Le LF2115, par Leclerc-Lefaucheux .

Le revolver dans ce coffret est le LF2115, fabriqué par Eugène Lefaucheux dans les ateliers parisien du 9 et 9bis rue Layette.


Le LF2115 se classe dans ce que j’appelle la 3ème modification, c’est-à-dire que :
– Le barillet est lisse.
– Le bras inférieur e la crosse est fixé par deux vis à la carcasse.
– La portière de chargement n’a pas lèvre de pincement.
– Le canon est fixé sur l’axe central par une vis désaxée.

Le modification 3 va du LF1587 au LF2203, notre revolver rentre parfaitement dans cette catégorie.


Le coffret est daté « Médaille d’Argent Laval 1857 ».
Il est probable que Paulin Leclerc a obtenu cette médaille lors de l’Exposition régionale de Laval en Septembre 1857.


Cette mention de médaille d’argent de 1857 est mentionnée sur une facture de 1874.
Le modification 3 dans la production d’Eugène Lefaucheux est situé entre Mai et Juin 1857.
Le LF2115 est en fin de cette modification est probable que se revolver est de Juin 1857.
Le temps que Paulin Leclerc commande le revolver, l’expédition ainsi que l’aménagement du coffret, nous sommes largement au-delà de Septembre 1857.

Qui est ce Leclerc-Lefaucheux ?


Paulin Hubert Leclerc, fils de Marin Leclerc et de Marie Besnard est né le 22 juin 1807 à Mayenne et il décède le 26 mars 1884 à Nantes, chez sa fille, au 92 Quai de la Fosse, à l’âge de 77 ans.


Il se marie avec Euphrosine Justine Renée Lefaucheux, née le 2 novembre 1810 à Bonnétable, fille de Pierre Lefaucheux et de Marie Cornu, le 27 janvier 1834 à Bonnétable.
Elle décède le 17 avril 1868, rue de la Halle à Mayenne.
Paulin Leclerc est donc le beau-frère de Casimir Lefaucheux et l’oncle d’Eugène Lefaucheux.
Il est armurier et associer avec Louis Doyen (en 1836) habitant au-dessus de l’armurerie 1 Rue Neuve de la Halle à Mayenne, dont il prendra la suite.
Le couple aura 3 enfants, dont Marin Paulin Leclerc, né le 29 septembre 1837, qui devait prendre la suite de son père mais il décède prématurément le 6 mai 1874 à l’âge de 36 ans.
Sur le recensement de 1866, Marin Paulin est déclaré comme armurier et en 1874 sur l’acte de décès comme arquebusier.
Après la mort de son fils Paulin Hubert Leclerc s’associe avec Alexandre Manigot, entre 1876 et 1881, puisque dans le recensement de 1881 il n’y a plus de Leclerc à la rue neuve de la Halle.
Sources : Archives de la Mayenne, de la Sartre, de la Loire-Atlantique et privé de l’auteur.

Le revolver LF2115 est présenté dans un coffret de luxe recouvert d’un velours vert.
Outre le revolver on trouve dans le coffret : un moule à balle, un tournevis, une dosette à poudre, un écouvillon de nettoyage un emplacement pour une boîte de cartouches ainsi un emplacement de rangement avec couvercle.
L’intérieur du couvercle, marqué à l’or :
« MEDAILLE D’ARGENT – LAVAL 1857
LECLERC LEFAUCHEUX
A MAYENNE »
L’arme présente est un 7 mm à 6 coups, avec un mécanisme en feu continue, à canon octogonal sur toute sa longueur, l’intérieur étant rayé.


Le LF2115 est marqué sur le tonnerre droite, sur le dessus du canon « INVon. E. Lefaucheux BRté. Paris ».


Sur le corps de la détente en ovale « INVon. E. Lefaucheux Breveté sgdg (Paris) et sur l’ensemble des pièces le numéro d’assemblage 98 F.


Sur le tournevis, à la base de la lame les lettres « KS ».


Des plaquettes en noyer verni et l’ensemble de l’arme est gravée de rinceaux feuillagés.

Dimension du coffret : 250 x 150 x 55 mm.
Poids à vide de l’arme : 403 grammes.
Longueur totale : 190 mm.
Longueur du canon : 85 mm, octogonale.
Mécanisme : Dit à « balancier », « à feu continu » ou encore appelé « double action »
Calibre : 7 mm à broche.

