.

En regard de cette coulisse circulaire, il existe sur la pièce de bascule une réserve métallique qui a pour but de masquer le vide qui existe entre la bascule et le chien lorsqu’il est armé.

10

La planche 10 représente une platine pour un fusil à percussion centrale.

Cette platine diffère de la précédente :

1° En ce que la détente et la gâchette ne forment qu’une pièce.

2° Par la contre-platine « M » qui permet de démasquer les organes principaux du mécanisme de la platine, contre-platine qui, comme celle décrite à la planche première de mon brevet principal, n’a pas besoin d’être séparée de l’arme pour mettre les organes qui composent la platine à découvert, avantage que je n’ai rencontré jusqu’alors que dans les armes revolvers.

3° Par l’ergot armeur « c » qui fait partie du chien .

4° Par le ressort « C » du chien et par le chien « A ».

le ressort « j » du levier est disposé comme celui de la figure 2 de la planche 9 .

La figure 2 représente la pièce de culasse faite en deux pièces, ce qui offre une plus grande facilité de construction.

11

La planche 11 représente deux platines différentes pour un fusil à percussion centrale.

La figure 1 fait voir une nouvelle disposition de la noix « b » qui est attachée au chien par la goupille « r » ; la coulisse « s » de la noix reçoit un guide « t » qui est fixé dans la pièce de culasse ; cette disposition permet de placer le ressort du chien sous ce dernier, afin de pouvoir diminuer les dimensions de la contre-platine « M ».

La détente et la gâchette sont analogues à celles données par la figure 2 de la planche 9.

La sous-garde formant pontet est fixée à la queue de culasse par une vis « V » traversant une entretoise contre laquelle vient s ‘appuyer l’avant de la crosse ; cette entretoise s’appuie contre deux épaulements ; l’un fait partie de la queue de culasse et l’autre de la sous-garde.

La crosse est maintenue en place par une tige traversant le bois longitudinalement, la partie antérieure taraudé de la tige se visse dans le mamelon de l’entretoise, la partie postérieure de la tige est terminée par un écrou qui contribue aussi à fixer la plaque de couche.

La figure 2 fait voir que la noix peut faire partie du chien et que le ressort de ce dernier peut être placé d’une autre façon, tout en conservant le principe de la détente et de la gâchette.

12

La planche 12 représente une platine pour un fusil à percussion centrale.

Le mécanisme de cette platine très simple est recouvert par une petite contre-platine qui pivote autour de l’axe de rotation des canons, le chien est presque complètement à découvert.

La figure 2 représente une deuxième disposition du ressort du chien.

13

La planche 13 représente une platine pour un fusil à broche à armement automatique des chiens, ce qui n’a jamais été fait jusqu’alors ; aussi, j’insiste sur cette application de l’armement automatique à un fusil dont la percussion est faite verticalement.

Sur l’axe du levier « E » est placé la manivelle « F » , cette manivelle porte un ergot « c » qui est poussé par le levier « E », quand on agit sur ce dernier pour faire basculer le canon à la partie supérieure de la manivelle est attachée la bielle « G » qui pousse le chien « A » à l’armé.

Les autres organes de la platine ont déjà été décrits dans les planches qui précèdent.

On remarque la contre-platine « M » qui se meut autour de l’axe de rotation des canons et qui permet de voir tout le mécanisme de la platine, sans qu’elle ait été séparée de l’arme.

Cet avantage d’avoir une contre-platine qui reste adhérente à l’arme, existe pour toutes les contre-platine que j’ai mentionnées, tant dans mon brevet principal que dans la partie qui précède de la présente demande.

L’organe pour armer les chiens s’applique également aux platines disposées pour les fusils à percussion centrale.

La figure 2 représente une sous-garde faisant corps avec le pontet et d’une entretoise contre laquelle vient s’appuyer la partie antérieure de la crosse et la partie postérieure de la contre-platine ; cette disposition offre une plus grande facilité de construction.

14

La planche 14 représente une platine pour un fusil à broche.

Cette platine possède un verrou d’une combinaison toute nouvelle ; ce verrou « G » se meut autour d’un axe « h » ; il est maintenu à sa position de fermeture par le ressort « j » qui est fixé par une vis à la pièce de culasse ; le ressort est relié au verrou par une chaînette.

Quand on veut ouvrir la culasse, on appuie avec le pouce sur la partie concave de la queue postérieure « K » du verrou ; la pression appliquée sur cette partie du verrou le fait pivoter autour de son axe en le renversant en arrière et en dégageant la partie « l », formant verrou, de son logement pratiqué dans l’entre-axe des canons ; aussitôt que la pression cesse, le ressort « j » ramène le verrou à sa position de fermeture.

Le tenon « P » fixé aux canons s’ajuste dans une mortaise pratiquée dans l’axe de la pièce de culasse, ce qui donne une grande solidité au moment du tir.

On voit aussi que le pontet est fixé à la pièce de culasse par la vis « V » qui fixe l’entretoise « R » placée entre les queues de culasse de la partie postérieure de la contre-platine.

Cette entretoise a pour objet d’arrêter la partie antérieure de la crosse et de recevoir le bout taraudé de la tige longitudinale déjà décrite à la planche 11.

Le reste de la platine est très simple, il se compose du chien « A », de la gâchette-détente « D » et du ressort à deux branches dont la branche inférieure sert de ressort de gâchette.

Ce nouveau verrou peut s’appliquer à n’importe quel fusil.

15

La planche 15 représente un fusil à broche avec une nouvelle disposition de la platine et un nouveau système de fermeture analogue à celui décrit dans la planche 14, cette platine diffère de celle décrite dans la planche 14 que, par la disposition du grand ressort et par l’application de la bielle armant les chiens par l’intermédiaire de la manivelle placée sur l’axe du levier « E » ; cette manivelle porte à sa partie inférieure un ergot qui est poussé par le levier, quand on agit sur son extrémité pour armer les chiens, comme à la planche 13.

