Brevet d’Invention, no 112695 du 4 mai 1876

Brevet déposé au nom de Eugène Gabriel Lefaucheux :

En France : Brevet d’Invention, no 112695 du 4 mai 1876 déposé par le Sieur Colombel à Paris

En Belgique : Brevet de Perfectionnement, no 38690 1876 déposé par le Sieur Gustave Bronne à Liège.

Mémoire descriptif déposé à l’appui de la demande d’un Brevet d’invention de quinze ans pour l’application et la réunion de diverses pièces aux armes à feu par Mr Lefaucheux Eugène Gabriel , fabricant d’armes , rue de Lafayette, 194 à Paris

Exposé :

Les inventions et les perfectionnements qui font l’objet de ma demande consistent dans les idées, applications et réunions suivantes :

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Planche 1 :

1° Se servir du verrou qui fait fermeture de la bascule, comme levier pour armer ou mettre seulement au cran de sûreté, d’une manière automatique et sans mouvement spécial, les chiens percuteurs.

2° Limiter la basculage du canon au moyen d’une simple goupille qui traverse d’une part la culasse et de l’autre une entaille du devant de bascule, résultat industriel considérable en raison de sa simplicité et de son prix de revient et d’autant plus important qu’il s’applique à tous les fusils à bascule.

3° Fixer par son extrémité le devant de bascule au canon, au moyen d’un verrou fonctionnant par une ressort à boudin.

4° Se servir du levier formant clef de bascule pour faire fonctionner une pièce qui arme les percuteurs en ouvrant le fusil et aussi s’en servir pour assurer la mise en place rigoureuse du verrou armeur, en le poussant par l’arrière, au moyen d’un ergot levier.

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Planche 3 :

La culasse porte le percuteur et les autres organes nécessaires à son fonctionnement, elle est mobile au moyen d’un ressort agissant sur la charnière de la culasse.

Le pontet formant levier à pour fonctions :

1° d’armer directement le percuteur.

2° de dégager le verrou qui fait fermeture.

3° de faire fonctionner le tire-cartouches par l’intermédiaire du verrou.

La cartouche extraite d’une longueur suffisante tombe d’elle-même.

Les dessins annexés représentent d’une façon très nette le fonctionnement des divers organes qui viennent d’être décrits.

Le dispositif indiqué sur le dessin, pour un fusil à un coup, peut être appliqué à un fusil de chasse à deux coups en faisant agir le levier sur un verrou-armeur, comme dans le fusil ci-dessus décrit, ou en se servant d’un levier à fourche agissant sur les deux percuteurs, et en général, à toute arme se chargeant par la culasse.

Description :

Les dessins ci-joints représentent les divers organes décrits ci-dessus

Planche 1 :

Les figures 1 et 2 montrent dans deux vues distinctes le verrou-armeur.

Les figures 3 et 4 représentent dans deux vues distinctes, le verrou du devant de bascule.

La figure 5 montre le devant de bascule.

Les figures 6 et 7 représentent les charnières mâle et femelle, de la bascule.

La charnière femelle, (culasse Fig. 6), porte la goupille qui limite le basculage.

Dans la charnière mâle (devant de bascule Fig. 7), l’entaille qui existe représente la course du basculage du canon et forme arrêt par sa butée sur la goupille.

La figure 8 représente en plan la bascule-culasse du fusil.

La figure 9 représente l’ensemble du fusil avec ses divers organes : en « A », l’ensemble du fonctionnement du verrou-armeur (en « a », on voit la disposition du levier avec son ergot) .

En « B », l’ensemble du fonctionnement de la bascule et de son arrêt.

En « C », l’ensemble du devant de la bascule fixé aux canons.

N.B. Dans cette figure, les canons avec leurs tétons ont été indiqués en encre rouge.

Planche 3 :

La figure 1 représente l’ensemble du fusil avec le verrou, le levier-armeur, le tire-cartouche etc.

Dans cette disposition, le tire-cartouche ne recule que de quelques millimètres.

La figure 2 représente l’ensemble du fusil avec un pontet formant levier, mais différant du premier par l’adjonction d’une deuxième dent qui augmente la course du tire-cartouche et permet l’extraction complète de la cartouche.

Le fonctionnement a lieu de la manière suivante : la première dent « A » arme le percuteur et dégage le verrou ; la culasse bascule, puis le verrou continue sa course et entraîne le tire-cartouche ; enfin la première dent « A » abandonnant le verrou, à ce moment, la deuxième dent « B » vient le prendre en avant et le pousse, en entraînant le tire-cartouche suffisamment loin.

On voit par la disposition d’ensemble que le pontet-levier mis en mouvement fait fonctionner les divers organes et les amène à leur place, soit pour ouvrir, soit pour fermer.

Dans le cas ou le ressort qui fait basculer la culasse serait paralysé par l’adhérence, produite par le recul, de la cartouche sur le devant de la culasse, la deuxième dent aurait pour fonction de détruire cette adhérence en venant buter brusquement sous le crochet de la culasse et en la soulevant.

En abaissant la culasse, le verrou vient se loger dans le crochet quelle porte et le fusil est prêt à tirer.

La figure 3 représente une vue d’ensemble de la culasse ouverte, le tire-cartouche étant en arrière.

Les figures 4,5 et 6 représentent une forme de tire-cartouche qui permet à cet organe de n’obéir au mouvement du verrou qu’après le basculage.

                                               Paris le 4 mai 1876

E. Lefaucheux

Un fusil issu du brevet de 1876 – 2

Le LF 16 fusil Eugène Lefaucheux issu du brevet de 1876

© et ®Lefaucheux juin 2016