® et © Lefaucheux Novembre 2020.

Livres publiés par l’Auteur : 
Books published by the Author:

« Eugène Lefaucheux ou l’apothéose de la sage familiale » éditions Crépin Leblond 2013.
https://www.crepin-leblond.fr/divers/750-eugene-lefaucheux-ou-l-apotheose-de-la-saga-familiale-9782703003786.html

« La production des modèles d’Eugène Lefaucheux » éditions Crépin Leblond 2016.
https://www.crepin-leblond.fr/armes-de-poing/602-la-production-des-modeles-d-eugene-lefaucheux-9782703004103.html

Le LF120, une carabine-revolver en calibre 28.

La carabine-revolver Lefaucheux M1854 est un modèle qui n’a été faite qu’à environ 2450 pièces. Elle existe en de multiples variations :
– Calibre 28, 15 mm et 12 mm.
– Canon lisse ou rayé.
– Crosse pleine de type fusil ou crosse revolver prolongé d’une squelette amovible ou fixe de type « Egyptien ».

Ici ont à une Carabine-revolver, calibre 28 à canon rayé et à crosse de type fusil, le LF120.


Le LF120 fait partie de ce qu’on appelle « 1er type ». L’arrière de la culasse est en forme de « dôme », mais possède déjà une lèvre de pincement sur la portière (que le LF113, n’a pas encore) et une baguette d’éjection à tête de clou (la première carabine M1854 observée à une baguette en « L »).
Le blocage du barillet à l’armé ce fait sur le pourtour de ce dernier, sur la première observé le blocage se fait en interne comme sur le revolver LF28.

Le LF120 diffère beaucoup du LF 161, non pas esthétiquement mais dans les détails.


– Sur le LF120, le frein du barillet est entre le barillet et le canon, sur le LF161 il est sur l’axe central.
– La fixation de la portière de chargement est à 2 vis sur le LF120 et classique à une vis sur le LF161.
– Les mires et guidons non sont pas identiques.
– La forme du pontet diffère.


– Le canon du LF 161 plus long de 9 centimètres.

Poinçons et marquages :
Sur l’embase, entre le pontet et le barillet est marqué, et de manière inhabituelle « INVon E. Lefaucheux BRté Paris LF120 ».


Le numéro d’assemble semble être le « 10 » puisque c’est le seul chiffre retrouvé sur certaines pièces, mais pas sur toutes.

Caractéristiques techniques :
Poids à vide : 3302 grammes
Longueur totale de l’arme : 1030 mm
Longueur du canon : 580 mm, octogonal sur toute la longueur.
– Intérieur du canon : Rayé
Fixation du socle à la carcasse : par 3 vis.
Mécanisme : Simple Action uniquement.


Barillet : 6 coups, Calibre 28 à broche.
– Longueur du barillet : 55,3 mm.
– Diamètre du barillet : 58,3 mm.
Portière de chargement : Avec lèvre de pincement.
Grand ressort : En « V », fixé par une grosse vis sur la queue de sous-garde.
Chien : Crête relevée, et tête en demi-cercle avec une entaille pour prendre la visée.
Pontet : Type rond.
Baguette d’éjection : En forme de « tête de clou » permettant de repousser les douilles hors du barillet.
Crosse : Type « Anglaise », avec plaque de couche.

® et © Lefaucheux novembre 2020.

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« Eugène Lefaucheux ou l’apothéose de la sage familiale » éditions Crépin Leblond 2013.
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« La production des modèles d’Eugène Lefaucheux » éditions Crépin Leblond 2016.
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Le revolver de Blas Troncoso offert par Jules Tiffou.

L’arme ici présenté est l’œuvre de René Louis Briand, né en Vendée, commune d’Ardelay canton « Les Herbiers » le 17 octobre 1814. Fils de Louis Briand, maréchal taillandier et de Marie Jeanne Briand.


A une date imprécise René Louis monte à Paris pour devenir armurier à Paris, au 23 Boulevard Sébastopol.
René Louis meurt le 4 décembre 1862 au 4 Parvis Notre Dame à Paris. Sur l’acte de décès il est déclaré célibataire. Le 4 Parvis de Notre Dame à Paris correspond à l’Hôpital Hôtel-Dieu.