Le verrou de fermeture est placé sur l’axe du levier « E » et porte aussi un ergot ; la position de cet ergot est réglée de façon que quand les chiens sont presque arrivés à l’armé ; le levier vient seulement pousser cet ergot et par suite, les canons ne peuvent basculer quand les chiens sont armés.

Si le levier « E » n’est pas employé comme verrou et ne forme pas avec ce dernier une pièce unique, c’est que cette planche représente l’armement des chiens fait par l’intermédiaire de la bielle « G », décrite aussi planche 13 ; mais je me réserve la propriété de faire une seule pièce de ces deux organes qui réunis, remplirons trois fonctions.

En effet, cette pièce unique formera levier-verrou et armeur.

Pour atteindre ce résultat, le moyen est très simple, il suffit de rapporter ou de réserver sur chaque chien, une saillie du côté du centre de la poignée de la crosse, saillie que le levier rencontre dans sa course et qui détermine l’armement automatique des chiens.

Pour bien faire comprendre ce résultat important, je dis que la saillie sur les chiens dont je viens de parler, remplit le même but que l’ergot figure aux planche 10, 11 etc.

Cette réunion du levier « E » et du verrou « G » ( planche 14 et 15 ) en une seule pièce, permet d’armer directement et automatiquement les chiens (sans aucun intermédiaire) ce qui n’a jamais été fait.

Cette combinaison et ces différents organes s’appliquent aux fusils à percussion centrale avec tout autant d’avantages.

16

La planche 16 représente une platine pour un fusil à percussion centrale.

Les organes composant cette platine, sont déjà représentés par la planche 10.

Cette figure a donc uniquement pour but de faire voir son nouveau mode de fermeture, le verrou « F » placé à la partie supérieure de l’arme se meut dans une rainure à queue d’aronde pratiquée dans la pièce de culasse.

Pour ouvrir la culasse, o, fait une pression en arrière sur la queue « f » du verrou, pour vaincre l’effort du ressort « h », lequel ramène le verrou à sa position de fermeture aussitôt que la pression en arrière cesse.

Cette planche fait encore voir d’une façon claire, la disposition des deux pièces composant la pièce de culasse, cette disposition offre de grandes facilités de construction.

En résumé, cette planche fait voir un fusil à percussion centrale, dont toutes les combinaisons sont nouvelles.

Paris, le 17 mars 1879

E. Lefaucheux

_________________________

Brevet d’invention no 131616 du 25 janvier 1879 d’Eugène Gabriel Lefaucheux,

Second Certificat d’addition du 4 Avril 1879.

En France : 2e Certificat d’addition du 4 Avril 1879, déposé par le Sieur Maurice à Paris

En Belgique : Brevet de Perfectionnement no 47846 du 4 Avril 1879, déposé par le Sieur Gustave Bronne à Liège.

Mémoire descriptif déposé à l’appui de la demande d’un 2ème Certificat d’Addition de quinze ans du 25 janvier 1879, pour des perfectionnements apportés aux armes à feu, par Eugène Gabriel Lefaucheux, fabricant d’armes , 32 rue Notre Dame des Victoires à Paris.

La présente demande consiste dans un nouveau mode de fermeture des fusils se chargeant par la culasse, soit à percussion centrale ou autres.

Exposé :

17

La planche 17 qui est joint à ma demande représente un fusil à percussion centrale dont la platine est déjà représentée aux planches 10 et 16 de mon premier certificat d’addition.

Comme à la planche 2 de mon brevet principal le verrou est placé à la partie supérieure de la culasse et agit sur la plate-bande des canons ; comme à la planche4, il agit sur la crête des chiens pour les armer, mais il en diffère en ce qu’il fonctionne sans l’intermédiaire d’aucun levier, ni d’aucune pièce.

En effet, mon nouveau verrou « G » forme à sa partie arrière un T recourbé « J » qui arme les chiens par les deux ailerons « H » qui sont sur sa partie avant.

Le ressort « k » qui ramène le verrou à sa position de fermeture, peut être à deux branches.

Paris le 4 Avril 1879

E. Lefaucheux

_________________________

Brevet d’invention no 131616 du 25 janvier 1879 d’Eugène Gabriel Lefaucheux,

Troisième Certificat d’addition du 24 Avril 1880.

En France : 3e Certificat d’addition du 24 Avril 1880, déposé par le Sieur Maurice à Paris

En Belgique : Brevet de Perfectionnement no 51272 du 26 Avril 1880, déposé par le Sieur Gustave Bronne à Liège.

Mémoire descriptif à l’appui d’une demande de Certificat d’Addition au brevet principal pris par Mr Lefaucheux, Eugène Gabriel, le 25 janvier mil huit cent soixante dix neuf, pour l’application et la réunion des diverses pièces relatives aux armes à feu sous le n° 131616.

Description :

18

La planche 18 représente un fusil à percussion centrale dans lequel la contre-platine est ouverte pour laisser voir les pièces de la batterie spécialement revendiquées.

Ces pièces sont au nombre de trois :

1° un chien « a »

2° une détente « b »

3° un verrou « c »

pour armer et ouvrir le fusil, on fait mouvoir de haut en bas la queue du levier « C » jusqu’à ce que l’arrêtoir « d » rencontre le plan inférieure de la pièce de culasse.

Ensuite, on lâche cette queue et le levier est ramené à sa position primitive par le ressort « e ».

Pendant ce mouvement d’abaissement de la queue du levier « C », ce levier a pivoté autour de son axe « f » en entraînant la bielle « g » qui, elle-même , a fait pivoter le chien « a » autour de son axe « h », ce qui a permis à la gâchette « b » de se loger dans le 2e cran du dit chien ; sous l’action du ressort de la gâchette « J » fixé à la contre-platine « K ».

