Une carabine revolver Lefaucheux en 12 mm, le LF1171.

Carabine – revolver Lefaucheux 12 mm à broche, le LF1171.

Introduction:

Casimir avait construit sa réputation sur les fusils se chargeant par la culasse. Lors de son décès en 1852, sa femme et son fils, Eugène Lefaucheux, continueront la fabrication des armes au 37, rue Vivienne à Paris. C’est la fabrication et la commercialisation des fusils qui fait vivre la maison. La clientèle de la maison est d’ailleurs presque exclusivement constituée de chasseurs, même si le désir le plus cher de Casimir Lefaucheux aurait été de pénétrer les marchés avec l’armée, mais il n’y parviendra jamais.
Son fils Eugène par-contre réussira très bien. Il n’est donc pas faux de dire que la plupart des gens s’intéressant un peu aux armes Lefaucheux ont tendance à attribuer les fusils à Casimir et les revolvers à Eugène.


Cette observation est un peu courte et réductrice car, quand on regarde de plus près le parcours professionnel d’Eugène Lefaucheux, on constate qu’il s’intéresse aux fusils tout au long de ses 27 ans de carrière, en tant qu’armurier et fabricant d’armes (1854-1881). Nous pouvons facilement dire que les revolvers assurent le pain quotidien de l’entreprise et que le bénéfice de celle-ci permet à Eugène Lefaucheux de consacrer du temps à sa passion des fusils.
C’est tellement vrai que dès les années 1855 il transforme son revolver 1854 en carabine-revolver 12 mm, 15 mm et calibre 28 en 6 coups à broche. Les premières carabine-revolvers sont d’ailleurs en calibre 28 ou 15 mm et l’arrière de la culasse en forme de dôme comme sur les premiers revolvers 1854. Ce n’est que plus tard qu’il la déclinera aussi en 12 mm, calibre qui deviendra la règle.
La carabine revolver LF 1171fait partie de cela.


L’ensemble est sur une base de 1854, mais le barillet est plus long : 40 mm au lieu des 32 mm, le diamètre restant identique. Le canon est rallongé à 537 mm, mais l’attache à la carcasse reste la même, à savoir par le dessous de la console. Même au niveau de la fixation de la crosse, il n’y a pas de grande différence par rapport au revolver.
L’attache du bas est dans le prolongement du pontet forment une seule pièce et fixée par 3 vis à la carcasse, la crosse est maintenue par 2 vis à l’attache. L’attache supérieure est fixée par 2 vis à l’arrière de la carcasse comme sur le 1854, 1 vis fixe la crosse à l’attache.
Les vis de maintient traversent intégralement la crosse pour se visser dans les attaches.
Le grand ressort, comme sur le revolver se fixe sur l’attache inférieure.

Poinçons et Marquages :

Le numéro LF 1171 est placé au même endroit que n’importe quel revolver M1854, c’est-à-dire sur l’embase droite entre le pontet et le barillet. Le numéro d’assemblage qu’on retrouve sur l’ensemble des pièces est le 34M.


Sur le dessus du canon il y a l’inscription « E. Lefaucheux Bté à Paris ».

Caractéristiques techniques :

Poids de l’arme : 2125 grammes
Longueur totale : 980 mm.
Longueur canon : 567 mm rond.

Longueur détente – crosse : 365 mm
Barillet :6 coups, 12 mm à broche.
Intérieur canon : 4 rainures tournant à gauche.
Mécanisme : Simple Action

® et © Lefaucheux octobre 2020.

Livres publiés par l’Auteur : 
Books published by the Author:

« Eugène Lefaucheux ou l’apothéose de la sage familiale » éditions Crépin Leblond 2013.
https://www.crepin-leblond.fr/divers/750-eugene-lefaucheux-ou-l-apotheose-de-la-saga-familiale-9782703003786.html

« La production des modèles d’Eugène Lefaucheux » éditions Crépin Leblond 2016.
https://www.crepin-leblond.fr/armes-de-poing/602-la-production-des-modeles-d-eugene-lefaucheux-9782703004103.html

Un M1868 à percussion broche, le LF 87.

