Brevet 043104 du 5 décembre 1859 et ses additions

Brevet 043104 du 5 décembre 1859 et ses additions 

En France : Brevet 043104 du 5 Décembre 1859

En Belgique :              Brevet n° 8330 d’importation du 8 Décembre 1859 par Sieur H.Biebuyck à Bruxelles

En Angleterre :           Brevet n° 430 du 17 février 1860 par Sir John Henri Johnson

Mémoire Descriptif déposé à l’appui de la demande d’un Brevet d’Invention de quinze ans, pour des perfectionnements apportés aux armes à feu, par Mr Lefaucheux ( Eugène) , Arquebusier, rue Lafayette no 9 à Paris.

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EXPOSE :

 Notre demande de brevet a pour but de nous garantir exclusivement le privilège de fabriquer des armes dont nous allons donner plus bas la description.

Nous revendiquons la priorité du principe d’employer une seule pièce en métal formant la charpente complète de la crosse qui reçoit toutes les pièces mécaniques de l’arme ainsi que le canon ce qui simplifie considérablement le mécanisme en général et permet, par cela même, de fabriquer d’excellentes et solides armes à un prix bien moindre que celui actuel.

En effet, grâce à cette carcasse ou charpente qui permet d’employer n’importe quelle platine, nous faisons le bois en deux parties, ce qui nous semble d’un grand avantage au point de vue de la fabrication, attendu qu’elle sert de guide à l’ouvrier, elle nous fait supprimer aussi un grand nombre de pièces, telle que la plaque de couche, les corps de platines, la pièce de sous-garde, la pièce de bascule et ses vis, etc., ( nous parlons aussi bien des armes à percussion que celle se chargeant par la culasse), cette dernière pièce ( en parlant des armes se chargeant par la culasse), est remplacé par une pièce unique, que nous appelons culasse mobile.

Cette culasse mobile est maintenue à l’une de ses extrémités à la carcasse métallique au moyen d’une charnière placée au-dessus du centre du canon, ce qui est d’une grande importance au point de vue de la solidité, attendu que le recul produit par l’explosion tend plutôt à la fermer davantage  ce qui permet de supprimer toutes pièces auxiliaires pour la fixer.

Nous revendiquons avec insistance l’invention de cette pièce qui est d’une grande solidité et d’une simplicité remarquable.

Car, à elle seule, elle supprime, comme nous le disions d’autre part, dans les armes à charger par la culasse, la bascule, son devant, sa clé, et ses agencements de fermeture.

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On verra par sa forme qu’elle sert :

1°        A dégager l’ouverture du canon qui reçoit la cartouche ;

2°        A armer le chien, si on le veut ;

3°        Et fermer le tonnerre du canon.

La puissance de son levier est telle, que dans aucun cas, son maniement ne pourra être paralysé.

DESCRIPTION :

 La fig. 1e         représente une vue longitudinale de la carabine toute montée.

La fig. 2          est un plan vu en-dessus de la culasse mobile.

La fig. 3          montre en détail le mécanisme de détente.

La fig. 4          est une vue séparée d’un petit support servant de point d’appui à l’axe qui porte la bascule ou culasse mobile, ainsi que le chien.

Nous ferons observer ici, que le bois formant la crosse a été enlevé afin de mieux laisser voir la charpente métallique ( fig. 1e ).

La carcasse métallique « A » sur laquelle est fixé le canon « B » est entaillée pour recevoir le mécanisme de détente qui est composé du chien « C », de la gâchette « D » et de la culasse mobile « E ».

Sur la partie métallique « A » est également disposé le grand ressort « R » et le petit ressort « r » de la gâchette.

Le chien « C » est naturellement armé, lorsque’on fait basculer la pièce « E » pour charger le fusil, et, après avoir rabattu la culasse mobile, en pressant sur la gâchette, la percussion a lieu immédiatement.

Le support « F » est fixé sur la carcasse par deux vis, et il sert de point d’appui à l’axe « a » sur lequel pivote la gâchette. L’axe « a’ » sert de point de centre au chien et à la culasse mobile.

Le tracé en ligne rouges indique les positions intermédiaires du mécanisme.

On voit par ce dessin que la culasse mobile  s’appui directement sur le canon, et n’a aucune pièce intermédiaire entre elle et lui, ce que nous regardons comme offrant toutes les garanties de solidité suffisantes, aussi nous nous y arrêtons, en considération de son extrême simplicité et de sa bonne marche « son bon marché ».

S’il en était autrement, nous pourrions, par beaucoup de moyens, nous servir d’une pièce intermédiaire, qui en fonctionnant serait adhérente au tonnerre du canon.

Nous entendons bien nous réserver de placer la charnière de notre culasse mobile, soit sur les côtés de l’arme, soit sur le centre du canon lui-même, soit sur ses côtés.

Il doit être bien compris que ses divers moyens peuvent s’employer aussi pour des armes à percussion au centre, nous nous réservons en conséquence de la faire et d’indiquer dans une demande d’addition à ce brevet que nous comptons formuler dans les délais légaux, divers détails et surtout divers moyens par lesquels on pourrait atteindre le même but.