Le chien lui-même en pivotant autour de son axe « h », a bandé le grand ressort, par l’intermédiaire de la chaînette « m » .

Par la rotation du verrou, sa partie supérieure s »est dégagée du crochet « o » fixé aux canons, pendant que sa partie antérieure est venu buter contre la partie inférieure du dit crochet « o » , faisant ainsi pivoter les canons autour de leur axe « q ».

La percussion se fait par la face antérieure du chien contre le percuteur « r » , lequel est ramené en arrière, quand on arme « f » par un ressort « s » , fixé à la pièce de culasse.

Pour démasquer la batterie, on dévisse la vis « t » de quelques tours seulement, jusqu’à ce que la tête de la vis soit sortie de l’entaille « u » pratiquée dans la contre-platine.

Ceci fait, ou peut faire pivoter cette dernière autour de l’axe « f » qui est commun au levier « C » et aux deux contre-platines.

La coupe suivante « AB » figure 2 , planche 18 fait voir comment la petite pièce de bois est fixée sur la pièce de culasse.

19

La planche 19 représente un fusil à broche disposé comme le fusil à percussion centrale de la planche 18.

Pour démonter la batterie ou charger le chien, on s »y prend de la manière suivante :

On bande le grand ressort en armant le chien, le ressort étant ainsi bandé, sa branche inférieure se trouve au dessus du trou « V », on introduit dans ce trou, une pointe, un clou ou une goupille, après quoi, on désarme le chien.

La branche inférieure du grand ressort immobilisée par une goupille permet de décrocher la chaînette, d’enlever le chien et de démonter toute la batterie.

La batterie remontée, on arme de nouveau le chien et on retire la goupille.

Ces deux fusils, planche 18 et 19 peuvent être disposés avec des chiens extérieurs et des contre-platines volantes.

Dans le cas de chiens extérieurs, il est nécessaire d’employer une noix intérieure, comme dans les fusils ordinaires.

20

Enfin les fusils précédents peuvent être disposés avec le pontet extérieur et contre-platine à charnière comme dans la planche 20.

Paris, le 24 avril 1880

E. Lefaucheux.

© et ® Lefaucheux juin 2016

 

Brevet no 127249 du 2 Novembre 1878

Brevet d’invention no 127249 d’Eugène Gabriel Lefaucheux le 2 Novembre 1878

Brevet no 127249 déposé par le Sieur Maurice le 2 Novembre 1878 à Paris

Mémoire descriptif déposé à l’appui d’une demande de Brevet d’Invention de quinze ans pour un nouveau système de batterie de fusil par Eugène Gabriel Lefaucheux, fabricant d’armes, demeurant à Paris, rue Notre Dame des Victoires no 32.

1

Description :

Cette nouvelle batterie se compose de deux pièces principale :

La première « A » formée du chien, de la noix et du grand ressort.

La seconde « B » comprenant la gâchette et la détente.

La pièce « A » est montée au moyen d’une vis sur une borne plate « C » cylindrique ou à peu près.

La pièce « B » est munie d’un petit ressort « D » qui la fait revenir en arrière lorsque l’on cesse d’appuyer sur la détente ; de façon à ce que, si on arme le chien, il soit pris et retenu par la gâchette.

Cette batterie, telle qu’elle est dessinée, est disposée pour un fusil à percussion centrale mais elle convient également aux fusils à piston et aux divers fusils à broche.

En effet, pour les fusils à broche, il suffit d’un déplacement de la pièce du centre « C » , d’un changement dans la longueur du ressort et d’une forme appropriée du chien pour que ce dernier vienne frapper perpendiculairement à la génératrice du canon.

Je me réserve l’ensemble et les détails de cette batterie, la disposition relative des pièces qui la composent, ainsi que ses applications même en dehors des armes à feu.

Paris, le 2 Novembre 1878

E. Lefaucheux 

© et ® Lefaucheux juin 2016

Brevet no 124885 du 3 juin 1878

Brevet d’Invention, no 124885 déposé par Eugène Gabriel Lefaucheux le 3 juin 1878:

Brevet no 124885 du 3 juin 1878 déposé le Sieur Gros à Paris

Mémoire descriptif déposé à l’appui de la demande d’un Brevet d’Invention de quinze ans, par Eugène Gabriel Lefaucheux fabricant d’arme, 32 rue Notre Dame des Victoires à Paris pour un nouveau genre de cartouches.

Description :

Les recherches et les essais que j’ai faits m’ont amené à créer aujourd’hui une nouvelle cartouche qui diffère essentiellement de toutes celles qui ont été faites antérieurement.

En effet, jusqu’alors l’étui qui contient la charge de plomb est placé vers la poudre du côté par lequel le plomb à été introduit, moi je fais tout le contraire, c’est son côté fermé que je place vers la poudre, comme l’indique les figures 1 et 2.

Dans la figure 2 on remarque que l’étui en bois fait obturateur ce qui supprime le culot en cuivre qui est placé sur la poudre dans la figure 1.

Cette forme à pour résultat industriel de permettre de construire une cartouche de qualité supérieure en exceptant la poudre et le plomb, avec trois objets seulement, qui sont :

L’étui en cuivre qui reçoit la poudre.

L’étui en bois qui reçoit le plomb.

Une bourre, destinée à maintenir le plomb dans l’étui.

L’étui porte-plomb placé comme l’indique les dessins donne une portée bien supérieure aux plombs qu’il contient, surtout si sa longueur totale est le double de celle de la colonne de plomb qu’il porte.

Ce qui explique cette supériorité, c’est que dans les cartouches qui ont été faites jusqu’à présent, les gaz de la poudre venaient pendant le parcours des plombs dans le canon se mêler à eux et les divisaient, malgré les culots, bourres en cuivre et les bourres en carton que l’on employait , ( cela ne peut avoir lieu avec mon étui, placé comme je l’indique) puis le frottement de l’étui sur les parois du canon fait obstacle aux gaz de la poudre ce qui à pour conséquence de permettre à cette dernière de s’enflammer complètement, ce qui fait qu’avec des charges minimes de poudre on obtient de très beaux résultats comme pénétration du plomb.