Il déposera plusieurs brevets et récoltera plusieurs récompenses.
L’arme est indéniablement un M1854 de type Lefaucheux, mais aucune marquage ou poinçon ne permet de relier l’arme à ce dernier, ni à une fabrication Belge.


Les noms Blas Troncoso Santiago par Jules Tiffou du Chili marqué en lettres d’or permette éventuellement de penser à une fabrication Espagnole.
La société Briand &Cie à des connexions avec l’Amérique du Sud puisque le 10 décembre 1862, soit 1 semaine après la mort de René Louis Briand, la société est dissoute devant notaire à Paris.


Dans l’acte de dissolution un certain Dominique Coustasse, négociant à Séréna Chili est mentionné.

Dans et pour quelle circonstance ce coffret a été offert par Jules Tiffou à Blas Troncoso et préparé par René Louis Briand n’est pas connu mais néanmoins nous pouvons éventuellement faire un rapprochement de datation.

L’arme est indéniablement un type M1854.
Le pontet est relié à la carcasse par 3 vis, détail qui sur les armes Lefaucheux prend effet vers septembre 1857.
L’axe centrale est équipé d’un frein /ressort, ceci prend effet vers Janvier 1858.
La vis du grand ressort traverse le bras inférieur de la crosse de part en part, est observé après Juin 1858.
Le couvercle du coffret indique « 5 Médailles d’honneur » et qu’une réclame dans un journal d’Août 1858 mentionnent 4 médailles….


La société Briand & Cie a été dissoute en décembre 1862.
Vue que l’arme ne semble pas être une fabrication Lefaucheux nous pouvons aisément dire que la datation de cette fabrication est largement après cela et donc à situer entre la fin-1859 et la mi-1862.

Néanmoins Jules Tiffou est un français installé au Chili.

L’arme ne comporte aucune indication de poinçon ou autre marquage de fabrication.
Sur le contour du tonnerre : Blas Troncoso Santiago par Jules Tiffou du Chili.


Sur le dessus du canon : Briand à Paris.
Le coffret comporte sur le dessus du couvercle un écusson avec le nom du propriétaire :


Blas Troncoso Santiago.
A l’intérieur du couvercle sur un velours vert en lettres d’or sur plusieurs lignes :

« Cinq Medailles d’Honneur,
Briand et Cie,
Arquebusier Brevete,
23 Boulevart Sebastopol,
à Paris ».

La carcasse, le barillet, le chien et la crosse sont finement gravé de feuilles, sarments et grappes de vignes, …. Blas Troncoso serait vigneron?  C’est possible, en tout cas Jules Tiffou dissout, en septembre 1875, la société J. Tiffou & Cie. de négos de vins en gros.

Coffret :320 x 173 x 66 mm.
Poids à vide du revolver : 985 grammes.
Longueur totale : 292mm.
Longueur du canon : 160 mm.
Barillet : 6 coups, 12 mm à broche.
Mécanisme : Simple action.


Culasse : Forme de coquille Saint Jacques.
Grand ressort : transverse de part en part le bras inférieur de la crosse.
Plaquettes : En ivoire.

  • Sources:
  • Archives de Paris et Vendée par intermédiaire de Filea.com
  • Retronew par la BNF.

® et © Lefaucheux, Novembre 2020.

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Une carabine revolver à crosse amovible, le LF135.

Les carabine-revolvers M1854 existent sous différentes formes et de multiples variantes.


Le LF135 est en 12 mm de la première série puisque le l’arrière de la culasse en forme de « chapeau chinois » et que la portière de rechargement est dépourvue de lèvre de pincement contrairement au LF161 en calibre 28 dont l’arrière de la culasse est en forme de dôme et où la portière est équipée d’une lèvre de pincement.
Ce modèle comporte la planchette de hausse réglementaire non graduée sur son canon.


Les dimensions ainsi que le poids de l’arme me font penser que cette arme a été faite sur mesure pour une personne de petite taille.
En effet l’arme pèse 600 grammes de moins et est 85 mm plus court que la version M1854 Egyptienne.


