Brevet 193380 du 15 avril 1854

Le brevet 193380 du 15 avril 1854 et ses additions.

Brevet d’invention de quinze ans

Pour des perfectionnements apporter dans les armes à feu.

Monsieur Lefaucheux (Eugène Gabriel)

Arquebusier à Paris rue Vivienne n° 37

 

BREVET N° 019380 du 15 avril 1854

MEMOIRE DESCRIPTIF

Le nom Lefaucheux est attaché à plusieurs dispositions ingénieuses ou perfectionnements importantes apportés dans la fabrication des armes à feu.

En 1846, feu Lefaucheux mon père imagina entre autres un système particulier de mécanisme pour permettre de charger les pistolets ou fusils à plusieurs canons sans être obligé de démonter ceux-ci séparément et proposait d’y appliquer une cartouche particulière portant sa balle, sa poudre et sa capsule fulminate.

Depuis lors, ce genre d’armes multiples à été de nouveau travaillé et perfectionné par plusieurs personnes et l’on paraît adopter ce système à canon unique et à charge multiple dont le manœuvre laisse néanmoins à désirer au point de vue du chargement puisqu’il est toujours chargé par l’orifice du cylindre avec poudre, bourre, balles et capsules séparées.

Cet inconvénient est sans doute amoindri par d’autres qualités mais si en conservant ces dernières, on pouvait supprimer l’inconvénient, nul doute qu’un tel perfectionnement n’eût son importance manufacturièrement et commercialement parlant.

J’ai obtenu ce résultat. Je l’ai obtenu par des procédés simples et sûrs et je viens réclamer pour leur idée et leur application, le bénéfice d’un brevet d’invention de quinze années.

Je propose en conséquence de charger les armes à plusieurs coups fonctionnant par rotation avec des cartouches complètes dites cartouches « Lefaucheux » en opérant successivement pour chaque coup et sans qu’il soit nécessaire d’employer de baguette.

Cette disposition se marie avec l’emploi d’une culasse fixe employée comme point d’appui et avec un mécanisme additionnel permettant de chasser la cartouche métallique si on éprouvait quelques difficultés à la relever après décharge.

Pour donner une idée bien complète de ces perfectionnements, j’accompagne le présent mémoire d’un dessin qui les représente appliqués à un pistolet à 6 coups avec un seul canon fixe et un seul cylindre mobile sans cheminée d’amorcement et sans baguette.

1

La fig. 1 de ce dessin est une vue extérieure du pistolet complet.

La fig.2  en est un plan, vue en dessus mais sans la crosse, ni le chien.

La fig. 3 représente le cylindre mobile du revolver à 6 charges dans lequel se placent les cartouches.

La fig.4, 5 et 6 sont des détails de pièce principale.

Toutes ces figures sont dessinées de grandeurs naturelles.

Rien n’est changé à la disposition ordinaire du canon  « A »  et de la crosse  « B ». Le mouvement même du cylindre s’effectue toujours par l’armement du chien et par la saillie d’un ergot agissant sur une sorte de griffe hexagonale de même que le maintient en temps utile de la dite noix ou revolver  « C »  est toujours obtenu par six encoches  « d »  s’emboîtant dans la tête d’un ressort aussi mis en jeu par l’armement de la batterie.

Le revolver  « c »  est d’une construction entièrement nouvelle, il se compose simplement d’un cylindre percé d’un certain nombre de trous cylindriques légèrement coniques ou canons  « e »        (six dans l’exemple qui nous occupe) plus d’une ouverture centrale, servant au montage.

Chacune de ces canons est évidé à sa base pour former encoche  « i »  afin de donner passage à la broche percutante  « f » dépendante de la cartouche  « D ».

La culasse  « E »  présente la forme d’une sphère, elle porte dans le centre une rigole  « g »  pour l’abattement du chien et sur le côté, une porte s’ouvrant et se refermant par un petit bouton solidaire  « l ».  C’est par cette porte unique que s’introduisent successivement les cartouches à mesure que le revolver tourne sur son axe « K ».

Les surfaces frottantes de cette dernière pièce et de la culasse sont parfaitement dressées car la culasse servant de point d’appui, joue ici un nouveau rôle qui exige cette précision, d’ailleurs très facile à obtenir.

