Le LF 2478, un presque 1870 de Marine réglementaire.

Le LF 2478, un des multiples variantes des Lefaucheux 1870 ;

Les revolvers 1870 de marine ou pas marine d’ailleurs ont fortement participé à créer l’aura de fascination  qui entoure le nom « Lefaucheux ».

Les « 1870 de Marine » ou simplement « Modèle 1870 Civil » sont relativement facile à identifier :

Le « 70 de Marine » :

  • Baguette avec canal de guide.

  • LF sur le côté droit dans le prolongement de l’axe central.
  • Guidon à 4 faces « carrée ».
  • Ancre au talon, avec éventuellement son numéro de bord.
  • Crosse modifiée.
  • « Lefaucheux bté S.G.D.G. Paris » sur la bride entre canon et culasse.
  • « E. Lefaucheux INvr. Breveté » sous la plaquette gauche.

Le « 70 civil »

  • Pas de guide à la baguette
  • LF sur le côté droit dans le coin haut dans le prolongement de la bride.
  • Guidon ordinaire en triangle plat avec un grain d’orge sur le dessus.
  • Pas d’ancre de marine, pas de numéro de bord
  • Crosse non modifiée.
  • Marquage Lefaucheux sur le dessus du canon.
  • Pas de marquage « Lefaucheux » sous la plaquette gauche.

Si Eugène Lefaucheux s’était limité à cela dans sa fabrication il aurait été facile de faire une analyse des 9000 revolvers (environs) produit durant les années 1872 et 1873, les tout derniers sortiront des ateliers en 1875.

Heureusement cela n’a pas été le cas, au grand plaisir des collectionneurs, puisque l’ensemble de variantes imaginable semblent exister.

Le LF 2478 peut de ce fait être daté et selon les renseignements recueillis dans les archives même d’Eugène Lefaucheux et ceux de Gérard Lautissier il serait sorti des ateliers du 194, rue Lafayette à Paris durant le mois d’Avril 1872.

Le LF 2478 fait partie de ses variantes.

Dans le livre « Les revolvers militaires français » d’Henri Vuillemin à la page 90 on retrouve exactement le même type de modèle que le LF 2478, le LF 6554.

HV écrit :

« Lefaucheux 1870 variante Officier ».

« Ce type d’arme a toutes les caractéristiques des modèles livrés par Lefaucheux à la Marine Française, guidon, canal de baguette, marquage sur la carcasse, numéro matricule au centre de la face gauche de la cage de barillet etc. ».

« Seule différence notable, on constate l’absence du redan dans le prolongement du pontet que l’on retrouve sur tout les autres modèles y compris les civils ».

«  La finition et le choix du bois des crosses sont souvent de qualité supérieure ».

Le LF 2478 a effectivement tout pour être réglementaire; le canal de guide pour la baguette, le guidon réglementaire, le numéro LF dans le prolongement de l’axe central, choix du bois supérieur, sauf qu’il lui manque le prolongement du pontet, l’ancre sur la calotte, l’inscription réglementaire sur la bride et son numéro de bord (ce dernier n’est pas toujours présent, même sur un réglementaire).

Marquages et poinçons

  • Le LF 2478 est bien situé à l’emplacement réglementaire a savoir sur le côté gauche dans le prolongement de l’axe central de l’arme.

  • L’ensemble des pièces comportent le numéro d’assemblage « 11Q »
  • Sur le bride faisant la cage entre la culasse et le canon il y à l’inscription « E. Lefaucheux Bté à Paris » en lettres cursives et non en lettres « typographique » comme sur les réglementaires.

  • Une sorte « Croix de Malte » dont j’ignore la signification ce trouve à deux endroits ; sur le devant de l’embase, juste au-dessus de la vis de fixation avant du pontet, ainsi sous la plaquette gauche près du bord haut.
  • Sur cette même face gauche plusieurs lettres ou signe sont visible : « F », « Y », « V » et « C » dont j’ignore les significations.

  • Sur la plaquette gauche, sur la face extérieure, juste en-dessous de la rosette du bas un marquage qui ressemble a une « Libellule », qui serait, selon certaines sources, un marquage déposé le 12 décembre 1891 par: « John Moreton & Cie. » à Wolverhampton.
  • Sur la tranche de la portière de chargement un « 0 »

Poids et dimensions :

  • Poids de l’arme : 950 grammes.
  • Longueur totale de l’arme : 241 mm.
  • Longueur du canon : 120 mm.
  • Calibre : 11,1 mm à 6 coups en percussion centrale.