La crosse est en deux partie : la crosse bois classique du M1854 mais d’un seul morceau avec son anneau de dragonne et une crosse squelette amovible en acier recouverte de cuir. Cette crosse métallique ce fixe par un mouvement de quart de tour à l’arrière de la crosse bois.


L’ensemble est présenté en deux partie dans un coffret en velours verte. L’intérieur du couvercle est marqué, en lettre or, au nom de l’armurier ayant commercialisé l’ensemble :
Lepage frères 12 rue d’Enghien à Paris.


Poinçons et marquages :
Outre le marquage à l’intérieur du couvercle se même nom se retrouve sur le dessus du canon mais dans un ordre différent : Lepage frères à Paris 12 rue d’Enghien. Le numéro de série LF135 se retrouve à l’emplacement habituel de M1854, à savoir entre le pontet et le barillet.


L’ensemble des pièces comporte le numéro d’assemblage 11D.
Le barillet et une partie de la carcasse est gravé de feuilles et de lianes.


Caractéristiques techniques :
Coffret : 515 x 195 x 70 mm avec un habillage en velours de couleur verte.
Poids à vide : 1595 grammes.
Longueur totale : 750 mm.
Longueur du canon : 330 mm, rayé
Attache du bras inf. à la carcasse : Par 2 vis
Mécanisme : Simple action seulement.
Barillet : 6-coups, 12mm à broche.

® et © Lefaucheux novembre 2020.

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Une carabine revolver Lefaucheux en 12 mm, le LF1171.

Carabine – revolver Lefaucheux 12 mm à broche, le LF1171.

Introduction:

Casimir avait construit sa réputation sur les fusils se chargeant par la culasse. Lors de son décès en 1852, sa femme et son fils, Eugène Lefaucheux, continueront la fabrication des armes au 37, rue Vivienne à Paris. C’est la fabrication et la commercialisation des fusils qui fait vivre la maison. La clientèle de la maison est d’ailleurs presque exclusivement constituée de chasseurs, même si le désir le plus cher de Casimir Lefaucheux aurait été de pénétrer les marchés avec l’armée, mais il n’y parviendra jamais.
Son fils Eugène par-contre réussira très bien. Il n’est donc pas faux de dire que la plupart des gens s’intéressant un peu aux armes Lefaucheux ont tendance à attribuer les fusils à Casimir et les revolvers à Eugène.


Cette observation est un peu courte et réductrice car, quand on regarde de plus près le parcours professionnel d’Eugène Lefaucheux, on constate qu’il s’intéresse aux fusils tout au long de ses 27 ans de carrière, en tant qu’armurier et fabricant d’armes (1854-1881). Nous pouvons facilement dire que les revolvers assurent le pain quotidien de l’entreprise et que le bénéfice de celle-ci permet à Eugène Lefaucheux de consacrer du temps à sa passion des fusils.
C’est tellement vrai que dès les années 1855 il transforme son revolver 1854 en carabine-revolver 12 mm, 15 mm et calibre 28 en 6 coups à broche. Les premières carabine-revolvers sont d’ailleurs en calibre 28 ou 15 mm et l’arrière de la culasse en forme de dôme comme sur les premiers revolvers 1854. Ce n’est que plus tard qu’il la déclinera aussi en 12 mm, calibre qui deviendra la règle.
La carabine revolver LF 1171fait partie de cela.


L’ensemble est sur une base de 1854, mais le barillet est plus long : 40 mm au lieu des 32 mm, le diamètre restant identique. Le canon est rallongé à 537 mm, mais l’attache à la carcasse reste la même, à savoir par le dessous de la console. Même au niveau de la fixation de la crosse, il n’y a pas de grande différence par rapport au revolver.
L’attache du bas est dans le prolongement du pontet forment une seule pièce et fixée par 3 vis à la carcasse, la crosse est maintenue par 2 vis à l’attache. L’attache supérieure est fixée par 2 vis à l’arrière de la carcasse comme sur le 1854, 1 vis fixe la crosse à l’attache.
Les vis de maintient traversent intégralement la crosse pour se visser dans les attaches.
Le grand ressort, comme sur le revolver se fixe sur l’attache inférieure.

Poinçons et Marquages :

Le numéro LF 1171 est placé au même endroit que n’importe quel revolver M1854, c’est-à-dire sur l’embase droite entre le pontet et le barillet. Le numéro d’assemblage qu’on retrouve sur l’ensemble des pièces est le 34M.