Introduction :

Le revolver « 1858 » et le « 1870 » de Marine sont les plus mythiques de l’épopée Lefaucheux.
Autant le revolver 1858 sera entièrement fabriqué dans la Manufacture de Saint-Etienne, autant le revolver 1870 le sera dans les ateliers du 194 rue Lafayette à Paris
L’histoire du revolver « 1870 de Marine » commence par une demande du 13 mars 1868, du Ministre au Président des Marchés Spéciaux de l’Artillerie et se terminera en septembre 1872.
Le samedi 6 juin 1868, Eugène Lefaucheux participe à une séance d’explication avec le « Comité », sur les deux types de revolvers de conception nouvelle ; l’un à broche, l’autre à percussion centrale. Suite a ses essais le brevet 82358 est déposé le 10 septembre 1868.


De nouveaux essais ont lieu le 29 janvier et 2 février 1869 sur le « Louis XIV » et le « Savoie ».
Le 7 Décembre 1869, le Ministre de la Guerre adopte officiellement le revolver d’Eugène Lefaucheux comme paraissant le mieux adapté pour les besoins du service de la Marine.
Néanmoins, il demande encore des essais afin de déterminer le choix entre un revolver à canon long de 154 mm, ou à canon court de 121 mm.
La Commission de tir se prononcera en faveur du canon raccourci, soit le canon de 121 mm.
La production totale des revolvers à percussion centrale, issus du brevet de Septembre 1868 dans les ateliers de la rue Lafayette aurait été, me semble-t-il, d’environ 9000 pièces.

Principe de fonctionnement du revolver 1868 :

La particularité du revolver issu du brevet de 1868 est qu’il fonctionne en Simple et Double action. C’est une nouveauté pour la Marine puisque le « 1858 réglementaire » ne fonctionne lui, qu’en Simple Action. Le rajout de la « Double Action » procure à l’arme un volume de feu dont le « 1858 » était privé.
Le mentonnet et la barrette de liaison entre la détente et le chien sont montés sur le même axe, sur le haut du corps de la détente. En pressant légèrement la détente, la barrette de liaison fait basculer le chien en arrière et prend le premier cran de la gâchette, le « cran de sûreté ».
La mise sur le « cran de sûreté » dégage la tête du chien, permettant au barillet de tourner librement et ainsi permettre le chargement ou déchargement des munitions.
Une nouvelle pression sur la détente permet de faire feu ou en tirant le chien en arrière avec le pouce et de mettre le chien sur le deuxième cran de la gâchette, le « cran de l’armé ».
Dans le même mouvement le mentonnet aura poussé le barillet 1/6ème de tour, par l’intermédiaire du rochet, afin d’aligner la balle du barillet en face du canon et le taquet de verrouillage, présent sur le haut de la détente, vient se bloquer dans l’arrêtoir du barillet.
Le tenon du chien est sorti de la mortaise de la barrette et le grand ressort est sous pression.
La pointe de la gâchette repose sur une encoche à l’arrière de la détente.
Le ressort de détente, à l’avant de celle-ci, offre une contre-pression à l’ensemble du mécanisme.


Les mêmes mouvements s’opèrent exactement en tirant en arrière le chien (Simple Action).
Une pression supplémentaire sur la détente pousse la pointe de la gâchette, (qui repose sur l’encoche) vers le haut et pivote autour de son axe en libérant le chien de son « cran d’armé », qui, sous la pression du grand ressort, lance le chien vers l’avant pour le « coup de feu ».
Le ressort de détente repousse ladite détente en place et l’ensemble du mécanisme suit le même mouvement et se retrouve prêt pour un nouveau coup de feu.

Le LF87 un modèle 1868 mais à percussion broche.

Le soupçon de l’existence d’une version de M1868 à percussion sur broche a toujours été présent puisque Eugène Lefaucheux en parle dans sa lettre du 5 mai 1868 au Ministre de la Guerre. Dans cette lettre il propose 50 revolvers à percussion à broche de son nouveau modèle. Trouver un M1868 à percussion centrale n’est déjà pas très facile au vu de la quantité revolvers produite de ce modèle, donc trouver un M1868 à percussion à broche relevait pour ainsi dire de l’impossible. Néanmoins la patience est le meilleur ami du collectionneur.
Le LF87 est un M1868 à percussion à broche et son aspect générale ne diffère pas beaucoup d’un M1868 à percussion centrale. Les modifications sont minimes, à savoir :
– Le chien a été modifié pour la percussion à broche.


– La pièce de jonction au-dessus du barillet a été creusé pour le passage de la tête du chien.
– Les chambres du barillet ne sont pas fraisées puisque la balle à broche n’a pas de bourrelet.


– Le bouclier sur le pourtour du barillet a été fraisé et diminué de largueur pour faire apparaitre les ergots et permettre la frappe du chien.
Le mécanisme de fonctionnement, le chargement et la manipulation du LF87 est identique m’importe quel autre revolver de ce modèle.