  • Mécanisme en simple et double action.
  • Plaquettes en bois clair vernis
  • L’ensemble en poli blanc

® et © Lefaucheux, Novembre 2017

Acte de vente entre Camille Jubé et Casimir Lefaucheux en Mars 1845

Introduction :

Le 1 Juin 1836, Casimir Lefaucheux vend son fonds d’arquebusier à Mr Camille Jubé.

Neuf ans après, en Mars 1845, Casimir Lefaucheux rachète le fonds d’arquebusier au même Mr Camille Jubé.

Ci-dessous l’acte et les conditions de rachat par Mr et Mme Lefaucheux.

Acte de vente entre Camille Jubé et Casimir Lefaucheux.

Entre les soussignés:

Mr Camille Auguste Jubé, armurier, arquebusier demeurant à Paris, rue de la Bourse n° 10 d’une part,

et Mr Casimir Lefaucheux et Madame François Constance Faivre, son épouse qu’il autorise, demeurant ensemble à Paris, rue de la Bourse n° 10 d’autre part, a été convenue ce qui suit :

Mr Jubé vend par en présenter avec toute garantie de fait et de droit :

A Mr et Mme Lefaucheux qui acceptant le fond d’armurier et d’arquebusier que Mr Jubé exploite à Paris dans une maison à situer en ladite ville rue de la Bourse n° 10.

Ce fond consiste dans l’achalandage qui y est attaché et dans les divers effets mobiliers, ustensiles et outils servant à son exploitation.

Lesquels objets sont détaillés en un état estimatif qui a été dressé entre les parties.

Ainsi que ledit fonds se poursuit et comporte sans aucune exception ni réserve.

Les acquéreurs reconnaissent être en possession et jouissance du fonds présentement vendu depuis le premier janvier dernier.

Charges et conditions

La présente vente est faite aux charges, clauses et conditions suivantes que Mr et Mme Lefaucheux s’obligent conjointement et solidairement d’exécuter et d’accomplir savoir :

1° de prendre ledit fonds d’arquebusier et les effets mobiliers, ustensiles et outils en dépendant dans l’état où le tout se trouve actuellement.

2° d’acquitter a compter du premier janvier mil huit cent quarante cinq les contributions mobilières et personnelles des patentes et autres auxquelles l’exploitation dudit fonds peut donner lieu, quoique lesdits contributions soient portées au nom de Mr Jubé et de satisfaire aux charges  d’évoluent de police de manière que Mr Jubé ne soit aucunement iniquité ni recherché à cet égard.

3° de prendre pour le prix qui sera ci-après fixé toutes les marchandises dépendant dudit fonds d’arquebusier.

Lesquelles marchandises se trouvent détaillées en un état estimatif fait double entre les parties.

4° d’entretenir le bail du lieu où l’exploite ledit fonds d’arquebusier, lequel bail doit cesser le premier avril prochain.

Prix

En outre la présente vente est faite moyennement :

  • 1e la somme de quatorze mille francs de prix principal pour l’achalandage dudit fonds d’arquebusier, les ustensiles et outils servant à son exploitation
  • 14000,00 frs.
  • 2e celle de trente cinq mille neuf cent dix huit francs quatre vingt dix centimes de prix principal pour les marchandises garnissant ledit fonds d’arquebusier
  • 35918,90 frs.
  • 3e de plus les acquéreurs s’obligent a tenir compte au vendeur de la somme de sept cent quatre vingt sept francs cinquante centimes pour trois mois de loyer a échoir au premier avril mil huit cent quarante cinq du bail où exploite ledit fonds.
  • Les sept cent quatre vingt sept francs cinquante centimes formant le solde des six mois de loyer payé d’avance par Mr Jubé
  • 787,50 frs.
  • Total cinquante mille sept cent six francs quarante centimes
  • 50706,40 frs.
  • Sur cette somme Mr et Me Lefaucheux ont payé à Mr Jubé qui le reconnait la somme de dix mille francs
  • 10000,00 frs.

Dont quittance

  • Reste du quarante mille sept cent six francs quarante centimes
  • 40706,40 frs.