Sur le dessus du canon il y a l’inscription « E. Lefaucheux Bté à Paris ».

Caractéristiques techniques :

Poids de l’arme : 2125 grammes
Longueur totale : 980 mm.
Longueur canon : 567 mm rond.

Longueur détente – crosse : 365 mm
Barillet :6 coups, 12 mm à broche.
Intérieur canon : 4 rainures tournant à gauche.
Mécanisme : Simple Action

® et © Lefaucheux octobre 2020.

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« Eugène Lefaucheux ou l’apothéose de la sage familiale » éditions Crépin Leblond 2013.
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« La production des modèles d’Eugène Lefaucheux » éditions Crépin Leblond 2016.
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Un M1868 à percussion broche, le LF 87.

Introduction :

Le revolver « 1858 » et le « 1870 » de Marine sont les plus mythiques de l’épopée Lefaucheux.
Autant le revolver 1858 sera entièrement fabriqué dans la Manufacture de Saint-Etienne, autant le revolver 1870 le sera dans les ateliers du 194 rue Lafayette à Paris
L’histoire du revolver « 1870 de Marine » commence par une demande du 13 mars 1868, du Ministre au Président des Marchés Spéciaux de l’Artillerie et se terminera en septembre 1872.
Le samedi 6 juin 1868, Eugène Lefaucheux participe à une séance d’explication avec le « Comité », sur les deux types de revolvers de conception nouvelle ; l’un à broche, l’autre à percussion centrale. Suite a ses essais le brevet 82358 est déposé le 10 septembre 1868.


De nouveaux essais ont lieu le 29 janvier et 2 février 1869 sur le « Louis XIV » et le « Savoie ».
Le 7 Décembre 1869, le Ministre de la Guerre adopte officiellement le revolver d’Eugène Lefaucheux comme paraissant le mieux adapté pour les besoins du service de la Marine.
Néanmoins, il demande encore des essais afin de déterminer le choix entre un revolver à canon long de 154 mm, ou à canon court de 121 mm.
La Commission de tir se prononcera en faveur du canon raccourci, soit le canon de 121 mm.
La production totale des revolvers à percussion centrale, issus du brevet de Septembre 1868 dans les ateliers de la rue Lafayette aurait été, me semble-t-il, d’environ 9000 pièces.

Principe de fonctionnement du revolver 1868 :

La particularité du revolver issu du brevet de 1868 est qu’il fonctionne en Simple et Double action. C’est une nouveauté pour la Marine puisque le « 1858 réglementaire » ne fonctionne lui, qu’en Simple Action. Le rajout de la « Double Action » procure à l’arme un volume de feu dont le « 1858 » était privé.
Le mentonnet et la barrette de liaison entre la détente et le chien sont montés sur le même axe, sur le haut du corps de la détente. En pressant légèrement la détente, la barrette de liaison fait basculer le chien en arrière et prend le premier cran de la gâchette, le « cran de sûreté ».
La mise sur le « cran de sûreté » dégage la tête du chien, permettant au barillet de tourner librement et ainsi permettre le chargement ou déchargement des munitions.
Une nouvelle pression sur la détente permet de faire feu ou en tirant le chien en arrière avec le pouce et de mettre le chien sur le deuxième cran de la gâchette, le « cran de l’armé ».
Dans le même mouvement le mentonnet aura poussé le barillet 1/6ème de tour, par l’intermédiaire du rochet, afin d’aligner la balle du barillet en face du canon et le taquet de verrouillage, présent sur le haut de la détente, vient se bloquer dans l’arrêtoir du barillet.
Le tenon du chien est sorti de la mortaise de la barrette et le grand ressort est sous pression.
La pointe de la gâchette repose sur une encoche à l’arrière de la détente.
Le ressort de détente, à l’avant de celle-ci, offre une contre-pression à l’ensemble du mécanisme.


Les mêmes mouvements s’opèrent exactement en tirant en arrière le chien (Simple Action).
Une pression supplémentaire sur la détente pousse la pointe de la gâchette, (qui repose sur l’encoche) vers le haut et pivote autour de son axe en libérant le chien de son « cran d’armé », qui, sous la pression du grand ressort, lance le chien vers l’avant pour le « coup de feu ».
Le ressort de détente repousse ladite détente en place et l’ensemble du mécanisme suit le même mouvement et se retrouve prêt pour un nouveau coup de feu.