S’il y a d’autres raisons pour expliquer cette supériorité de portée, je prie les savants de me les apprendre.

Le peu de longueur qu’ici l’étui en cuivre qui reçoit la poudre rend sa durée presque indéfinie, ce qui rend pratique son rachat au chasseur avec une différence de 1 franc 50 centimes environ par % (cent)  .

Ce franc 50 centimes représente la valeur du réamorçage et du nettoyage. (Les étuis ou cartouches vides en papier de bonne qualité ce vendent actuellement aux chasseurs sept francs le % ( cent).

Paris le 3 juin 1878

E. Lefaucheux

© et ® Lefaucheux juin 2016

Brevet d’Invention, no 120752 du 16 octobre 1877

Brevet d’Invention no 120752 déposé par Eugène Gabriel Lefaucheux le 16 octobre 1877 :

En France : Brevet d’Invention, no 120752 du 16 octobre 1877

En Belgique : Brevet d’Invention, no 43386 dépose le 23 octobre 1877 par le Sieur Gustave Bronne à Liège.

Mémoire Descriptif déposé à l’appui de la demande d’un Brevet d’Invention de quinze ans par Eugène Gabriel Lefaucheux, fabricant d’armes, 32 rue Notre Dame des Victoires à Paris pour un nouveau genre de cartouches.

1

Description :

Le système de cartouche que je revendique est tout différent de ce que l’on à fait jusqu’à présent.

En effet, jusqu’à ce jour la cartouche se compose d’un cylindre unique et régulier, un papier faisant corps avec le culot en cuivre par l’intermédiaire d’un carton fortement comprimé, voir figure 4 .

Ce cylindre est assez long pour recevoir par son orifice : 1ère la charge de poudre et 2ème celle de plomb : ces deux charges introduites on le ferme à son extrémité en repliant sur lui-même le papier à l’aide d’un instrument que l’on désigne sous le nom de sertisseur.

La cartouche que je crée aujourd’hui diffère essentiellement de celle en usage en ce que le cylindre de papier adhérent au culot est complètement supprimé et qu’il est remplacé par un cylindre indépendant dont une seule extrémité est ouverte pour recevoir : 1ère la charge de plomb, 2ème celle de poudre et que pour terminer et fermer la cartouche s’applique par cette extrémité ouverte sur le culot muni de la capsule, dont il était indépendant avant le chargement, figure 1.

Il est bien entendu que ce cylindre peut être fait en une matière quelconque, bois, liège, métal, verre ( trempé ou non) etc. ou comme par le passé avec du carton.

Ce nouveau système de fabriquer la cartouche a l’avantage sur les autres d’en rendre le chargement facile à toutes personnes et de supprimer diverses bourres qui étaient nécessaires pour la terminer, il augmente la portée du fusil d’une manière notable, s’il est construit avec un matière résistante, s’il est en verre, il laisse voir la charge.

Il s’applique aussi très industriellement sur un sur un culot ou base de cartouche en cuivre ou en acier etc. ; destiné à être réamorcé et à servir indéfiniment.

Les avantages que je viens d’énumérer trouverons également leur application avec un culot porteur de la charge de poudre, ce culot peut ne différer de celui de la figure 1 que par la longueur, voir le culot de la figure 3 .

Mais on peut également en employer un, formé du culot tel qu’on le fait aujourd’hui avec son renfort en carton et sa partie cylindrique en clinquant embouti au diamètre extérieur du culot et qui par sa réunion avec le cylindre constitue une cartouche nouvelle et très économique par suite de la suppression absolue du cylindre en papier, figure 2 .

S’il convient même de conserver la cartouche comme on la fabrique actuellement avec du papier, mon invention n’en n’est pas moins capitale car si le cylindre, diminué de longueur, est placé sur la charge de plomb qu’il enveloppe en partie ou en totalité dans sa longueur, il a encore pour résultat industriel celui de supprimer le sertissage et celui d’augmenter la portée de l’arme par la raison qu’il cesse de contenir la charge de plomb pendant tout le parcours qu’elle fait dans le canon.

Il à aussi l’avantage de faciliter la fabrication des cartouches actuelles attendu que mon système qui dans ce cas devient fermeture permet de réduire la longueur du cylindre en papier ce qui diminue son prix de revient et aussi celui des outils qui servent à sa confection.

Mon invention employée pour contenir le plomb seulement , permet de fabriquer des fusils dont les chambres du canon sont d’un calibre plus fort à l’endroit où se trouve la poudre qu’à celui où se trouve le plomb.

Cet avantage est grande par ce qu’il permet de faire des canons forts dans les parties qui ont besoin de l’être et légers dans les autres.

Avec la cartouche en usage aujourd’hui, cela ne peut avoir lieu, puisque le cylindre qui la compose est d’un diamètre uniforme ( figure 4).

L’objet de mon invention que je désigne sous le nom de « Porte-charges » mis préalablement dans une matrice de la forme exacte des chambres du canon, peut être chargé de plomb et de poudre, sans que l’on ait à redouter qu’il se déforme (même s’il est en carton) , ce qui donne la certitude qu’il ne sera éprouvé aucune difficulté pour son introduction dans les canons du fusil.

Pour terminer, j’appelle l’attention sur un avantage pratique qui résulte de la construction même de ma nouvelle cartouche, la partie qui reste dans le canon après le coup tiré ayant une longueur moindre que la douille ordinaire qui, elle reste entière, on comprend que l’extraction en sera beaucoup plus facile parce que s’il y avait adhérence, elle aurait bien sur une surface moins grande.

La figure 1 représente ma nouvelle cartouche composée d’un culot et d’un porte-charges en bois contenant poudre et plomb.