Quant au quarante mille sept cent six francs quarante centimes de surplus Mr et Mme Lefaucheux s’obligent conjointement et solidairement à les payer savoir :

  • 1e douze cent quatre vingt treize francs vingt cinq centimes à Mr le comte Grancey sur l’avis du vendeur, ladite somme actuellement exigible
  • 1293,25 frs.
  • 2e également en l’acquit du vendeur le montant de divers billets souscrit par ce dernier au profit divers à l’échéance de ce jour à fin juillet prochain la somme de cinq mille quatre cent quarante huit francs quarante cinq centimes faisant avec celle de onze cent vingt sept francs montant de plusieurs billets à ordre souscrit par Mr Jubé à l’échéance de janvier dernier jusqu’à ce jour et acquittés par Mr et Mme Lefaucheux  la somme totale de six mille cinq cent soixante quinze francs quarante cinq centimes.
  • 6575,45 frs.
  • 3e à Mr Jubé vendeur ;
  • 1° trois mille quatre cent vingt quatre francs cinquante cinq centimes le trente un juillet mil huit cent quarante cinq
  • 3424,55 frs.
  • 2° dix mille francs le trente un juillet mille huit cent quarante six
  • 10000,00 frs.
  • 3° dix mille francs le trente un janvier mille huit cent quarante sept
  •  10000,00 frs.
  • 4° neuf mille quatre cent douze francs quarante cinq centimes le trente un juillet mille huit cent quarante sept
  • 9412,45 frs.
  • Total égal quarante mille sept cent six francs quarante centimes
  • 40706,40 frs.

La somme de vingt neuf mille quatre cent douze francs quarante cinq centimes formant l’objet des trois derniers paiements produira des intérêts à six pourcent par an à compter du premier janvier mil huit cent quarante six, lesquels intérêts seront payables en même temps que le principal .

Pour faciliter a Mr Jubé la disposition de la portion du restant due et non déléguée du prix de la présente vente Mr et Me Lefaucheux ont souscrit quatre billets a son ordre a l’échéance de l’époque ci-dessus fixée. Lesquels billets Mr Jubé reconnait avoir en sa possession.

Les intérêts des trois billets représentant les trois dernières sommes produisant intérêt, courent depuis le premier janvier prochain jusqu’au jour de l’échéance ont été compris dans chaque billet en raison de la somme principale et suivant l’importance desdits billets.

Ces billets ont été causés valeur en fonds d’arquebusier et marchandises.

Ils ne font qu’une seule et même chose avec ce présent et leur acquit opéra la libération du prix de la présente vente.

Tous ces paiements   devront être faits en bonnes espèces de monnaie d’or ou d’argent aux cour titre et poids de ce jour et non en billets papier monnaie ou autre valeur représentant du numéraire dont le cours même forcé viendrait a être introduit en vertu de toute s lois et ordonnance au  bénéfice desquelles  Mr et Mme Lefaucheux renoncent   dès à présent et d’honneur.

A défaut de paiement d’une seule des sommes ci-dessus énoncé a son échéance et trois jours après une simple mise en demeure ou à partir du projet d’en desdits billets, la totalité du prix de la présente vente qui restera encore due deviendra immédiatement et de plein droit exigible si bon semble à Mr Jubé et sans qu’il ait besoin de faire prononcer cette exigibilité en justice.

Dans le cas où Mme Marguerite Bernot mère de Mme Lefaucheux viendrait à décéder avant le remboursement intégral du prix de la présente vente et nonobstant les époques du paiement ci-dessus fixée ce qui resterait dû sur les prix de la présente vente deviendra de plein droit et immédiatement exigible si bon semble à Mr Jubé jusqu’à concurrence de l’émolument que recueillera Mme Lefaucheux dans ladite succession .

Me  Jubé pourra exiger ce remboursement dans les trois mois à compter dudit décès sans que Mme Lefaucheux puisse réclamer un plus long délai, mais a la charge par Mr Jubé de déclarer dans cet intervalle sa volonté d’être remboursé, dans ce cas Mr Jubé pour recevoir ce remboursement devra remettre à Mr et Mme Lefaucheux les billets par lui souscrite jusqu’à concurrence des sommes par lui reçues au moins deux mois d’avance.

Réserve de privilège

A la sureté et garantie du paiement de ladite somme de quarante mille sept cent six francs quarante centimes restant encore due en principal et intérêts le fonds d’arquebusier et les marchandises la garnissant demeurent affectée par privilège spécial expressément réservé au vendeur.

Transport en garantie

Ce pour plus de sûreté du paiement de ladite somme de quarante mille sept cent six francs quarante centimes Mr et Mme Lefaucheux aident délèguent et transportant par ce présent avec toute garantie à Mr Jubé qui accepta :

1 la nue propriété d’une somme de six mille francs grevée de l’usufruit de Mme Bernot montant en principal  d’une obligation reçue par Me Olagnier et son collègue notaire à Paris le huit et vingt novembre mil huit cent trente sept enregistré et souscrite au profit de Mme Lefaucheux par Me Jacques François Debon, entrepreneur de bâtiments et dame Henriette Athénaire Cabaret son épouse demeurent ensemble  à Paris rue des vinaigres n° 25 débiteurs solidaires.