Le LF87 un modèle 1868 mais à percussion broche.

Le soupçon de l’existence d’une version de M1868 à percussion sur broche a toujours été présent puisque Eugène Lefaucheux en parle dans sa lettre du 5 mai 1868 au Ministre de la Guerre. Dans cette lettre il propose 50 revolvers à percussion à broche de son nouveau modèle. Trouver un M1868 à percussion centrale n’est déjà pas très facile au vu de la quantité revolvers produite de ce modèle, donc trouver un M1868 à percussion à broche relevait pour ainsi dire de l’impossible. Néanmoins la patience est le meilleur ami du collectionneur.
Le LF87 est un M1868 à percussion à broche et son aspect générale ne diffère pas beaucoup d’un M1868 à percussion centrale. Les modifications sont minimes, à savoir :
– Le chien a été modifié pour la percussion à broche.


– La pièce de jonction au-dessus du barillet a été creusé pour le passage de la tête du chien.
– Les chambres du barillet ne sont pas fraisées puisque la balle à broche n’a pas de bourrelet.


– Le bouclier sur le pourtour du barillet a été fraisé et diminué de largueur pour faire apparaitre les ergots et permettre la frappe du chien.
Le mécanisme de fonctionnement, le chargement et la manipulation du LF87 est identique m’importe quel autre revolver de ce modèle.


L’axe centrale du LF87 est vissé dans l’arrière de la culasse. Pour sortir le barillet de son logement il faut d’abord dévisser l’axe avec un outil. Ce dispositif a été modifié par la suite à la demande de la Commission.

Marquages et Poinçons

L’arme ne comporte pas beaucoup de poinçons et de marquages. Sur les dessus du canon.


« E. Lefaucheux Bté à Paris ». Un LF87 sur le côté gauche du canon parallèle à l’axe centrale.


Le numéro d’assemblage « 81N » est présent sur l’ensemble des pièces.


Sur la plaquette droite des lettres « HR » ou « HL » entrelacées (sous réserve de vérification) , surement les initiales du premier propriétaire.

Caractéristiques techniques :

Poids à vide : 1174 grammes.
Longueur totale : 300 mm.
Longueur du canon : 152 mm.
Mécanisme : Double Action.
Capacité : Six coups, 12 mm à broche.
Portière : Ressort intégré dans le bâti fixé avec une petite vis.
Plaquettes de crosse : Ivoire.
Finition : Bronzé.

® et © Lefaucheux septembre 2020.

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Un revolver Lefaucheux en 12 mm TA, le LF 13776.

Revolver Lefaucheux 12 mm en Triple Action numéro LF 13776.

Introduction :

Eugène Lefaucheux dépose le brevet de la Triple Action le 27 Septembre 1862 en utilisant comme base un revolver 7 mm.
Très rapidement, le principe de la Triple Action est adapté sur un 12 mm et par la suite, sur les 9 mm.
Ici nous avons à faire à un 12 mm en triple action, le LF 13776.
Arme très sobre en bronzé noir, avec des plaquettes d’ébène noir, gravée de fougères sur le barillet, carcasse et tonnerre.
Le numéro LF indique une fabrication tardive probablement vers la mi-1868.

Poinçons et Marquages

Sur le côté gauche dans le prolongement de l’axe central le numéro LF13776.
L’ensemble des pièces comporte le numéro « 41A », qui correspond à son numéro d’assemblage.


Sur le dessus du canon, en lettres gothiques : « E. Lefaucheux Bté à Paris ».

Caractéristiques techniques :

Poids à vide : 947 grammes
Longueur totale de l’arme : 260 mm
Longueur du canon : 129 mm
Fixation du canon : vissé sur l’axe central et maintenu par une vis sur le devant de la sous-garde.
Fixation du socle à la carcasse : par 3 vis.
Mécanisme : Triple Action.
Barillet : 6 coups, 12 mm à broche
Grand ressort : Plat, fixé par une grosse vis, à la base du bras inférieur et qui vient prendre le chien par l’intermédiaire de la chaînette.
Ressort de rappel de détente : En V, placé dans l’embase devant le corps de la détente.
Pontet : Type rond.
Talon : De forme ovale se terminant avec un anneau.
Baguette d’éjection : En forme de « tête de clou» permettant de repousser les douilles hors du barillet.
Plaquettes : 2 pièces en ébène.
Arme bronzée noir gravée de feuilles de fougères.