La figure 2 représente la cartouche formée du culot et d’une feuille de clinquant réunis par un carton.

Cette douille contient la charge de poudre et reçoit le porte-charge en bois qui contient le plomb.

On remarque l’emploi d’un culot obturateur de forme nouvelle qui, appliqué sur la poudre, empêche toute déperdition de gaz.

La figure 3 représente une cartouche composée d’un culot en cuivre embouti assez élevé pour contenir la charge de poudre et d’un porte-charge d’un diamètre moindre que celui du culot.

La réunion du porte charge et du culot a lieu au moyen d’un culot obturateur en carton de forme nouvelle.

La figure 4 représente la cartouche ordinaire.

Paris, le 16 octobre 1877

E. Lefaucheux

© et ® Lefaucheux juin 2016

Brevet 117350 le 5 Mars 1877

Brevet déposé au nom d’Eugène Gabriel Lefaucheux, fabricant d’armes, rue Notre Dame des Victoires 32 à Paris ;

En France : Brevet 117350 le 5 Mars 1877 par le Sieur Colombel à Paris.

En Belgique : Brevet 41621 le 2 Mars 1877 par le Sieur Gustave Bronne à Liège.

Mémoire descriptif déposé à l’appui de la présente demande d’un Brevet d’Invention de quinze ans pour l’application et la réunion de diverses pièces aux Armes à feu par Monsieur Lefaucheux Eugène Gabriel, fabricant d’armes, 32 rue Notre Dame des Victoires à Paris.

ak

Exposé :

Les inventions et les perfectionnements qui font l’objet de ma demande consistent dans les idées, applications et réunions suivantes :

1° Emploi d’un chien formant noix.

2° Emploi pour le départ d’une pièce en forme de mouvement de sonnette, qui agit sur l’extrémité de la gâchette, et qui sert d’intermédiaire entre la détente et la gâchette, ce qui rend le départ très doux.

3° Emploi d’un ressort à deux branches placé sur la potence de la pièce de pontet ou sous-garde, qui agit sur la volute-levier et qui fait fonctionner le verrou-armeur, en l’engageant dans le crochet du canon.

4° Simplification de la forme du verrou-armeur, qui agit directement sur la partie antérieure de la noix-chien et qui porte un tenon en queue « d’hironde » , qui glisse dans une rainure ménagé dans la culasse pour assurer un mouvement rectiligne sans aucun ballottement possible.

5° Emploi d’un ressort de gâchette placé sur l’avant de la bascule.

Ces inventions et ces dispositions ont de réels résultats industriels en ce qu’elles donnent de très grands avantages qui consistent :

1° Dans le prix de revient.

2° En ce que le mouvement du chien-noix est parfaitement rectiligne et supprime tout frottement nuisible à la bonne marche du percuteur, qui est guidé non seulement par son passage dans la bague-bouchon et par son renflement à l’avant, mais aussi par le talon qui est à l’avant de la noix, lequel glisse dans le fond de la rainure où est logé la noix-chien.

3° On voit que, par les dispositions nouvelles de la gâchette et de la noix (inverses de celles employées dans mes précédents brevets) les efforts des ressorts qui déterminent la percussion agissant dans le sens où les crans de noix sont renforcées, ce qui ôte toute appréhension de bris des dits crans de noix.

al

Dessins :

La figure 1 représente l’ensemble du fusil modifié avec toutes les pièces dans leurs fonctionnement .

On remarque :

  • « P » le percuteur
  • « B » la bague-bouchon
  • « N » la noix-chien
  • « Tt » talon de la noix
  • « r » ressort de gâchette
  • « G » gâchette
  • « M » pièce de mouvement de sonnette agissant sur l’ergot de la gâchette.
  • « e » ergot de la gâchette
  • « V » verrou-armeur
  • « h » tenon en queue d’aronde
  • « R » ressort de fermeture.

 

La figure 2 représente en plan vues de face et de profil le verrou-armeur.

La figure 3 représente le chien-noix réuni au percuteur.

La figure 4 représente la pièce en forme de mouvement de sonnette.

Les figures 5 et 6 représentent en plan et vue de profil la gâchette.

La figure 7 représente le ressort de gâchette.

La figure 8 représente le ressort de fermeture.

Paris le 5 mars 1877

E. Lefaucheux

Le LF 111 un fusil issu du brevet de 1877 – 1

 

Un fusil d’Eugène Lefaucheux issu du brevet 117350 du 5 mars 1877.

Le LF 185, fusil de chasse issu du brevet de 1877.

Le LF 182, un fusil issu de brevet de 1877

© et ® Lefaucheux juin 2016

Brevet d’Invention, no 112695 du 4 mai 1876

Brevet déposé au nom de Eugène Gabriel Lefaucheux :

En France : Brevet d’Invention, no 112695 du 4 mai 1876 déposé par le Sieur Colombel à Paris

En Belgique : Brevet de Perfectionnement, no 38690 1876 déposé par le Sieur Gustave Bronne à Liège.

Mémoire descriptif déposé à l’appui de la demande d’un Brevet d’invention de quinze ans pour l’application et la réunion de diverses pièces aux armes à feu par Mr Lefaucheux Eugène Gabriel , fabricant d’armes , rue de Lafayette, 194 à Paris

Exposé :

Les inventions et les perfectionnements qui font l’objet de ma demande consistent dans les idées, applications et réunions suivantes :

1

Planche 1 :

1° Se servir du verrou qui fait fermeture de la bascule, comme levier pour armer ou mettre seulement au cran de sûreté, d’une manière automatique et sans mouvement spécial, les chiens percuteurs.

2° Limiter la basculage du canon au moyen d’une simple goupille qui traverse d’une part la culasse et de l’autre une entaille du devant de bascule, résultat industriel considérable en raison de sa simplicité et de son prix de revient et d’autant plus important qu’il s’applique à tous les fusils à bascule.