2 la nue propriété d’une somme de quatre mille francs également grevée de l’usufruit de ladite Mme Bernot, montant d’un transport fait à Mme Lefaucheux  suivant acte reçu par ledit Me Olagnier le onze, treize et quatorze novembre mil huit cent trente sept enregistré par Mr Jacques Valey, propriétaire demeurant à Paris allée Marboeuf n° 17.

Mr et Mme Lefaucheux s’obligent à réaliser le transport en garantie ci-dessus consenti par acte devant notaire à la première réquisition de Mr Jubé et aux frais de Mr le baron Lecouteulx ci-après nommé.

Pour faire publier ce présenté tout pouvoir sont donnés au porteur d’un des doubles des présentes.

Pour l’exécution des présentes les parties font l’élection de domicile en leurs demeures sus indiquées.

Fait double à Paris les vingt huit et trente un mars mil huit cent quarante cinq en présence de Mr le baron Benigné Léon Lecouteulx, propriétaire demeurant à Paris, rue d’Anjou St Honoré n°11 ter.

Approuvé l’écriture ci-dessus et d’autres part

Camille Jubé.

Camille Jubé, un passage dans la vie de Casimir Lefaucheux

Sources:

® et © Lefaucheux, Novembre 2017.

Un coffret de luxe Lefaucheux dans CIBLES 572 du mois de Novembre 2017

Parution d’un article dans le CIBLES 572 du mois de Novembre 2017 sur 4 pages (page 68 à 72) consacré à un coffret de grand luxe Lefaucheux.

L’ensemble de l’histoire d’Eugène Lefaucheux est à retrouver ici

Tome 1 : L’histoire du personnage et l’entreprise Lefaucheux 

http://www.crepin-leblond.fr/livres/750-eugene-lefaucheux-ou-l-apotheose-de-la-saga-familiale-9782703003786.html?search_query=Lefaucheux+&results=16

Tome 2 : La production et datation des armes d’Eugène Lefaucheux 

http://www.crepin-leblond.fr/livres/602-la-production-des-modeles-d-eugene-lefaucheux-9782703004103.html?search_query=Lefaucheux+&results=16

Le plus petit Lefaucheux du monde

Le plus petit Lefaucheux au monde.

Ce que vous voyez la, est probablement une pièce exceptionnelle, rare et unique.

C’est un revolver Lefaucheux tirant du 2 mm à broche.

Cette arme doit être considérée comme un objet-bijou, elle a été fabriquée sur une base de fameux 7 mm en double action uniquement.

Les plaquettes de la crosse sont en plaqué or, carcasse et barillet en argent.

L’ensemble de l’objet-bijou est ciselé des feuilles, des fleurs et de torsades.

Le barillet  comporte 6 coups à broche d’un calibre de 2 mm.

Le mécanisme est en « Double Action » ou en « Feu Continu », conforme à celui du classique 7 mm,  fonctionnelle et en état de marche.

Le chien sans crête et la portière de chargement s’ouvrant vers le haut.

La détente repliable.

@ et ® Lefaucheux, octobre 2017

Le fusil Robert

Le fusil Robert :

Introduction :

Joseph Robert est contemporain à Casimir Lefaucheux.

Inventeur, Joseph-Alexandre ROBERT est né à Tusson (16) le 12 janvier 1807.

Il était le fils de Jean ROBERT (agriculteur) et Françoise CHILLAUX, propriétaires à Tusson.

Vers 1830 il est à Paris comme étudiant en chirurgie dentaire, domaine qu’il va très vite abandonner pour se lancer dans l’arquebuserie.

Arquebusiers à Paris (1829-1840) au, 17 rue du Faubourg Montmartre et dont les ateliers sont situé au 3 bis rue du Coq-Héron.

En avril 1831, il dépose un brevet pour la fabrication d’un fusil se chargeant par la culasse.

Cette invention est considérée comme « remarquable » et l’Exposition Nationale de Paris en 1834 va lui décerner la médaille d’or de première classe pour son invention.

Cette distinction n’avait jamais été accordée aux progrès des armes.

Inventeur du premier système sans chien extérieur en 1829.