Sur le côté du canon unique  « A »  s’ajuste à coulisse  « M »  une targette  « P », destinée à repousser soit la cartouche complète lorsqu’on veut décharger l’arme sans s’en être servi, soit les détritus de cette dernière s’il y avait résistance ou difficulté pour retirer.

Cette targette se manœuvre simplement à la main afin d’occuper successivement toutes les parties des petits canons, comme on l’a indiqué en noir et en rouge sur les figures 1 et 2.

En résumé :

La présente intervention comprend :

1° l’idée et les moyens de réalisation pour arriver à charger les armes à rotation (fusils ou pistolets) sur la culasse en employant les cartouches Lefaucheux, ce qui dispense des opérations diverses du chargement, lesquelles ont toujours l’inconvénient d’être longues, difficiles, surtout lorsqu’il fait froid et humide.

2° la possibilité de décharger les armes sans brûler les amorces, avec un mécanisme simple et peu coûteux. Il est presque impossible de décharger les armes chargées par la baguette, mais en supposant cette possibilité, c’est toujours une opération longue et pénible, qui ne s’effectue qu’aux dépens de la balle qui est hachée ou morcelée, sans préjudice des pertes ou détérioration de la poudre.

Paris, quinze avril 1854

Lefaucheux Fils

 

BREVET N° 019380 du 4 novembre 1854 ADDITION

MEMOIRE DESCRIPTIF

On a pu voir par le dessin et la description qui accompagnent ma première demande en date du 15 avril dernier, que les perfectionnements que je venais d’apporter dans les armes à feu consistaient principalement dans l’emploi d’une culasse fixe employée comme point d’appui, uni à une combinaison mécanique permettant de charger par la culasse les pistolets à rotation à plusieurs coups et à un seul canon.

On se rappelle que j’arrivais à ce résultat au moyen d’un entaille pratiquée sur le côté de la culasse et devant laquelle chaque canon venait successivement se présenter par le fait même de la rotation du cylindre ou revolver ce qui permettait d’introduire dans chaque canon une cartouche toute faite qu’il suffirait de placer sans qu’il soit nécessaire d’employer de baguette.

Les perfectionnements qui font le but de la présente demande consistent :

1° Dans l’addition d’un ressort servant à maintenir fermée la porte qui recouvre l’ouverture pratiquée dans la culasse pour le chargement des canons mobiles.

2° Dans la substitution de la targette qui servait à refouler la cartouche lorsqu’on voulait décharger l’arme par une espèce de petite baguette ronde munie d’un ressort qui la maintient dans son fourreau.

3° Dans une nouvelle disposition mécanique agissant à chaque armement de la batterie et servant à maintenir fixe le revolver lorsqu’il est complètement armé.

4° Dans un système d’emmanchement à double baïonnette permettant le démontage prompt et facile.

5° Dans une nouvelle disposition permettant également de charger par la culasse, mais différente de celle donnée dans mon précédent brevet en ce que le chien sert à la fois à la percussion et de culasse.

Par cette combinaison j’ai supprimé l’ouverture pratiquée dans la culasse fixe pour le chargement des canons mobiles et je puis me servir indistinctement des cartouches Lefaucheux ordinaires ou de cartouches dont la broche est placée dans l’intérieur au fond de la douille ou après la balle.

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On comprendra bien je l’espère ces divers perfectionnements à l’aide du dessin ci-joint qui représente :

Fig. 1 une vue extérieure d’un pistolet à six coups dans lequel le bois qui recouvre la crosse est supposé enlevé pour laisser voir le ressort intérieur.

Fig. 2 un plan horizontal coupé au-dessous du canon fixe suivant la ligne 1 2.

Fig. 3 une vue par bout de la culasse.

Fig. 4 une vue de face du cylindre mobile ou revolver.

On doit reconnaître à la simple inspection de ce dessin les changements que je viens de faire subir au pistolet que j’ai donné pour exemple ; ainsi on voit, comme je l’ai dit, que j’ai ajouté à la porte  « h », dont on se rappelle la fonction, le ressort qui lorsqu’on a placé la cartouche et que l’on referme la porte vient entrer dans la petite encoche  « h’’ » et la fixe par ce moyen sur la culasse.

Pour l’ouvrir, il suffit d’appuyer sur la saillie  « l »  de ce ressort.