L’axe centrale du LF87 est vissé dans l’arrière de la culasse. Pour sortir le barillet de son logement il faut d’abord dévisser l’axe avec un outil. Ce dispositif a été modifié par la suite à la demande de la Commission.

Marquages et Poinçons

L’arme ne comporte pas beaucoup de poinçons et de marquages. Sur les dessus du canon.


« E. Lefaucheux Bté à Paris ». Un LF87 sur le côté gauche du canon parallèle à l’axe centrale.


Le numéro d’assemblage « 81N » est présent sur l’ensemble des pièces.


Sur la plaquette droite des lettres « HR » ou « HL » entrelacées (sous réserve de vérification) , surement les initiales du premier propriétaire.

Caractéristiques techniques :

Poids à vide : 1174 grammes.
Longueur totale : 300 mm.
Longueur du canon : 152 mm.
Mécanisme : Double Action.
Capacité : Six coups, 12 mm à broche.
Portière : Ressort intégré dans le bâti fixé avec une petite vis.
Plaquettes de crosse : Ivoire.
Finition : Bronzé.

® et © Lefaucheux septembre 2020.

Livres publiés par l’Auteur : 
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« Eugène Lefaucheux ou l’apothéose de la sage familiale » éditions Crépin Leblond 2013.
https://www.crepin-leblond.fr/divers/750-eugene-lefaucheux-ou-l-apotheose-de-la-saga-familiale-9782703003786.html

« La production des modèles d’Eugène Lefaucheux » éditions Crépin Leblond 2016.
https://www.crepin-leblond.fr/armes-de-poing/602-la-production-des-modeles-d-eugene-lefaucheux-9782703004103.html

 

Un revolver Lefaucheux en 12 mm TA, le LF 13776.

Revolver Lefaucheux 12 mm en Triple Action numéro LF 13776.

Introduction :

Eugène Lefaucheux dépose le brevet de la Triple Action le 27 Septembre 1862 en utilisant comme base un revolver 7 mm.
Très rapidement, le principe de la Triple Action est adapté sur un 12 mm et par la suite, sur les 9 mm.
Ici nous avons à faire à un 12 mm en triple action, le LF 13776.
Arme très sobre en bronzé noir, avec des plaquettes d’ébène noir, gravée de fougères sur le barillet, carcasse et tonnerre.
Le numéro LF indique une fabrication tardive probablement vers la mi-1868.

Poinçons et Marquages

Sur le côté gauche dans le prolongement de l’axe central le numéro LF13776.
L’ensemble des pièces comporte le numéro « 41A », qui correspond à son numéro d’assemblage.


Sur le dessus du canon, en lettres gothiques : « E. Lefaucheux Bté à Paris ».

Caractéristiques techniques :

Poids à vide : 947 grammes
Longueur totale de l’arme : 260 mm
Longueur du canon : 129 mm
Fixation du canon : vissé sur l’axe central et maintenu par une vis sur le devant de la sous-garde.
Fixation du socle à la carcasse : par 3 vis.
Mécanisme : Triple Action.
Barillet : 6 coups, 12 mm à broche
Grand ressort : Plat, fixé par une grosse vis, à la base du bras inférieur et qui vient prendre le chien par l’intermédiaire de la chaînette.
Ressort de rappel de détente : En V, placé dans l’embase devant le corps de la détente.
Pontet : Type rond.
Talon : De forme ovale se terminant avec un anneau.
Baguette d’éjection : En forme de « tête de clou» permettant de repousser les douilles hors du barillet.
Plaquettes : 2 pièces en ébène.
Arme bronzée noir gravée de feuilles de fougères.

© et ® Lefaucheux Septembre 2020.

 

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« Eugène Lefaucheux ou l’apothéose de la sage familiale » éditions Crépin Leblond 2013.
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« La production des modèles d’Eugène Lefaucheux » éditions Crépin Leblond 2016.
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Ecrin avec un pistolet type M1845 de Casimir Lefaucheux

Ecrin portemonnaie avec un pistolet type Casimir Lefaucheux.


Après avoir vendu son fonds de commerce, au 10 rue de la Bourse, à Camille Jubé de la Perelle le 17 décembre 1835, Casimir Lefaucheux revient à Paris et à l’arquebuserie en 1845 pour racheter son fonds de commerce à Camille Jubé ; il s’intéresse alors aux pistolets et poivrières ainsi qu’à la percussion centrale, par le dépôt du brevet n° 1371, le 2 mai 1845.
Ce choix témoigne du caractère très novateur et peu affairiste de Casimir. La percussion centrale en est à ses premiers balbutiements. Quant à l’arme courte, une ordonnance du 23 février 1837 renouvelle la loi de 1784 sur la prohibition des pistolets de poche (taille inférieure à 298 mm).