© et ® Lefaucheux Septembre 2020.

 

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Ecrin avec un pistolet type M1845 de Casimir Lefaucheux

Ecrin portemonnaie avec un pistolet type Casimir Lefaucheux.


Après avoir vendu son fonds de commerce, au 10 rue de la Bourse, à Camille Jubé de la Perelle le 17 décembre 1835, Casimir Lefaucheux revient à Paris et à l’arquebuserie en 1845 pour racheter son fonds de commerce à Camille Jubé ; il s’intéresse alors aux pistolets et poivrières ainsi qu’à la percussion centrale, par le dépôt du brevet n° 1371, le 2 mai 1845.
Ce choix témoigne du caractère très novateur et peu affairiste de Casimir. La percussion centrale en est à ses premiers balbutiements. Quant à l’arme courte, une ordonnance du 23 février 1837 renouvelle la loi de 1784 sur la prohibition des pistolets de poche (taille inférieure à 298 mm).


Le 2 mai 1845, il prend le brevet d’invention n°1371. C’est un pistolet à chargement par la culasse.
Pour charger, il suffit de faire pivoter latéralement le canon sur un axe inférieur et parallèle à ce dernier, fixé au bâti. Le principe est simple, la fabrication facile, l’emploi fiable.


A l’expiration de ses quinze ans de privilège, ce brevet semble encore avoir été exploité pendant de nombreuses années On trouve en effet de nombreux pistolets de ce type, non estampillés, de calibre 5 à 15 mm. Les plus fréquent sont en 5 mm présenté dans son écrin « portemonnaie » en cuir. Celui présenté ici ne comporte ni poinçon ni signature, a part le numéro 4 sous les plaquettes.


Dimensions du portemonnaie : 92 mm x 60 mm x 29 mm.
Longueur totale de l’arme : 90 mm.
Longueur du canon : 47.6 mm.
Mécanisme : Simple action.
Calibre : 5 mm à broche.
Ouverture du canon : Par un quart de tour vers la droite.
Détente : Type mexicaine.


® et © Lefaucheux Septembre 2020.

 

Livres publiés par l’Auteur : 
Books published by the Author:

« Eugène Lefaucheux ou l’apothéose de la sage familiale » éditions Crépin Leblond 2013.
https://www.crepin-leblond.fr/divers/750-eugene-lefaucheux-ou-l-apotheose-de-la-saga-familiale-9782703003786.html

« La production des modèles d’Eugène Lefaucheux » éditions Crépin Leblond 2016.
https://www.crepin-leblond.fr/armes-de-poing/602-la-production-des-modeles-d-eugene-lefaucheux-9782703004103.html

Pistolet de salon signé Eugène Lefaucheux, le LF 235.

Pistolet de salon, fini et commercialisé par Eugène Lefaucheux, soit par ses successeurs « Chevalier et Dru », les poinçons belges sous le canon ne permettent pas de trancher.

Néanmoins en regardant les catalogues à ma disposition de « Chevalier et Dru » je constate que le modèle spécifique n’apparaît qu’en 1886 au catalogue. Le catalogue de 1882 ne le fait pas encore apparaître.
Si cette dessus constatation est juste, ce pistolet a été commercialisé par « Chevalier et Dru ».


Sous le canon nous trouvons la lettre Z étoilée, poinçon du contrôleur du banc d’épreuve de Liège, d’usage à partir du 1 Janvier 1877 et le marquage ELG du banc d’épreuve dans un ovale sans couronne en usage jusqu’en 1893.


Les poinçons belges permettent à partir de là d’affiner la datation de fabrication entre 1885 et 1893.