Cette pression le dégage de l’encoche et l’on peut alors ouvrir la porte qui permet l’introduction d’une nouvelle cartouche dans le canon en ce moment en regard de l’ouverture.

On voit aussi que la targette est remplacée par la baguette  « P »  munie du petit ressort méplat  « m »  qui empêche en la maintenant dans son fourreau qu’elle ne se meuve sans le secours de la main.

On sait que dans ce système de pistolet, il suffit d’armer le chien pour faire tourner le revolver d’un sixième de tout, si le pistolet est construit pour six coups comme dans le cas qui nous occupe et qu’il faut qu’après chacun de ces mouvements le revolver reste parfaitement fixe.

J’arrive à ce résultat en logeant dans l’intérieur de la culasse un mécanisme que se compose simplement d’une goupille  « R »  (fig.  5) muni d’une petite tête  « r »  laquelle s’engage dans une ouverture pratiquée dans la culasse et directement au-dessous du chien de façon que la queue  « s »  de ce dernier , chaque fois qu’on l’arme, pousse cette goupille dans l’une des encoches dont est munie l’une des extrémités du cylindre-revolver  « C »  (celle qui repose sur la culasse) comme l’indique la fig. 4.

Quand on abaisse le chien au contraire la partie s’appelle la goupille, la dégage de l’encoche, ce qui permet au cylindre de tourner afin de représenter une nouvelle charge devant le canon fixe « A » et un nouveau canon devant l’ouverture  « h’ ».

On remarque que j’ai remplacé le ressort de détente actuellement en usage par celui représenté en détail fig.3, 6 et 7.

L’axe  « K »  qui réunit la crosse  « B »  au canon fixe et unique  « A »  et qui sert en même temps de centre de rotation au revolver, est muni de deux petites saillies  « a »  fig. 8. Sur le renflement  « A’ »  lequel fait corps avec le canon, sont ménagées des encoches   « b »  d’une profondeur égale aux saillies dans ces encoches, puis retourner le canon afin de le ramener dans la position indiquée fig.8  pour fixer le canon à la crosse.

On comprend que par ce simple emmanchement que j’appelle à double baïonnette à cause des deux saillies qui pénètrent dans les deux encoches, je puis monter ou séparer très rapidement le canon fixe d’avec la crosse.

La fig. 9 représente la disposition qui me permet de supprimer la porte  « h » ; on voit qu’il m’a suffit de faire une entaille dans la culasse  « C »  par laquelle j’introduis ma cartouche et le chien  « S’’ » en se rabattant et par sa forme même sur la broche saillante  « t » de la cartouche et sert en même temps de culasse et de point d’appui à celle-ci.

Les fig. 10 et 11 indiquent en section deux systèmes de cartouches que je propose pour servir indifféremment avec celles actuellement en usage.

Elles différent de celle-ci en ce qu’elles n’ont pas de broches apparentes extérieurement : on remarque dans la fig. 10 que la broche  « t’ »  est fixée après la balle  « T »  et dans la fig. 11 après la douille  « T’ » ; dans les deux cas, en frappant le fond de cette douille, on obtient l’enflammation au moyen de la capsule  « t’’ ».

Résumé :

On voit par ce qui précède que le présent certificat d’addition a pour but de rattacher à mon brevet principal du 15 avril 1854, les nouveaux perfectionnements que je viens d’énumérer et qui sont surtout applicables aux fusils et pistolets à rotation à culusse fixe à un seul canon et à plusieurs coups.

Paris, le 4 novembre 1854

Lefaucheux Fils

BREVET N° 019380 du 11 juin 1855 ADDITION 

EXPOSE

Aux derniers perfectionnements que j’ai apportés aux pistolets à rotation à plusieurs coups et à un seul canon et qui sont décrits dans mon certificat d’addition du 30 septembre 1854, je viens d’en ajouter d’autres qui ont également pour but de rendre ces armes à la fois simples et commodes.

Ces nouvelles améliorations sont de plusieurs sortes. La première consiste dans l’idée et dans les moyens pratiques de charger indifféremment les pistolets-revolvers par la culasse à l’aide de cartouches toutes faites, comme mon brevet principal et la dernière addition l’ont décrit ou bien par les canons avec de la poudre et une balle à l’aide de la baguette comme cela se fait ordinairement.