3° Fixer par son extrémité le devant de bascule au canon, au moyen d’un verrou fonctionnant par une ressort à boudin.

4° Se servir du levier formant clef de bascule pour faire fonctionner une pièce qui arme les percuteurs en ouvrant le fusil et aussi s’en servir pour assurer la mise en place rigoureuse du verrou armeur, en le poussant par l’arrière, au moyen d’un ergot levier.

2

Planche 3 :

La culasse porte le percuteur et les autres organes nécessaires à son fonctionnement, elle est mobile au moyen d’un ressort agissant sur la charnière de la culasse.

Le pontet formant levier à pour fonctions :

1° d’armer directement le percuteur.

2° de dégager le verrou qui fait fermeture.

3° de faire fonctionner le tire-cartouches par l’intermédiaire du verrou.

La cartouche extraite d’une longueur suffisante tombe d’elle-même.

Les dessins annexés représentent d’une façon très nette le fonctionnement des divers organes qui viennent d’être décrits.

Le dispositif indiqué sur le dessin, pour un fusil à un coup, peut être appliqué à un fusil de chasse à deux coups en faisant agir le levier sur un verrou-armeur, comme dans le fusil ci-dessus décrit, ou en se servant d’un levier à fourche agissant sur les deux percuteurs, et en général, à toute arme se chargeant par la culasse.

Description :

Les dessins ci-joints représentent les divers organes décrits ci-dessus

Planche 1 :

Les figures 1 et 2 montrent dans deux vues distinctes le verrou-armeur.

Les figures 3 et 4 représentent dans deux vues distinctes, le verrou du devant de bascule.

La figure 5 montre le devant de bascule.

Les figures 6 et 7 représentent les charnières mâle et femelle, de la bascule.

La charnière femelle, (culasse Fig. 6), porte la goupille qui limite le basculage.

Dans la charnière mâle (devant de bascule Fig. 7), l’entaille qui existe représente la course du basculage du canon et forme arrêt par sa butée sur la goupille.

La figure 8 représente en plan la bascule-culasse du fusil.

La figure 9 représente l’ensemble du fusil avec ses divers organes : en « A », l’ensemble du fonctionnement du verrou-armeur (en « a », on voit la disposition du levier avec son ergot) .

En « B », l’ensemble du fonctionnement de la bascule et de son arrêt.

En « C », l’ensemble du devant de la bascule fixé aux canons.

N.B. Dans cette figure, les canons avec leurs tétons ont été indiqués en encre rouge.

Planche 3 :

La figure 1 représente l’ensemble du fusil avec le verrou, le levier-armeur, le tire-cartouche etc.

Dans cette disposition, le tire-cartouche ne recule que de quelques millimètres.

La figure 2 représente l’ensemble du fusil avec un pontet formant levier, mais différant du premier par l’adjonction d’une deuxième dent qui augmente la course du tire-cartouche et permet l’extraction complète de la cartouche.

Le fonctionnement a lieu de la manière suivante : la première dent « A » arme le percuteur et dégage le verrou ; la culasse bascule, puis le verrou continue sa course et entraîne le tire-cartouche ; enfin la première dent « A » abandonnant le verrou, à ce moment, la deuxième dent « B » vient le prendre en avant et le pousse, en entraînant le tire-cartouche suffisamment loin.

On voit par la disposition d’ensemble que le pontet-levier mis en mouvement fait fonctionner les divers organes et les amène à leur place, soit pour ouvrir, soit pour fermer.

Dans le cas ou le ressort qui fait basculer la culasse serait paralysé par l’adhérence, produite par le recul, de la cartouche sur le devant de la culasse, la deuxième dent aurait pour fonction de détruire cette adhérence en venant buter brusquement sous le crochet de la culasse et en la soulevant.

En abaissant la culasse, le verrou vient se loger dans le crochet quelle porte et le fusil est prêt à tirer.

La figure 3 représente une vue d’ensemble de la culasse ouverte, le tire-cartouche étant en arrière.

Les figures 4,5 et 6 représentent une forme de tire-cartouche qui permet à cet organe de n’obéir au mouvement du verrou qu’après le basculage.

                                               Paris le 4 mai 1876

E. Lefaucheux

Un fusil issu du brevet de 1876 – 2

Le LF 16 fusil Eugène Lefaucheux issu du brevet de 1876

© et ®Lefaucheux juin 2016

 

Brevet no 107275 du 13 mars 1875

En France :   Brevet no 107275 du 13 mars 1875 déposé par le Sieur Mouillet à Paris.

En Belgique : Brevet no 36583 du 12 mars 1875 par le Sieur Gustave Bronne à Liège.

Mémoire descriptif déposé à l’appui d’une demande d’un Brevet d’Invention de quinze ans pour l’application et la réunion de diverses pièces aux armes à feu, par Mr Lefaucheux Eugène Gabriel, fabricant d’armes rue de Lafayette 194 à Paris

Exposé :

La disposition des organes désignés par le dessin qui accompagne la présente demande, forme par son ensemble et la nouveauté de plusieurs d’entre eux un produit industriel nouveau très important.

Ces perfectionnements peuvent s’appliquer à tous les fusils quel que soit le genre de fermeture de la bascule-culasse.

2

Description :

Les Fig. 1 et 2 représentent un des chiens dont la forme facilite l’armé et laisse plus libre la poignée de la crosse.

Les Fig. 3 et 4 représentent un des percuteurs ayant dans la partie cylindrique de l’avant un évidement intérieur circulaire dans lequel le ressort vient se loger en partie.

Cette disposition qui permet de raccourcir le percuteur de la longueur de l’évidement, facilite l’armé et dégage la poignée de la crosse ; et a en outre l’avantage réel d’une très bon percussion, le ressort agissant à l’avant du percuteur.

La languette « A » formant noix que porte le percuteur assure son mouvement rectiligne par son engagement à frottement doux dans la rainure du cylindre ou il se meut.