La crosse du pistolet est finement quadrillée et une chose observée pour la première fois, le marquage LF235 n’est pas frappé dans le métal mais dans le bois. Le talon de la crosse est protégé par une plaque de couche et une pointe « casse-tête ». A l’intérieure de la crosse les lettres N.G., probablement ceux d’un intervenant puisque nous retrouvons ces deux lettres aussi sur le dessous du canon.
Le canon est équipé d’un extracteur de douille à deux oreilles.
L’intérieure du canon est rayé et l’entrée est de 5.7 mm et accepte le 6 mm Bosquette (le .22 « flotte » légèrement).
En utilisant des cartouches amorce la détonation est insignifiante et peut par conséquence être tirer sans inconvénient dans un salon (transcription du catalogue de l’époque).


Sur le dessus du canon octogonal cannelé, équipé d’un guidon à table et hausse à vis de rappel, est marqué : E. Lefaucheux 32 Rue N. D. des Victoires Paris.
Sur le dessous du canon, une fois désolidarisé de la crosse on retrouve la lettre Z étoilée et le ELG dans l’ovale, ainsi que les lettres N.G., JL et D.B.


D.B. pourrait correspondre à Benoît Dozin que signé le canon de son nom. Qui est-il…,  peu d’information est disponible à son sujet.

Longueur du pistolet : 400 mm.
Longueur du canon : 260 mm.
Poids de l’arme : 1018 grammes.
Prix du pistolet à l’époque : entre 80 et 100 fr. et plus en fonction de la finition.

Livres publiés par l’Auteur :
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« Eugène Lefaucheux ou l’apothéose de la sage familiale » éditions Crépin Leblond 2013.
https://www.crepin-leblond.fr/divers/750-eugene-lefaucheux-ou-l-apotheose-de-la-saga-familiale-9782703003786.html

« La production des modèles d’Eugène Lefaucheux » éditions Crépin Leblond 2016.
https://www.crepin-leblond.fr/armes-de-poing/602-la-production-des-modeles-d-eugene-lefaucheux-9782703004103.html

 

® et © Lefaucheux Août 2020.

Le Lefaucheux LF 115 de 1869.

Le LF115, une évolution entre un M1868 et un M1870.

Le revolver LF115 est une rareté et probablement un prototype. De l’extérieur et à première vue, ce revolver ressemble beaucoup à un M1870, mais en regardant plus en détail, nous pouvons voir qu’il s’agit d’une combinaison entre un M1868 et un M1870.
Du M1868 il a conservé la forme et la finition des plaquettes de la crosse niveau de la culasse, la butée sur le rail de la baguette d’extraction et les formes rondes de la carcasse.
Pour le reste, il a adopté la forme et l’aspect général d’un M1870.
Ce qui rend ce revolver encore plus intéressant, c’est le fait que le barillet n’est plus un 6 coups en 12 mm mais un 7 coups en 9 mm.
Le mélange des formes permet la datation dans la période précédant la signature définitive du contrat avec la Marine le 10 février 1870, mais après le 7 décembre 1869 puisque ce revolver possède déjà un canon de 121 mm.

Marquages et poinçons :

Le numéro LF115 est à gauche, parallèle à l’axe du barillet. Sur le canon écrit « E. Lefaucheux Bté. à Paris » . Toutes les pièces du revolver portent le numéro d’assemblage 6 ou 9.


Sur le canon, à droite une lettre couronnée N. Cette lettre couronnée ressemble fortement à celle utilisée par les contrôleurs du banc d’épreuves liégeois, mais le marquage ELG dans un ovale est absent.
C’est la preuve que le revolver a été fabriqué dans l’usine d’Eugène Lefaucheux à Liège et assemblé et fini dans les ateliers de Paris.

Caractéristiques techniques :

Poids : 915 grammes.
Longueur totale : 254 mm.
Longueur du canon : 121 mm.
Mécanisme : Double Action.


Capacité : 7 coups, 9 mm, à percussion centrale.


Diam. Chambre : 10 / 11,2 / 1,6 mm.
Porte de chargement : ressort intégré à la culasse.
Plaquettes : Noyer à carreaux de haute qualité.
Finition : bronzée.

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« Eugène Lefaucheux ou l’apothéose de la sage familiale » éditions Crépin Leblond 2013.
https://www.crepin-leblond.fr/divers/750-eugene-lefaucheux-ou-l-apotheose-de-la-saga-familiale-9782703003786.html

« La production des modèles d’Eugène Lefaucheux » éditions Crépin Leblond 2016.
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® et © Lefaucheux Août 2020