Le 2 mai 1845, il prend le brevet d’invention n°1371. C’est un pistolet à chargement par la culasse.
Pour charger, il suffit de faire pivoter latéralement le canon sur un axe inférieur et parallèle à ce dernier, fixé au bâti. Le principe est simple, la fabrication facile, l’emploi fiable.


A l’expiration de ses quinze ans de privilège, ce brevet semble encore avoir été exploité pendant de nombreuses années On trouve en effet de nombreux pistolets de ce type, non estampillés, de calibre 5 à 15 mm. Les plus fréquent sont en 5 mm présenté dans son écrin « portemonnaie » en cuir. Celui présenté ici ne comporte ni poinçon ni signature, a part le numéro 4 sous les plaquettes.


Dimensions du portemonnaie : 92 mm x 60 mm x 29 mm.
Longueur totale de l’arme : 90 mm.
Longueur du canon : 47.6 mm.
Mécanisme : Simple action.
Calibre : 5 mm à broche.
Ouverture du canon : Par un quart de tour vers la droite.
Détente : Type mexicaine.


® et © Lefaucheux Septembre 2020.

 

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« Eugène Lefaucheux ou l’apothéose de la sage familiale » éditions Crépin Leblond 2013.
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« La production des modèles d’Eugène Lefaucheux » éditions Crépin Leblond 2016.
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Pistolet de salon signé Eugène Lefaucheux, le LF 235.

Pistolet de salon, fini et commercialisé par Eugène Lefaucheux, soit par ses successeurs « Chevalier et Dru », les poinçons belges sous le canon ne permettent pas de trancher.

Néanmoins en regardant les catalogues à ma disposition de « Chevalier et Dru » je constate que le modèle spécifique n’apparaît qu’en 1886 au catalogue. Le catalogue de 1882 ne le fait pas encore apparaître.
Si cette dessus constatation est juste, ce pistolet a été commercialisé par « Chevalier et Dru ».


Sous le canon nous trouvons la lettre Z étoilée, poinçon du contrôleur du banc d’épreuve de Liège, d’usage à partir du 1 Janvier 1877 et le marquage ELG du banc d’épreuve dans un ovale sans couronne en usage jusqu’en 1893.


Les poinçons belges permettent à partir de là d’affiner la datation de fabrication entre 1885 et 1893.


La crosse du pistolet est finement quadrillée et une chose observée pour la première fois, le marquage LF235 n’est pas frappé dans le métal mais dans le bois. Le talon de la crosse est protégé par une plaque de couche et une pointe « casse-tête ». A l’intérieure de la crosse les lettres N.G., probablement ceux d’un intervenant puisque nous retrouvons ces deux lettres aussi sur le dessous du canon.
Le canon est équipé d’un extracteur de douille à deux oreilles.
L’intérieure du canon est rayé et l’entrée est de 5.7 mm et accepte le 6 mm Bosquette (le .22 « flotte » légèrement).
En utilisant des cartouches amorce la détonation est insignifiante et peut par conséquence être tirer sans inconvénient dans un salon (transcription du catalogue de l’époque).


Sur le dessus du canon octogonal cannelé, équipé d’un guidon à table et hausse à vis de rappel, est marqué : E. Lefaucheux 32 Rue N. D. des Victoires Paris.
Sur le dessous du canon, une fois désolidarisé de la crosse on retrouve la lettre Z étoilée et le ELG dans l’ovale, ainsi que les lettres N.G., JL et D.B.


D.B. pourrait correspondre à Benoît Dozin que signé le canon de son nom. Qui est-il…,  peu d’information est disponible à son sujet.

Longueur du pistolet : 400 mm.
Longueur du canon : 260 mm.
Poids de l’arme : 1018 grammes.
Prix du pistolet à l’époque : entre 80 et 100 fr. et plus en fonction de la finition.

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« Eugène Lefaucheux ou l’apothéose de la sage familiale » éditions Crépin Leblond 2013.
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® et © Lefaucheux Août 2020.

Le Lefaucheux LF 115 de 1869.

Le LF115, une évolution entre un M1868 et un M1870.