1

Les Fig. 5 et 6 représentent un des bouchons-arrêt des ressorts, dont l’assemblage avec la bascule-culasse rend le montage et le démontage simples et faciles.

La Fig. 7 représente en élévation et coupe longitudinale la bascule-culasse et la réunion des différents organes.

La Fig. 8 représente en plan la bascule-culasse et les chiens.

La Fig. 9 représente une coupe transversale de la bascule-culasse par les bouchons-arrêt des ressorts.

3

Paris le 15 mars 1875

E . Lefaucheux

© et ® Lefaucheux juin 2016

Brevet no 093999 du 25 janvier 1872 et addition.

Brevet no 093999 du 25 janvier 1872

Mémoire descriptif déposé à l’appui de la demande d’un Brevet d’Invention de quinze ans pour des perfectionnements apportés aux armes à feu et spécialement aux fusils de chasse par Mr Lefaucheux Eugène Gabriel, fabricant d’armes, rue Lafayette 194 à Paris:

6

Exposé :

Ces perfectionnements que j’entends faire breveter consistent dans les points suivants :

1° Application de contre-platines « B » qui peuvent s’enlever à volonté en retirant simplement une ou deux vis et sans qu’il soit nécessaire de démonter aucune autre pièce de l’arme. Quand ces contre-platine « B » sont enlevées les parties les plus délicates des platines sont découvertes et mises à jour, de sorte qu’on peut les nettoyer et les entretenir sans aucune difficulté.

2° Disposition des pièces formant platine, lesquelles sont placées sur l’arrière de la bascule-culasse « A », arrière qui augmente la force de cette dernière.

3° Mode d’attache et de tension des grand ressorts « E » et des ressorts de détente « F » au moyen de vis.

De cette manière les pièces qui forment la platine peuvent être démontées et remises en place avec la plus grande facilité, à l’aide d’un simple tourne-vis, et sans qu’il soit nécessaire d’employer un monte-ressort.

4° Moyen nouveau de réunir la crosse au fusil. Ce moyen d’une grande simplicité laisse au bois « H » toute sa solidité.

5° Emploi dans les armes à feu du cristal ou autres corps transparents, ainsi la contre-platine, dont il est question plus haut peut être faite avec l’un ou l’autre de ces corps, afin de permettre de constater l’état et le fonctionnement des pièces qui constituent la platine.

Le cristal ou les autres corps transparents peuvent être employés à nu ou enchâssés dans un métal ou dans tout autre matière.

Tous les perfectionnements ci-dessus décrits peuvent s’appliquer aussi bien aux fusils à percussion centrale qu’aux autres fusils se chargeant par la culasse.

5

Le dessin joint au présent mémoire complète la description qui précède :

La Fig. 1                     Représente l’élévation indiquant la platine et l’attache du bois dans un fusil à percussion centrale d’après mon nouveau système.

La Fig. 2                     Représente en plan, la bascule-culasse dans un fusil à percussion centrale.

Les Fig. 3 et 4                        Représentent la contre-platine dans une fusil à percussion centrale.

La Fig. 1 bis               Représente en élévation la platine et l’attache du bois dans un fusil à broche, d’après mon nouveau système.

La Fig.2 bis                Représente en plan, la bascule-platine dans un fusil à broche.

Les Fig. 3 bis et 4 bis Représentent la contre-platine dans un fusil à broche.

4

Je me réserve, conformément à la loi du 8 juillet 1844, la propriété exclusive des différents perfectionnements consignés dans cette description et dans le dessin, soit isolément, soit réunis.

Pris dans leur ensemble, ils constituent une arme nouvelle et permettant de réaliser un progrès considérable.

En effet ces fusils peuvent être entièrement fabriqués mécaniquement et par suite, ils peuvent être livrés au public à des prix inconnus jusqu’à présent en raison de leur qualité.

C’est pourquoi je réclame pour mon invention la protection de la loi

Paris le 25 Janvier 1872

E. Lefaucheux

Brevet no 093999 du 25 janvier 1872 , addition du 5 avril 1872

Mémoire descriptif déposé à l’appui de la demande d’un Certificat d’addition au Brevet d’Invention de quinze ans du 25 Janvier 1872 pour des perfectionnements apportés aux armes à feu et spécialement aux fusils de chasse par Mr Lefaucheux Eugène Gabriel, fabricant d’armes rue Lafayette 194 à Paris.

Exposé :

Les perfectionnements que nous ajoutons à notre privilège exclusif du 25 janvier 1872 ont pour objet :

1

1° Application à l’arme percussion centrale de pistons ou chiens à mouvement rectiligne et direct, dont la poussée se fait sur chaque piston par un ressort à boudins.

2° Produire la fermeture des canons par un verrou placé à la partie supérieure, chassé dans son logement sur les canons par un ressort à boudins.

2

Le dessin ci-joint indique la position des pièces concernant la présente addition, et fait voir clairement que les perfectionnements dont il s’agit ici s’appliquent à la bascule-culasse « A »  avec contre-platine « B » de mon brevet précité, et aussi au moyen si simple de réunir la crosse en bois « H » au fusil.

Fig. 1              Représente en élévation longitudinale d’un fusil perfectionné d’après ce nouveau système.

Fig. 2                          Représente une coupe transversale « X Z » de ce nouveau système.

3

« Modèle issu du certificat d’addition du 5 avril 1872 »

« Collection Musée des Invalides – donation Lefaucheux »

                                               Paris le 5 Avril 1872

E. Lefaucheux .

© et ® Lefaucheux juin 2016

Brevet d’Invention: no 084764 du 13 mars 1869

En France :Brevet d’Invention, no 084764 du 13 mars 1869 déposé par le Sieur Samson à Paris.

En Belgique : Brevet d’Importation, no 25686 du 7 juin 1869 déposé par le Sieur Joseph Bronne à Liège.