J’arrive à ce résultat soit en plaçant un culot armé d’une cheminée dans chacun des canons, soit mieux encore, en changeant le cylindre en substituant au revolver de mon système se chargeant par la culasse, un cylindre ordinaire.

Ces pistolets à double fin auront l’avantage et de pouvoir être utilisés comme plus commodes avec des cartouches toutes faites, puis si l’on vient à en manquer, on change le cylindre et on charge avec la poudre et la balle par l’ouverture supérieure de tonnerre.

Le second de mes nouveaux perfectionnements consiste dans l’application aux pistolets à rotation d’un mécanisme particulier, de mon invention, permettant de supprimer l’armement du chien qui se fait alors ainsi que la percussion, en tirant la gâchette de détente.

La troisième dans la disposition de l’arrêt qui sert à maintenir fixe le cylindre après chaque armement.

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Le dessin ci-joint représente en détail ces nouvelles dispositions.

DESCRIPTION :

La fig. 1 indique une section longitudinale faite par l’axe du canon d’un pistolet muni du mécanisme à l’aide duquel on arme et on percute en agissant sur la gâchette.

Les fig. 2 et 3 représentent en élévation et en plan horizontal ce mécanisme assemblé ainsi que la pièce d’arrêt du cylindre.

Les fig. 4 à 7 sont les détails des pièces principales qui produisent l’échappement.

La fig. 8 est une vue de face de la culasse fixe, muni de la porte servant à l’introduction des cartouches.

La fig. 9 est une vue de face du revolver se chargeant avec des cartouches toutes faites et la fig. 10 une section longitudinale d’un cylindre ordinaire, d’une dimension convenable afin de pouvoir le placer en remplacement du premier pour charger sans cartouche préparée d’avance, il suffit pour cela de dévisser la canon  « A »  et de placer entre la  « B »  et celui-ci, l’un ou l’autre des cylindres  « C »  ou  « C’ ».

Il est bien entendu que ce système à vis pourrait être remplacé par un emmanchement à baïonnette sans pour cela changer ni porter atteinte à ma propriété qui consiste dans l’idée de rendre les pistolets de mon système se chargeant par la culasse susceptibles d’êtres chargés à la manière ordinaire.

Le mécanisme de détente, dont je revendique également la propriété, comme disposition et comme application à ce genre d’arme se chargeant par la culasse, se compose de la pièce de détente à fourche « a » ; elle est munie d’une dent  « b »  qui agit sur une dent semblable  « d », ménagée à la partie inférieure du chien  « D », celui-ci est muni d’un petit galet  c  sur lequel s’opère la tension du ressort méplat  « E ».

Une petite pièce  « e », que je nomme barrage, vue en détail fig. 4 et 5, porte également une petite dent  « f » qui pénètre dans l’évidemment  « g »  de la pièce  « a » (fig. 6 et 7) ; ces deux pièces sont montées chacune séparément dans une coulisse respective et retenu par une goupille sur la gâchette proprement dite  « F ».

Cette gâchette, qui oscille sur le centre  « h »  quand on la retire en arrière à l’aide de l’index, est rappelée dans sa position primitive par le ressort méplat  « G » ; son oscillation s’opère sur deux petits supports  « i »  et  « j »; le second fig. 2 et 3, présente une partie fixe de forme courbe dans laquelle se meut une petite saillie  « k » (fig. 2, 3 et 4) dont est garni le barrage  « e », de sorte que, quand on agit sur la gâchette, pour la ramener en arrière, on met en mouvement à la fois la pièce  « a », retenue dans sa coulisse par la goupille  « l », et le barrage  « e, » qui dégage la pièce  « a », dans ce moment donné.

L’effet se produit ainsi, en tirant la gâchette, le chien est ramené en arrière par la dent  « b »  de la pièce  « a » ; pendant ce temps le barrage qui retient cette pièce au moyen de sa dent  « f »  (fig. 4) et qui se muet également avec la gâchette remonté rencontre par la saillie « k »  l’extrémité courbe du support  « j » ; celui-ci force alors le barrage à faire un mouvement en arrière en comprimant le petit ressort  « m »  (fig. 4) qui dégage la pièce  « a »  et par suite le chien qui n’était plus retenu par la dent  « b » , est rappelé fortement par le grand ressort  « E »  et par ce fait, en tombant, produit la percussion nécessaire.