Le revolver LF115 est une rareté et probablement un prototype. De l’extérieur et à première vue, ce revolver ressemble beaucoup à un M1870, mais en regardant plus en détail, nous pouvons voir qu’il s’agit d’une combinaison entre un M1868 et un M1870.
Du M1868 il a conservé la forme et la finition des plaquettes de la crosse niveau de la culasse, la butée sur le rail de la baguette d’extraction et les formes rondes de la carcasse.
Pour le reste, il a adopté la forme et l’aspect général d’un M1870.
Ce qui rend ce revolver encore plus intéressant, c’est le fait que le barillet n’est plus un 6 coups en 12 mm mais un 7 coups en 9 mm.
Le mélange des formes permet la datation dans la période précédant la signature définitive du contrat avec la Marine le 10 février 1870, mais après le 7 décembre 1869 puisque ce revolver possède déjà un canon de 121 mm.

Marquages et poinçons :

Le numéro LF115 est à gauche, parallèle à l’axe du barillet. Sur le canon écrit « E. Lefaucheux Bté. à Paris » . Toutes les pièces du revolver portent le numéro d’assemblage 6 ou 9.


Sur le canon, à droite une lettre couronnée N. Cette lettre couronnée ressemble fortement à celle utilisée par les contrôleurs du banc d’épreuves liégeois, mais le marquage ELG dans un ovale est absent.
C’est la preuve que le revolver a été fabriqué dans l’usine d’Eugène Lefaucheux à Liège et assemblé et fini dans les ateliers de Paris.

Caractéristiques techniques :

Poids : 915 grammes.
Longueur totale : 254 mm.
Longueur du canon : 121 mm.
Mécanisme : Double Action.


Capacité : 7 coups, 9 mm, à percussion centrale.


Diam. Chambre : 10 / 11,2 / 1,6 mm.
Porte de chargement : ressort intégré à la culasse.
Plaquettes : Noyer à carreaux de haute qualité.
Finition : bronzée.

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« Eugène Lefaucheux ou l’apothéose de la sage familiale » éditions Crépin Leblond 2013.
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® et © Lefaucheux Août 2020

Le revolver LF 777 d’Eugène Lefaucheux en 9 mm.

Le revolver LF 777 en 9 mm.

Introduction et datation :
Le premier brevet de notre jeune armurier, Eugène Lefaucheux, est déposé le 15 avril 1854 à Paris et le 27 avril de la même année à Londres.
Cela concerne un revolver qui rentrera dans l’histoire comme « un revolver modèle 1854 », et qui va connaître une évolution constante jusqu’en 1869, date à laquelle le brevet tombe dans le domaine public.
La fabrication continuera jusqu’en 1872/1873, lorsque Lefaucheux décide de vendre son outil de production à Liège.


Le LF 777 est issue de la première série, cad :
– Un calibre 9 mm lisse.
– Un canon octogonal sur toute sa longueur.
– La culasse en forme de « chapeau chinois ».

– Une crête de chien très relevée.
– Un ressort frein entre le barillet et la console.
– Un ressort de rappel de détente sur le devant.
– Avec une fixation par 2 vis du bras inférieur de la crosse à la carcasse.

Le modèle ici présent, le talon de la crosse est dépourvu d’un anneau ou d’une pointe « casse-tête », cela pourrait signifier que l’arme est issue d’un coffret.

Le coffret qui accompagne le revolver n’est pas d’origine.
Le LF 777 est probablement sortie des ateliers du 9 et 9 bis rue Lafayette à Paris vers le mois de Mai/Juin 1856.

Marquages et poinçons :
Comme presque l’ensemble des revolvers M1854, le numéro de l’arme, LF 777, est marqué sur l’embase côté droit.

Le numéro d’assemblage, qu’on retrouve sur l’ensemble des pièces est le « 23 », curieusement il n’y pas de lettre après, d’ailleurs il semble que l’ensemble des armes avant le LF 867 soient dépourvue d’une lettre.
Sur le dessus du canon « INVon. E. Lefaucheux Brté. Paris ».

Caractéristiques techniques :
Poids à vide : 939 grammes
Longueur totale de l’arme : 300 mm
Longueur du canon : 164 mm
Intérieur du canon : Lisse
Fixation du socle à la carcasse : par 2 vis.
Mécanisme : Simple Action uniquement.
Barillet : 6 coups, 9 mm à broche
Talon : De forme ovale en forme de « diamant » sans anneau.

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Fusil de chasse Casimir Lefaucheux, calibre 24.