Médaille d’or à l’académie de l’industrie le 12 juin 1833

Médaille d’or de 1ère classe à l’exposition nationale de 1834 à Paris pour son fusil à chargement par la culasse.

Ingénieur civil et Docteur es-sciences, Joseph-Alexandre ROBERT va orienter ses recherches dans différents domaines : l’éclairage, la dénaturation des alcools destinés à l’industrie, les pompes à incendie…

On pense qu’il a déposé 13 brevets d’invention.

Marié en première noces avec Lydie CHILLAUX (23 avril 1851 à Villejésus), il épousera après le décès de celle-ci Julie BRILLARD.

Très attaché à sa région natale, il y fera bâtir plusieurs résidences.

Ces constructions témoignent encore de la considérable fortune de l’inventeur.

Joseph-Alexandre ROBERT décédera à son domicile de Tusson le 24 janvier 1885.

Fonctionnement :

Ce fusil se compose d’un canon ouvert à sa partie postérieure et d’une culasse réunie à un levier, qu’on élève ou qu’on abaisse par le moyen d’un anneau et qui s’applique exactement sur l’orifice du canon.

Cette culasse fait corps avec deux joues qui la prolongent et tournent autour d’une forte vis ; sa partie antérieure est prolongée par une petite pièce qui est le « bandeur », dont l’extrémité appuie, par une petite roulette, sur un ressort attaché à la sous-garde, lequel est terminé par un marteau dont la partie supérieure, nommée « croissant », fait enflammer la cartouche en frappant de bas en haut le petit tube renfermant l’amorce fulminate.

Pour charger le fusil on saisit le levier par l’anneau et on le soulève, la culasse s’ouvre, découvre la chambre du canon, on y introduit la cartouche, on referme la culasse par le mouvement contraire du levier.

En ouvrent les canons la roulette compresse le grand ressort – marteau, dont l’extrémité vient se glisser sous le triangle de la détente.

Le fusil est armé, il n’y a plus qu’à tirer en pressant la détente pour libéré le grand ressort-marteau et de faire feu.

Marquages et poinçons :

  • Sur le haut de la culasse et en arc de cercle :
  • « Médaille d’or exposition de 1834 académie de l’industrie société d’encouragement » et « JAR »

  • Sur le canon en lettres d’or : « Fusil Robert Bté à Paris », précédé de plusieurs autres poinçons dont « JAR » pour « Joseph Alexandre Robert ».

  • Sous les canons : « Pincon », probablement le nom du canonnier.

  • Sur le levier de culasse des chiffres et de lettres « 6X0  20 D » dont j’ignore la signification.

Caractéristique technique :

  • Longueur totale : 1170 mm
  • Longueur des canons : 756 mm
  • Distance 1ère détente plaque de couche : 380 mm
  • Diamètre sortie des canons : 16.2 mm

Sources :

  • Le «Qui est Qui » de Jarlier
  • La BNF – Gallica.
  • http://paysdaigre.pagesperso-orange.fr/hpa/textes/biographies/robert.htm
  • Généanet

® et © Lefaucheux Septembre 2017

La Maison Albert Féminier

L’armurier Albert Eugène Féminier exerce son métier à Alaïs, 96 Grande Rue, dans le Gard.

Il ne figure pas dans le « Qui est Qui » de Jarlier.

Facture du 10 novembre 1873 pour l’achat et l’échange d’un fusil pour le garde-chasse  du Comte de Bernis.

Jules de Pierre de Bernis, dit le Comte de Bernis est un homme politique français, né le 8 janvier 1842 à Nîmes (Gard), mort le 16 juillet 1902 au château de La Marine, près de Nîmes.

Il est notamment député du Gard de 1889 à 1898.

« Source : Wikipédia »

® et © Lefaucheux, septembre 2017

Carabine-revolver de la garde égyptienne, le LF 1212 – 335

Revolver-Carabine Lefaucheux 12 mm à broche, le LF 1212 – 335

Introduction:

Il faut croire qu’Eugène Lefaucheux aurait bien voulu que cette arme soit acceptée comme réglementaire dans la cavalerie française.

Hélas pour lui cela n’arriva pas et à aucun moment dans les archives d’Eugène Lefaucheux je n’ai trouvé trace de cette arme, aussi bien au niveau conception qu’essais.

Sauf peut-être dans sa correspondance avec Henry Patto, son coactionnaire, entre 1855 et 1864 où on parle, vers 1856, d’une livraison de carabines à  la Maison Lepage, à la Maison Thomas ainsi qu’à un certain Général Prim.