La pièce  « a »  reprend sa position primitive à l’aide d’un petit goujon  « n »  (fig. 7), fixé après elle, ce goujon glisse naturellement sur la pièce  « H »  quand la gâchette revient dans sa position ordinaire de repos.

Le mouvement de l’arrêt est très simple, il consiste simplement dans l’addition à la partie supérieure de la gâchette d’une goupille  « o »  qui pénètre dans la fourche de l’arrêt  « p » ; celui-ci peut alors se mouvoir avec la gâchette et son extrémité sortir en temps opportun pour arrêter le cylindre par les petites saillies « q »  dont il est muni comme l’indique la fig. 9.

RESUME :

Le présent certificat d’addition a pour but de me garantir la propriété des trois points suivants :

1° Chargement, sur le même pistolet, par la culasse ou à la manière ordinaire.

2° Disposition du mécanisme de détente décrit et l’application aux pistolets se chargeant par la culasse, de la percussion en tirant la gâchette sans armement.

3° Le système d’arrêt du revolver.

Paris le 11 Mai 1855

Lefaucheux fils

BREVET N° 019380 du 10 février 1860 ADDITIF

EXPOSE :

Ma présente demande d’un troisième certificat addition au brevet qui m’a été délivré sous le numéro 19380, a pour objet principal une nouvelle modification du tonnerre pour le chargement par la culasse et la suppression de la baguette d’additionnelle qui servait à retirer les cartouches.

Ces dispositions nouvelles seront comprises par la vue d’un dessin qui les représente et par le détail que je vais en donner.

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DESCRIPTION :

La fig. 1 de ce dessin est le plan vertical et longitudinal d’un pistolet-revolver construit suivant les dites modifications.

La fig. 2 représente par bout, du côté de la crosse, dont la carcasse métallique est supposé mise à nu dans la fig. 1.

La fig. 3 représente détachée, la partie du tonnerre qui fait le sujet de mes perfectionnements.

Au lieu d’établir le tonnerre d’une seule pièce, je le forme en deux parties très distinctes « A »,« A’ ». La seconde, qui porte les goujons d’arrêt  « a »  et la denture centrale à rochets communiquant par le mouvement du chien  « f » , la rotation du tonnerre, est un disque plein qui sert de culasse à la première  « A » , pourvue d’encoches  « b »  servant à la percussion et contenant les cartouches dans les trous de charge  « c » , comme à l’ordinaire.

Cette culasse  « A’ »  est pourvue d’un bouton  « d »  qui s’engage et s’emprisonne dans une rainure pratiquée sur la face correspondante du tonnerre  « A »  proprement dit, de manière à permettre à la dite culasse d’opérer autour de ce point une demi-révolution (fig. 3), dans le but d’ouvrir librement les trous  « c »  lorsqu’il s’agit d’introduire ou de retirer les cartouches.

Cette révolution est limitée par une tige « e » glissant dans un guide fixé sur le côté de la crosse « B », laquelle vient s’interposer sous les deux parties  « A »  et  « A’ ».

Lorsque l’opération est terminée, on retire la tige « e » et l’on referme la culasse  « A’ », en lui faisant parcourir la même révolution en sens contraire.

Le tonnerre est monté, comme toujours, sur un axe  « C », qui n’est autre chose qu’une baguette ordinaire pouvant se retirer à volonté et dégager le tonnerre, chaque fois que l’on doit procéder au chargement ou au déchargement de l’arme comme il vient d’être dit.

Dans ce dernier cas cette baguette  « C »  sert naturellement à repousser les cartouches par le bout antérieur du tonnerre, ce qui à l’avantage de permettre, ainsi que je l’ai annoncé, la suppression de la baguette additionnelle précédemment en usage.

Tels sont les changements que je désire rattacher à mon brevet principal sus-rappelé par un nouveau certificat d’addition.

Paris, le 10 février 1860

Lefaucheux fils

 

 

 

Louis-Julien Gastinne-Renette

Gastinne-Renette

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Selon le « Qui est Qui » de Jarlier page 187 :

Gastinne-Renette Louis-Julien, arquebusier à Paris, épouse la fille d’Albert Renette, son employeur en 1834.

Lui succède en 1840 créant la « Maison Gastinne-Renette.

Il sera arquebusier de l’Empereur Napoléon III et du Roi d’Espagne.