Mémoire descriptif déposé à l’appui de la demande d’un Brevet d’Invention de quinze ans pour des perfectionnements apportés aux armes à feu portatives par Mr Lefaucheux Eugène Gabriel.

Exposé :

Jusqu’à présent, dans les fusils et carabines se chargeant par la culasse, les pièces essentielles de l’arme : la pièce de bascule, la culasse, les corps de platine, la pièce qui porte les détentes, sont isolées et distinctes les unes des autres ; il résulte de ce manque d’unité plusieurs inconvénients :

1° : le prix de fabrication est élevé ;

2° : l’inspection de l’arme et la réparation des accidents qui peuvent s’y produire sont rendues difficiles ;

3° : les pièces diverses entrant dans sa constitution ne sont pas interchangeables et ne peuvent être remplacées sans des frais considérables.

Frappé de ces défauts, j’ai depuis longtemps cherché à y porter remède et revendiqué dans un premier brevet, que j’ai pris le 5 décembre 1859, j’ai décrit la réunion sur une seule pièce en métal, formant la charpente complète de la crosse, des pièces mécaniques de l’arme (corps des platines, pièces portant les détentes, chiens, ressorts et vis diverses).

C’était un progrès incontestable, un pas fait vers la simplification des procédés de construction de l’arme, mais ce n’était point encore tout ce qui pouvait être désiré à ce point de vue.

Je suis parvenue à obtenir une amélioration nouvelle en donnant à la pièce « A » qui porte le nom de bascule dans les armes ayant la bascule Lefaucheux, une dimension, une forme et un rôle entièrement nouveaux.

Cette pièce, ainsi qu’on peut le voir par le dessin qui accompagne, tout en demeurant pièce de bascule, une de ses extrémités est prolongée de façon à pouvoir au besoin former la charpente complète de la crosse et elle est disposée de façon à servir à la fois de culusse, de corps de platine et de support aux chiens, détentes, vis et ressorts divers.

Cette substitution d’une pièce unique aux pièces isolées qui se rencontrent dans les armes ordinaires est applicable à tous les fusils et à toutes les carabines se chargeant par l’arrière et ayant un mode de fermeture différent de la bascule Lefaucheux.

Dans ces fusils et carabines, j’obtiens un résultat identique à celui que je viens de décrire par le prolongement de la pièce qui sert à réunir les canons à la culasse et je donne à cette pièce, la forme et le rôle que j’assigne à la pièce de bascule dans les armes se fermant au moyen de la bascule Lefaucheux.

En résumé, je revendique :

1° L’idée de la substitution d’une pièce unique servant de pièce de bascule, de culasse, de support au chiens, détente et ressort et vis diverses, et de corps de platine, aux pièces isolées qui jouent ces rôles divers dans les armes ordinaires se chargeant par l’arrière.

2° Les moyens de réalisation de cette idée tel qu’ils sont relatés au présent mémoire et aux dessins qui l’accompagnent.

3° Les résultats industriels nouveaux de cette idée, ces moyens procurent : diminution du prix de fabrication, augmentation de la solidité de l’arme, facilité plus grande pour examiner l’état de l’arme et réparer les accidents qu’elle aurait pu éprouver, possibilité de rendre interchangeable entre elles les pièces entrant dans la constitution de l’arme.

1

Description :

La Fig.1 : représente la platine de l’arme en élévation , vue de côté.

La Fig.2 : représente la platine de l’arme , coupe transversale.

La Fig.3 : représente la vue en plan de la pièce principale « A ».

Paris, le 13 mars 1869

E. Lefaucheux

Pour info : signature sur brevet Belge

Par procuration de E. Lefaucheux

J. Bronne

 © et ® Lefaucheux Juin 2016

Brevet d’invention : N° 82358 du 10 septembre 1868

Le « 70 de Marine »

Ce brevet mérite un intérêt particulier ; c’est le prototype du célèbre « 70 de Marine » et le dernier brevet d’Eugène sur les revolvers.

Brevet d’invention : N° 82358 du 10 septembre 1868

Mémoire descriptif déposé à l’appui de la demande d’un Brevet d’Invention de quinze ans, pour des perfectionnements apportés aux armes à feu, par Mr Lefaucheux ( Eugène Gabriel), Fabricant d’Armes à Paris.

Exposé :

Par cette présente demande de brevet, nous revendiquons :

  1. La priorité de l’application de toutes les pièces de la platine (chien, détente, mentonnet, chaînette, barrette, ressort divers) sur la même face d’une seule pièce de métal « A », formant corps de platine, ce qui facilite singulièrement la fabrication, diminue le prix de revient et permet d’établir, à un moindre prix que le prix actuel des armes dont les pièces de platines sont interchangeables. Cette application permet encore de se rendre compte par un seul coup d’œil de l’état des pièces de platine de l’arme, après avoir ôté le bois de la crosse ( avantage très grande pour les soldats et les marins) .
  2. La priorité de l’application aux revolvers et aux armes tournantes d’une pièce unique « A », constituant à la fois d’une cage encadrant complètement le barillet, ou cylindre « C » et formant culasse et corps de platine, ce qui permet de donner aux armes une solidité plus grande ; faciliter l’emploi de pièces interchangeables pour la platine et de rendre la construction des revolvers et armes tournantes plus simples et plus économique en dispensant de l’emploi des vis qui, dans les armes anciennes servent à réunir les diverses parties de la carcasse de l’arme.

1

Description :

La figure 1 représente l’arme vue du côté de la platine, le bois étant retiré.

La figure 2 représente la carcasse de l’arme en plan, laquelle carcasse est composée de la pièce « A », constituant platine, culasse et cage de barillet « C » et du canon « B » réuni à la pièce « A » par un taraudage.

A Paris le 10 septembre 1868

E. Lefaucheux

© et ® Lefaucheux juin 2016