Il n’y aura finalement que l’Egypte qui acceptera cette arme au sein de la garde personnelle de Saïd-Pacha.

Eugène Lefaucheux en aurait livrée environ 400 et non 250 comme signalée dans certaines sources.

La numérotation actuelle de ces carabines-revolvers va du LF 495 au LF 1373 et les matricules de la garde du 22 au 355.

Le revolver-carabine à 6 coups est sur la base d’un revolver 1854, dont Eugène Lefaucheux déposa le brevet initial le 15 avril 1854 et qui fut, après de nombreuses modifications, adopté par la Marine Impériale le 27 octobre 1857.

Ayant cédé sous la pression, son brevet au Ministère de la Marine, Lefaucheux garde néanmoins la liberté de la fabrication et du développement de son arme, pour le marché civil français et étranger dans ses propres ateliers.

Il va donc s’efforcer de décliner son « 1854 » dans de nombreuses configurations.

Le revolver-carabine à crosse squelette fixe est dénommé par les collectionneurs comme  « Carabine de cavalerie égyptienne » dénomination qui semble, selon certaines sources, ne pas être correcte.

 Source : « Les revolvers à broche » de Jean-Pierre Bastie, page 49-50, édition « Etai » :

« Ces armes sont destinées à la garde personnelle de Saïd Pacha et c’est lui et non son successeur qui les commande aux établissements Lefaucheux, où il achète depuis longtemps déjà une partie de ses armes de chasse.

Au début des années 1870, ces armes sont reversées aux cavaliers de la garde municipale du Caire ».

  •  Cette crosse squelette métallique est fixe (par 3 vis à bois).

  • La grosse différence par rapport aux revolvers 1854, c’est que la crosse est d’une seule pièce, d’où la suppression des rosettes, de la vis centrale ainsi que l’atrophie de la branche supérieure.

  • Le talon de la crosse est fixé par deux vis, l’un à bois, l’autre dans le bras inférieur de la crosse.

  • L’anneau de la crosse est muni d’une chaînette reliant la crosse squelette.

  • Le mécanisme est exactement identique aux autres versions habituelles du 1854, à savoir Simple Action et 12 mm à broche.
  • Le barillet a été néanmoins rallongé de 8 mm ce qui autorise le tir de cartouches plus puissantes.

  • Ce modèle comporte la planchette de hausse réglementaire graduée de 0 à 200 mètres.

  • Le pontet comporte un repose-doigt et le talon de la crosse est plat (comme sur l’ensemble des versions observées).

  • La crosse est maintenu à la carcasse de l’arme par une grande vis unique qui traverse le bras supérieur, la crosse, le grand ressort et se visse dans le bras intérieur (donnant une certaine impression de fragilité de cette partie de l’arme).

  • La faiblesse de l’arme réside dans la fixation de la crosse squelette par 3 vis à la crosse, puisqu’il n’était pas rare qu’après avoir épuisé les 6 cartouches au tir, la carabine-revolver ne se transforme en « batte de base-ball », ou une chute malheureuse de l’arme, ce qui semble avoir été le cas du LF 1212.

Caractéristiques techniques:

  • Longueur totale:         835 mm
  • Longueur canon:        397 mm
  • Barillet :                      12 mm à broche
  • Longueur barillet:       40 mm
  • Diamètre du barillet : 42mm
  • Mécanisme :               Simple Action uniquement.
  • Poids:                         2165kg

Marquages et poinçons:

L’arme comporte les marquages classiques d’un Lefaucheux, à savoir :

  • Sur le dessus du canon encore partiellement lisible :

« INVon E. LEFAUCHEUX BRte PARIS »

  • Sur la console droite le fameux « LF » avec le pistolet brisé suivi du numéro « 1212 »

  • L’ensemble des pièces comporte le numéro « 2N »

  • Sur la console gauche la matricule de la garde « 335 ».

Conclusion:

  • Arme bien équilibré et maniable.
  • Pièce pas fréquente puisque la fabrication ne de passe pas le 400 pièces sur un total d’environ 2400 carabines-revolvers modèle 1854.

© et ® Lefaucheux Septembre 2017

Un revolver 1854 sous licence Italienne

Un revolver 1854 sous licence Italienne :

De loin ce revolver ressemble en tous points à un 1854 ordinaire sortant des ateliers d’Eugène Lefaucheux à Paris.

Même aspect, même taille, même mécanisme, même dimension.