Achète, en avril 1847, un terrain au 39 Allée d’Antin, qui deviendra ensuite Avenue Franklin Roosevelt.

Son fils Jules, lui succède en 1870, puis sera remplacé par Paul Gastinne-Renette en 1901.

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Grand concurrent d’Eugène Lefaucheux.

Participent aux premiers essais de la Marine, en 1854, avec Colt, Adams et Lefaucheux mais ce fait sèchement éliminé.

Nous connaissons la suite………….

Lefaucheux et Gastinne-Renette ne s’aiment pas et chaque occasion est bonne pour engager un bras de fer devant les tribunaux, au grand bonheur de leurs avocats respectifs.

Ci-dessous un petit mot d’Eugène et de Louis-Julien après un jugement du 30 janvier 1861.

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La médaille de table, ici exposée, est attribuée à Jacques Filot, contremaître chez Gastinne Renette, lors de l’exposition universelle de Vienne en Autriche en 1873.

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Gastinne Renette lui-même faisait partie du jury et ne pouvait donc pas concourir pour un prix. Néanmoins la maison présentait ses productions et était représentée par ses deux contremaîtres C. Rode et Jacques Filot.

® et © Lefaucheux, mai 2016

Pistolet Casimir Lefaucheux 9 mm

Description du pistolet de Casimir Lefaucheux selon brevet 1371 du 2 mai 1845

Le 17 décembre 1835, Camille Auguste Jean Baptiste Napoléon Jubé de la Perelle, achète à Casimir Lefaucheux, le fonds de commerce de la rue de la Bourse, ainsi que les bénéfices résultant des brevets et traités signés avec les armuriers.

Prix d’achat est de 25.000 francs et l’entrée en jouissance fixée au 1er janvier 1836.

Casimir Lefaucheux et la famille retourne dans son Maine natal et achète une maison aux Ponts-de-Gennes pour la somme de 6000 francs où il déposera plusieurs brevets dans le domaine Cidre et l’Hippomobile.

Casimir Lefaucheux revient aux inventions d’arquebusiers par son brevet du 2 mai 1845.

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Il se fait domicilier 10, rue de la Bourse, reprend le magasin en main à partir du 1 janvier 1845 et rachète officiellement le fonds de commerce en Mars 1845.

Le 2 mai 1845 il prend le brevet d’invention no 1371 pour un pistolet à chargement par la culasse.

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C’est un système ingénieux :

Pour charger, il suffit de faire pivoter latéralement le canon, après avoir légèrement dévissé l’écrou, sur l’axe inférieur et parallèle à ce dernier, fixé au bâti.

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Le principe est simple, la fabrication facile, l’emploi fiable.

La conception et le principe de fonctionnement ressemble beaucoup au brevet Leroy du 8 septembre 1815.

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Pistolet mono coups avec canon pivotant.

Dimension, marquages et poinçons

Longueur totale :                    215 mm

Poids :                                    338 grammes

Longueur du canon :              104 mm

Longueur du tonnerre :           37 mm

Canon lisse bronzé noir de calibre 9 mm à broche

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Mécanisme en Simple Action uniquement, avec une détente escamotable après armement du chien.

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Gravure de feuilles et lianes sur le chien, bâti et calotte au burin.

Crosse en ébène de forme gothique avec calotte en forme d’ovale épousant les découpes.

Sur la face supérieure du coffre le poinçon de Casimir LF avec le pistolet brisé suivi du numéro 125, pas d’autre marquages et poinçons visible.

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Le brevet 1371 recevra un certain nombre d’additifs donnant naissance à la poivrière à broche.

Voir aussi le livre ;

« Casimir Lefaucheux Arquebusier 1802 – 1852 »

de Gérard Lautissier et Michel Renonciat

Edition du Portail

Page 40 et 41

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Jules Gévelot

 

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Source: Archives LF

Facture du 3 octobre 1827
La facture du 3 octobre 1827 est adressée à un certain Mr Collas Bailly à Beaune.

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Détail intéressant de cette facture est l’adresse de la fabrique et du magasin Gévelot :
361 Rue Saint Denis vis-à-vis Saint Chaumon.

Facture du 9 septembre 1833
Facture du 9 septembre 1833, toujours pour la même personne, avec une erreur d’écriture dans le nom de famille « Colas » au lieu de « Collas ».

