Brevet d’Invention, no 120752 du 16 octobre 1877

Brevet d’Invention no 120752 déposé par Eugène Gabriel Lefaucheux le 16 octobre 1877 :

En France : Brevet d’Invention, no 120752 du 16 octobre 1877

En Belgique : Brevet d’Invention, no 43386 dépose le 23 octobre 1877 par le Sieur Gustave Bronne à Liège.

Mémoire Descriptif déposé à l’appui de la demande d’un Brevet d’Invention de quinze ans par Eugène Gabriel Lefaucheux, fabricant d’armes, 32 rue Notre Dame des Victoires à Paris pour un nouveau genre de cartouches.

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Description :

Le système de cartouche que je revendique est tout différent de ce que l’on à fait jusqu’à présent.

En effet, jusqu’à ce jour la cartouche se compose d’un cylindre unique et régulier, un papier faisant corps avec le culot en cuivre par l’intermédiaire d’un carton fortement comprimé, voir figure 4 .

Ce cylindre est assez long pour recevoir par son orifice : 1ère la charge de poudre et 2ème celle de plomb : ces deux charges introduites on le ferme à son extrémité en repliant sur lui-même le papier à l’aide d’un instrument que l’on désigne sous le nom de sertisseur.

La cartouche que je crée aujourd’hui diffère essentiellement de celle en usage en ce que le cylindre de papier adhérent au culot est complètement supprimé et qu’il est remplacé par un cylindre indépendant dont une seule extrémité est ouverte pour recevoir : 1ère la charge de plomb, 2ème celle de poudre et que pour terminer et fermer la cartouche s’applique par cette extrémité ouverte sur le culot muni de la capsule, dont il était indépendant avant le chargement, figure 1.

Il est bien entendu que ce cylindre peut être fait en une matière quelconque, bois, liège, métal, verre ( trempé ou non) etc. ou comme par le passé avec du carton.

Ce nouveau système de fabriquer la cartouche a l’avantage sur les autres d’en rendre le chargement facile à toutes personnes et de supprimer diverses bourres qui étaient nécessaires pour la terminer, il augmente la portée du fusil d’une manière notable, s’il est construit avec un matière résistante, s’il est en verre, il laisse voir la charge.

Il s’applique aussi très industriellement sur un sur un culot ou base de cartouche en cuivre ou en acier etc. ; destiné à être réamorcé et à servir indéfiniment.

Les avantages que je viens d’énumérer trouverons également leur application avec un culot porteur de la charge de poudre, ce culot peut ne différer de celui de la figure 1 que par la longueur, voir le culot de la figure 3 .

Mais on peut également en employer un, formé du culot tel qu’on le fait aujourd’hui avec son renfort en carton et sa partie cylindrique en clinquant embouti au diamètre extérieur du culot et qui par sa réunion avec le cylindre constitue une cartouche nouvelle et très économique par suite de la suppression absolue du cylindre en papier, figure 2 .

S’il convient même de conserver la cartouche comme on la fabrique actuellement avec du papier, mon invention n’en n’est pas moins capitale car si le cylindre, diminué de longueur, est placé sur la charge de plomb qu’il enveloppe en partie ou en totalité dans sa longueur, il a encore pour résultat industriel celui de supprimer le sertissage et celui d’augmenter la portée de l’arme par la raison qu’il cesse de contenir la charge de plomb pendant tout le parcours qu’elle fait dans le canon.

Il à aussi l’avantage de faciliter la fabrication des cartouches actuelles attendu que mon système qui dans ce cas devient fermeture permet de réduire la longueur du cylindre en papier ce qui diminue son prix de revient et aussi celui des outils qui servent à sa confection.

Mon invention employée pour contenir le plomb seulement , permet de fabriquer des fusils dont les chambres du canon sont d’un calibre plus fort à l’endroit où se trouve la poudre qu’à celui où se trouve le plomb.

Cet avantage est grande par ce qu’il permet de faire des canons forts dans les parties qui ont besoin de l’être et légers dans les autres.

Avec la cartouche en usage aujourd’hui, cela ne peut avoir lieu, puisque le cylindre qui la compose est d’un diamètre uniforme ( figure 4).

L’objet de mon invention que je désigne sous le nom de « Porte-charges » mis préalablement dans une matrice de la forme exacte des chambres du canon, peut être chargé de plomb et de poudre, sans que l’on ait à redouter qu’il se déforme (même s’il est en carton) , ce qui donne la certitude qu’il ne sera éprouvé aucune difficulté pour son introduction dans les canons du fusil.

Pour terminer, j’appelle l’attention sur un avantage pratique qui résulte de la construction même de ma nouvelle cartouche, la partie qui reste dans le canon après le coup tiré ayant une longueur moindre que la douille ordinaire qui, elle reste entière, on comprend que l’extraction en sera beaucoup plus facile parce que s’il y avait adhérence, elle aurait bien sur une surface moins grande.

La figure 1 représente ma nouvelle cartouche composée d’un culot et d’un porte-charges en bois contenant poudre et plomb.

La figure 2 représente la cartouche formée du culot et d’une feuille de clinquant réunis par un carton.

Cette douille contient la charge de poudre et reçoit le porte-charge en bois qui contient le plomb.

On remarque l’emploi d’un culot obturateur de forme nouvelle qui, appliqué sur la poudre, empêche toute déperdition de gaz.

La figure 3 représente une cartouche composée d’un culot en cuivre embouti assez élevé pour contenir la charge de poudre et d’un porte-charge d’un diamètre moindre que celui du culot.

La réunion du porte charge et du culot a lieu au moyen d’un culot obturateur en carton de forme nouvelle.

La figure 4 représente la cartouche ordinaire.

Paris, le 16 octobre 1877

E. Lefaucheux

© et ® Lefaucheux juin 2016