Il faut se rapprocher de l’arme et observer les marquages pour s’apercevoir que l’arme est certes un revolver 1854 mais fabriqué sous licence en Italie, par Glisenti à Brescia.

Il est à ce demandé si le mot « fabriqué » est juste….puisque :

Le 10 avril 1863, le Royaume d’Italie, conclu un important marché avec la maison E. Lefaucheux, concernant un ensemble de pièces détachées, malheureusement le détail de la liste n’est mentionné, ni les quantités.

Des pièces détachées pour la réparation des quelques 27.000 revolvers fournie aux Italiens depuis 1860 ou un ensemble des pièces permettant d’assembler des nouvelles armes ?

Il est donc permis, sauf à preuve du contraire, que les pièces de cette commande ont été fabriqué à Paris et que l’ajustement et l’assemblage a eu lieu chez Glisenti à Brescia, donnant naissance aux revolvers « ACCIAJO FUSO » (qui veut dire : « Acier Fondu »)

Un assemblage sous licence et donc pas une fabrication

Important : ceci est pour le moment une hypothèse de réflexion ; je n’ai aucune preuve de la véracité ou pas de cette affirmation (à preuve du contraire) mais elle a le mérite d’être posée.     

Marquages et poinçons

L’arme comporte plusieurs poinçons et de marquages :

  • Sur le tonnerre droit ; 2 lettres « SD », déjà fréquemment vue sur d’armes de l’armée Italienne, donc ceux en provenance des ateliers d’Eugène Lefaucheux.

  • Sur l’embase droite : « 1370 », « ACCIAJO FUSO » et «GC» ou « GG ».

  • Sur l’embase gauche : « G. GLISENTI, BRESCIA ».
  • Sous le canon, juste devant l’axe central, un poinçon, une sorte de « Ô » qui m’est inconnue.

  • Sur le barillet, face externe un « SD » et un « G », sur la face interne un nombre « 70 » qui semble être son numéro d’assemblage, puisque ce « 70 » retrouve aussi sur la face interne de la culasse, sur les montants de la crosse. Le « 70 » est probablement en relation avec le « 1370 » de l’embase droite, puisque sur le canon on ne retrouve pas le numéro d’assemblage.

  • Sur le dos de la carcasse, au niveau des vis tenant le bras supérieur ; à gauche « R.P. » et à droite « 10 »
  • Sur le montant inférieur, au niveau de la vis tenant le grand ressort, un autre marquage, difficilement identifiable et que semble être « GC20 » ou « GG20 »

  • Sur la face interne des plaquettes, outre le « 70 » il y a aussi le mot « PRATI » imprimé dans le bois, dont ignore la signification, probablement le nom du façonneur.

© et ® Lefaucheux juillet 2017

la Maison Salmon

Lettre d’Augustin Barrachin adressé à son Armurier Salmon à Charleville:

Barachin 7 août 1842 (écriture de Mr Salmon)

Monsieur Salmon

Arquebusier

Près de la Grille

Charleville (Ardennes)

 

Signy le petit 6 août 1842

Monsieur Salmon à Charleville,

Vous recevrez très prochainement ma canardière dont le canon n’est pas droit, elle a par conséquence une portée très courte et oblique et diffuse, en autre son recul est violent, je vous prie de l’examiner et si vous pouvez corriger ces défauts en lui mettant une enlarge anglaise, en remplacent les … par un piston et en redressant le canon, même au moyen d’un foret, je vous prie d’y faire une addition et réparation. Toutefois à la condition quelle rendront cette arme bonne et capable du service que l’on doit attendre de la force et de la longueur du canon.

Je désirerais être très promptement en possession de ma canardière et je voudrais qu’elle puisse m’être retournée avant le 20 par Mr Chapelier, messagerie de Maubert – Fontaine qui se rend tous les lundis dans votre ville.

Si votre travail est terminé avant l’époque indiquée, je vous prierai de m’adresser en même temps :

  • 2 kg plomb N° 4
  • 2 kg plomb N° 8
  • 1 kg plomb N° 7
  • 2 kg plomb N° 5

Une boîte de capsules bombée, 250 en nombre.

Si au contraire la canardière ne puisse me parvenir avant le 20, vous m’obligerai de profiter de la première occasion de la messagerie pour m’envoyer les articles que je vous demande.

Vous priant de me répondre aussitôt que vous aurai visité la canardière, à laquelle il ne faut rien faire si vous ne pouvez la rendre bonne, ou si la réparation devrait être d’un prix considérable pour une vieille arme.