RESUME :

 Notre intervention est caractérisée par les points principaux suivants :

1°        La carcasse métallique et la division en deux pièces de la crosse.

2°        La culasse mobile et l’ouverture simultanée de cette dernière avec le chien.

Paris, le 5 décembre 1859

Par Pon LEFAUCHEUX

Signature JULES MATHIEU.

En France : Brevet 043104 Certificat d’addition du 7 Février 1860

En Belgique :  Brevet n° 8635 de Perfectionnement du 16 Février 1860 par Sieur H Biebuyck à Bruxelles.

Mémoire Descriptif déposé à l’appui de la demande d’un Certificat d’addition au Brevet d’Invention de quinze ans, du 5 Décembre 1859, pour des perfectionnements apportés aux armes à feu, ( l’addition consistant en perfectionnement généraux) par Monsieur Lefaucheux (Eugène) , Arquebusier, élisant domicile, 45 Rue Saint Sébastien à Paris.

EXPOSE :

 Ces perfectionnements que nous rajoutons à notre privilège exclusif du 5 Décembre dernier ont surtout pour objet :

1°        La suppression de la bascule du canon, dans les fusils se chargeant par la culasse ;

2°        L’application générale de la crosse métallique de notre système aux armes à feu de toute espèce, et la substitution de feuilles de zinc, cuivre ou autre métal, estampé ou non, aux deux pièces de bois qui complètent la dite crosse ;

3°        L’agrandissement de la chambre qui reçoit la cartouche, tout en observant une diminution considérable dans sa longueur ;

4°        L’application de notre mécanisme de détente aux fusils à piston soit simple, soit à deux coups ;

5°        Une nouvelle disposition mécanique pour opérer le retrait de la cartouche.

Nous allons en rendre l’explication intelligente en recourant à l’inspection d’un dessin ci-joint ;

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DESCRIPTION : 

La fig. 1° représente en section longitudinale la disposition de la cartouche jusqu’ici en usage, dans le canon de fusil ordinaire.

Les fig. 2 et 2 (bis) montrent notre cartouche modifiée dans ses dimensions, et disposée dans un canon foré à cet effet, suivant deux modes différents.

La fig. 3 représente en coupe longitudinale et verticale, le nouveau moyen mécanique dont nous venons de faire la réserve d’application pour retirer et placer la cartouche sans faire basculer le canon et sans employer de culasse mobile.

La fig. 4 représente un fusil à piston monté avec une crosse métallique et l’application aux fusils de ce genre, du mécanisme des platines de notre système.

La fig. 5 montre la modification que nous introduisons dans la construction du chien dans les fusils à piston pour les approprier à notre mécanisme de détente.

La fig. 6 montre, en plan horizontal, l’application des crosses métalliques aux fusils doubles, soit à piston soit à percussion.

Les fig. 7 et 8 montrent deux moyens mécaniques permettant de dégager instantanément la cartouche du canon.

La disposition et la forme nouvelle de la chambre du canon « A » et de la  cartouche « B », représentées par les fig. 2 et 2 (bis) offrent sur celles en usage (fig. 1 ) par l’augmentation de diamètre de la chambre « B », de la supériorité dans le tir du plomb de chasse, et l’avantage de permettre, à cause de la réduction de la longueur des cartouches, l’application générale de nos perfectionnements aux fusils à deux coups, dans la construction des quels les chiens auraient été d’une longueur démesurée et incommode.

Pour le tir à la balle, il ne pourrait se faire dans les mêmes conditions ; mais notre intention est d’employer une culasse en fer que s’adaptera juste dans la chambre du canon, et qui restera de même diamètre que le tube conducteur « A ».

On se rappelle que, dans mon premier brevet, j’ai figuré la culasse mobile s’appuyant directement sur le canon sans aucune pièce intermédiaire, ce qui offre toutes les garanties d’une solidité suffisante.

Nous entendons nous réserver de placer ainsi la charnière de la culasse mobile, soit sur la partie latérale de l’arme, soit sur le centre du canon lui-même ou sur ses côtés.

Dans la disposition que montre fig. 3, la bascule est remplacée par une crémaillère « P » découpée sur le canon « A », et mue par un pignon « p » commandé à la main.

Par cette disposition, on peut facilement et à volonté faire avancer le canon de la quantité nécessaire pour l’introduction de la cartouche puis la faire reculer ensuite de manière à ce que le bout postérieur du canon coïncide avec la culasse « B », soit en bronze, soit en fer ou acier.

Dans la fig. 4 on remarque un fusil à piston, sur une crosse métallique « C », avec l’application du mécanisme des platines de notre système déjà décrit.

Dans cette exemple le ou les chiens « Q » sont toujours disposés à l’extérieur, comme à l’ordinaire ; seulement, ils portent une douille ou noix « q » ( fig. 5 ) qui est pourvue des crans de détente « o », afin de pouvoir être commandés par la gâchette « g », comme dans mon dessin primitif.