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A cette date l’entreprise, au moins le magasin est situé au 24 Rue Notre Dame des Victoires, la fabrique est encore situé Rue Saint Denis.

Facture du 12 janvier 1836 
Facture du 12 janvier 1836 à l’attention de Monsieur Pierre Collas à Beaune, probablement un armurier de la ville puisque la facture de 1844 est adressée à la même personne.

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1836 - facture 12 janv 1836_modifié-1

Facture du 11 juillet 1844 
Louis Marin « Aîné » Gévelot est mort depuis 1 an, la lettre d’accompagnement est signée de la main de Madame veuve Aîné Gévelot

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1844 - facture 1844 ainé gevelot 3 - 3

Le 1 mai 1845 la Maison Gevelot est toujours signalée au 24 rue Notre Dame des Victoires.

Facture du 19 novembre 1860
La Maison Gévelot est depuis un certains temps déjà au 30, rue Notre Dame des Victoire.

Le 23 novembre 1862, par décret Impérial Jules Batard Gévelot est autorisé à modifier son nom, il devient: « Monsieur Jules Gévelot ».

Source: La BNF .

Facture du 16 juillet 1870

Trois jours avant la déclaration officiel de la guerre Franco-prussienne, le 19 juillet 1870, Gevelot expédie cette commande chez Cabal – Paulinier, négociant à Clermont l’Herault.

Sur cette facture figure aussi trois adresses de représentant de la maison Gevelot, celui de Liège , Londres et Vienne.

Facture du 29 janvier 1872

La guerre est finie, la Commune matée, les affaires reprennent. Commande prise par le commis-voyageur Mr Bertin pour l’établissement Foret frères à Chalon sur Saône, Négociant de vin (?)  et probablement aussi Armurier.


Facture du 21 avril 1874
Deux adresses de représentants en Allemagne et Liège (adresse qui correspond à celui de Gustave Bronne, homme de confiance d’Eugène Lefaucheux sur place)

1874 - facture 21 avril 1874 1

1874 - facture 21 avril 1874 2

Lettre d’envoi du 8 septembre 1888 

Envoie de marchandise à Mr DENIMAL Quincaillé à Clary (entre St Quentin et Cambrai)

Jules Gevelot 2 copie

Sources: Archives personnel de l’auteur

® et © Lefaucheux- mai 2019

 

Poivrière de Casimir Lefaucheux 12 mm , 6 canons

Description de la  Poivrière Casimir Lefaucheux

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Poivrière signé Casimir Lefaucheux selon le brevet 1371 du 2 mai 1845 et les additifs du 7 février et 24 mai 1845.

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Grosse poivrière à broche 12 mm à 6 coups d’une longueur totale de 215 mm.

Présentation version luxe, canons bronzés bruns avec le corps gravé de fleurs, de lianes et de feuilles en fonds noirci.

Crosse en ébène de forme gothique.

Sous les plaquettes de la crosse les lettres FG, dont j’ignore la signification, très probablement un intervenant.

Un bloc canon de 6 tubes lisse soudé autour d’un axe central, sans marquages ou poinçons.

Le bloc canon est maintenu par un petit « ergot » sur l’axe central au niveau de la culasse et maintenue par un écrou sur le devant.

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Longueur totale :                               215 mm

Longueur des canons :                       74 mm

Diamètre du bloc côté entrée :           44.4 mm et renforcé sur 32 mm

Diamètre du bloc côté sortie :            39.4 mm

Entrée drageoir :                                12 mm chambré sur 24 mm

Sortie drageoir :                                 10.6 mm.

Détente anneau type Mariette actionnant le chien par le dessous.

3 copie 3

Culasse tournante avec l’axe du barillet gravé sur le devant :

« INV 74 LEFAUCHEUX BREVETE » en triangle.

 

En périphérie et en lettres gothique :

4 copie 4

5 copie 5

« INV.on  Lefaucheux Brue de la Bourse 10 Paris ».

Ce qui nous permet de dater cette arme entre le mois de juin 1846 et de mars 1850.

Nulle part on ne retrouve le fameux poinçon LF avec le pistolet brisé et son numéro.

9 copie 9

Voir aussi le livre :

« Casimir Lefaucheux Arquebusier 1802-1852 »

de Gérard Lautissier et Michel Renonciat

Chapitre 8, Page 40 et 47

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