Je vous prie de recevoir mes salutations sincères

Aug. Barrachin

__________

Le « Qui est Qui » dans cette lettre: 

Augustin Barrachin, né le 26 août 1797 à Reims.

« En la maison du citoyen Barrachin »

Maitre de forges dans les Ardennes

Maire de Signy le-Petit (Ardennes)

Conseiller général, député (1831), chevalier Légion d’honneur

Mort à Signy-le-Petit le 6 mai 1883.

Veuf d’Elisabeth Andrieux dont il aura 2 fils, Léopold et Edmond.

__________

Les armuriers Salmon :

Les Salmon sont armurier de père en fils :

Antoine Salmon, ancien armurier en 1813.

  • Jean Louis Salmon, armurier et fils d’Antoine, ce marie le 22 mars 1813.
  • Nicolas Salmon, armurier, déclare la naissance de sa fille, le 19 mars 1814.
  • Pierre Salmon, armurier, déclare la naissance de son fils Augustin le 3 mars 1817.
  • Antoine Salmon, né en 1799, déclare le 10 septembre 1833 être arquebusier à Charleville.

Par la suite je n’ai pas trouvé de traces de fils étant eux aussi Armurier.

Il est donc difficile de déterminer à qui cette lettre est adressée.

Source : Archives des Ardennes.

® et © Lefaucheux juillet 2017

Une paire de pistolets de Casimir Lefaucheux, les LF 89.

Deux pistolets LF 89 de Casimir Lefaucheux selon le brevet 1371 du 2 mai 1845.

C’est le  17 décembre 1835 que Camille Auguste Jean Baptiste Napoléon Jubé de la Perelle, achète à Casimir Lefaucheux, le fonds de commerce de la rue de la Bourse, ainsi que les bénéfices résultant des brevets et traités signés avec les armuriers.

Prix d’achat est de 25.000 francs et l’entrée en jouissance est fixée au 1er janvier 1836.

La raison de cette vente reste à l’heure actuelle encore une énigme.

Casimir Lefaucheux et sa famille retourne dans son Maine natal et s’achète une maison aux Ponts-de-Gennes pour la somme de 6000 francs où il déposera plusieurs brevets dans le domaine du Cidre et l’Hippomobile.

Très probablement c’est par intermédiaire de Devisme, qui lui rachète un brevet, que Casimir Lefaucheux revient à Paris et aux inventions arquebusières.

Il se fait domicilier au 10, rue de la Bourse et rachète le fonds d’arquebusier en Mars 1845.

C’est dès le 2 mai 1845 que Casimir Lefaucheux  prend le brevet d’invention no 1371 pour un pistolet à chargement par la culasse.

C’est un système ingénieux :

Pour charger, il suffit de faire pivoter latéralement le canon sur l’axe inférieur et parallèle à ce dernier, fixé au bâti.

Le principe est simple, la fabrication facile, l’emploi fiable.

La conception et le principe de fonctionnement ressemble beaucoup au brevet Leroy du 8 septembre 1815.

Les deux pistolets LF 89  à mono coups avec canon pivotant.

Ces deux pistolets sont très différents du LF 125 issu du même brevet.

Pistolet Casimir Lefaucheux 9 mm

Les deux LF 89 (la aussi une rareté) sont d’un calibre supérieur avec un canon moins long, moins épais, s’ouvrent vers la gauche et non vers la droite comme sur le LF 125.

Dimension, marquages et poinçons :

  • Longueur totale :  170 mm
  • Poids : 212 grammes pour l’un, 216 grammes pour l’autre.
  • Longueur du canon :              76.2 mm

Canon lisse a priori chambré avec une entrée de 11.5 mm à broche et une sortie de 10.4 mm

Mécanisme. en Simple Action uniquement, avec une détente escamotable après armement du chien.

Gravure de feuilles, de fleurs et de lianes sur le chien, le bâti et le canon au burin.

Crosse en ébène de forme arrondie classique.

Sur la face supérieure du coffre le poinçon de Casimir avec le pistolet brisé suivi du numéro « LF 89 » pour les deux.

Sur le dessus du canon, en lettres gothiques « Lefaucheux Iteur. Bté. Paris ».

Sur son dessous un chiffre de « 191 » identique pour les deux.

Le brevet 1371 recevra un certain nombre d’additifs donnant naissance à la poivrière à broche.

Voir aussi le livre ;

  • « Casimir Lefaucheux Arquebusier 1802 – 1852 »
  • de Gérard Lautissier et Michel Renonciat
  • Edition du Portail
  • Page 40 et 41

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