Dans la fig.7, un petit levier « L » placé verticalement sur l’un quelconque des côtés du canon « A », doit être relevé pour chasser, par l’extrémité « i », la broche qui dépasse.

Nous avons supposé le levier « L » occupant le dessus du canon dans la fig. 8 et c’est alors un mouvement horizontal qui doit lui être communiqué, et pouvoir chasser le culot.

RESUME :

Tels sont les nouveaux perfectionnements que nous rattachons à notre brevet principal en nous réservant d’apporter à notre système d’armes à feu les améliorations futures qui ne sortirons pas des principes de notre invention .

Paris, le 7 février 1860

Par Pon LEFAUCHEUX

MATHIEU

En France: Brevet 043104 Certificat d’addition du 20 Février 1860

En Belgique :  Brevet n° 8702 de Perfectionnement du 29 Février 1860 par Sieur H. Biebuyck à Bruxelles

Mémoire Descriptif déposé à l’appui de la demande d’un Certificat d’addition au Brevet d’Invention de quinze ans, du 5 Décembre 1859, pour des perfectionnements apportés aux armes à feu, ( l’addition consistant en de nouveau perfectionnements) par Monsieur Lefaucheux (Eugène) , Arquebusier, élisant domicile, 45 Rue Saint Sébastien à Paris.   

EXPOSE :

 Dans la dernière addition à mon brevet principal du 5 décembre dernier, j’ai déjà décrit certains moyens mécaniques que je propose pour retirer la cartouche des fusils se chargeant par la culasse. Aujourd’hui, je viens donner de nouveaux développements à cette partie de mon invention, et y ajouter encore d’autres procédés concourant au même but.

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La fig. 1e représente, en vue verticale et longitudinale, un fusil perfectionné d’après mon système, sur lequel est appliqué le mécanisme retire-cartouches de mon invention.

La fig. 2 en montre en plan ou en-dessus, le canon seul porteur du dit mécanisme.

Sur la face latérale de la culasse, le canon porte le point d’oscillation « a » d’un levier « A »  qui fait l’objet de mes présents perfectionnements.

Ce levier se subdivise en deux branches distinctes « b », « c », l’un buttant contre la broche « d » de la cartouche pour l’actionner, l’autre disposée longitudinalement sur le corps du canon.

Il est évident qu’en manœuvrant le levier verticalement par l’extrémité « c », on fera opérer à la branche horizontale « b », un mouvement de rotation qui la fera s’avancer vers l’extrémité postérieure de la culasse, ce qui en dégageant de celle-ci la broche d, dégagera d’autant la cartouche et permettra alors de la retiré du canon avec la plus grande facilité.

Les fig. 3e, 4e et 5e montrent, respectivement en vue verticale, en projection horizontale et en vue de bout du côté de la culasse, le canon d’un fusil double du système ordinaire LEFAUCHEUX, auquel est appliqué sur chaque face latérale, le mécanisme qui vient d’être décrit.

Dans le plan horizontal fig. 6e, j’ai représenté une autre disposition de retire-cartouche appliqué sur un fusil à deux coups.

Ici le mécanisme est unique ; il se compose d’un levier oscillant en un point « a » situé entre les deux canons et dont chacun des bras « b », « b’ », vient heurter contre les broches respectives de percussion « d », « d’ », des cartouches.

L’un de ces bras, « b », se prolonge pour se terminer par un bouton « c », à l’aide duquel on fait fonctionner le levier.

Cette manœuvre est extrêmement simple, on à déjà compris qu’il suffit de donner au levier un mouvement d’oscillation dans les deux sens, après chacun desquels les broches « d », « d’ », (et par conséquent les cartouches) se trouvent dégagées de la culasse.

La fig. 7 représente un cône, dans une vue semblable à la précédente, une autre disposition de retire-cartouche.

Dans un double guide « A » fixé à vis ou autrement sur la pièce d’assemblage « B » des deux canons, passe contre chaque côté de la dite pièce une tige « a » dont l’extrémité porte une rainure en regard de la broche « d », et dans laquelle celle-ci se trouve engagée pendant que par le bout opposé, on repousse la dite pièce « a », jusqu’à ce que la cartouche soit suffisamment extraite du canon.

En formant exprès cette partie extrême de la tige « a », saillante par rapport à la broche « d », on peut dans certains cas avancer les dites tiges sous le chien de telle sorte que, si celui-ci vient à opérer la percussion contre la volonté du chasseur, le coup soit absolument nul et ne puisse atteindre la broche .

Je fais un grand cas de cette dernière disposition comme étant propre à éviter désormais les accidents déplorables qui se renouvellent assez fréquemment.

En résumé, je rattache à mon privilège exclusif les moyens mécaniques ci-dessus décrits pour retirer de la culasse des fusils les cartouches qui ont déjà servi, et pour rendre impossible les coups de feu qui ont lieu quelquefois sans la participation de la volonté du chasseur.

Paris, le 20 FEVRIER 1860

Par Pon LEFAUCHEUX

MATHIEU