Fusil de chasse Casimir Lefaucheux issue du brevet 5138 du 28 janvier 1833, 1ère addition du 5 février 1833.
A cette époque Casimir Lefaucheux habite au 5 rue Jean Jacques à Paris.
C’est un des brevets phare de Casimir puisqu’il décrit le «fusil à brisure».
Le brevet 5138 est pris pour 10 ans, 1833 – 1843.


Notre fusil n’a pas subi de transformation de cheminée à la percussion à broche, sa construction à probablement été fait après le dépôt du brevet 6348 de janvier 1835 qui traite de la cartouche à broche.
Le mécanisme intérieur de la clé n’est pas celle décrite dans le brevet, c’est donc une version ultérieure : la clé porte le verrou est en « T » et la mâchoire est soudée au canon.


Le chien est à tête plate.
Aucune date ne figure sur l’arme donc la fourchette de datation est à situer entre la mi-1835 et la fin 1842, puisque en 1843 le brevet tombe dans le domaine public.


Sur la platine, dite en arrière, est gravé en bordure « Lefaucheux à Paris », à l’intérieur de la platine « 2471 » et « HT ».


Elle est tenue en place par une seule vis traversière et une contre-platine.


Pour le démontage du canon il faut chasser la goupille qui forme l’axe de basculement.


Le nombre « 2471 » ce retrouve aussi sous le canon et sur la bascule, nous pouvons en conclure que c’est le numéro d’assemblage de l’arme.


Sous le canon nous retrouvons la signature de cette époque de Casimir Lefaucheux, c’est-à-dire en 3 arcs de cercle « INVENTION LEFAUCHEUX A PARIS » et son numéro d’assemblage «2471 ».  Le numéro de série de l’arme est « 2416 » encore partiellement visible sous le canon.
Canon lisse en damas de calibre 24, à pans en sont 1e tiers puis rond sur le restant de sa longueur.
Beaucoup d’armes de chasse, à cette époque, sont en calibre 24 étant donné que les calibres 20-16 et 12 sont alors interdite par la loi napoléonienne du 14 décembre 1810.


Crosse, dite à la « Française », sculptée en bec canard avec rosette et plaque de couche en acier.
Longueur totale de l’arme : 1160 mm
Longueur du canon : 760 mm
Distance détente/plaque de couche : 355 mm
Poids de l’arme 1980 grammes.

® et © Lefaucheux Juillet 2020.

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« La production des modèles d’Eugène Lefaucheux » éditions Crépin Leblond 2016.
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Les Merieux, Arquebusiers à Poitiers

Michel Napoléon Isidore Merieux, Arquebusier à Poitiers

Michel Napoléon Isidore Merieux est né le 4 mars 1807 à Noisy s/ Oise.
Il rentre pour faire son apprentissage chez Pierre Abre Prévost, arquebusier à Poitiers, au 9 Place des Armes.
Son maître d’apprentissage sera témoin lors du mariage de Napoléon, le 9 mai 1829 avec Françoise Maltier, fille de Cordonnier.
Sur l’acte de mariage Michel Napoléon Mérieux se déclare « Garçon Arquebusier ».
Pierre Abre Prévost décède le 22 mars 1858 à l’âge de 72 ans.

De cette union naît le 8 octobre 1832, Henri Séverin Mérieux.
La famille est installée au 9 Place d’Armes à Poitiers (recensement de 1846).
Françoise Maltier décède le 13 juillet 1843.

Napoléon se remarie le 18 mars 1844 en la ville de Poitiers avec Catherine Félicité Joséphine fille de « Jean François Maury » Aubergiste à Poitiers.
Un des témoins, frère de la mariée est « Joseph Honoré Maury » arquebusier à Poitiers.
Une fille naît de cette union, Joséphine Catherine Blanche Mérieux, le 24 janvier 1845, elle décède le 28 juillet 1890 en la ville de Poitiers.
Lors du mariage de Joséphine, en juin1867, son père Napoléon se déclare « Ancien Arquebusier » habitant à « La Dimière ».

Michel Napoléon prend la suite de Pierre Prévost et sera un des tout premier client d’Eugène Lefaucheux, puisqu’il lui achète vers la fin 1854, un revolver modèle 1854 le LF 42, qu’il fait graver à son nom.


« Merieux à Poitiers » sur le LF 42

Michel Napoléon en achètera d’autre, dont le LF 1855, un modèle 1854, en 9 mm, lui aussi gravé à son nom.
Catherine Félicité Joséphine, femme de Napoléon décède le 18 août 1857.

« Merieux Arquebusier à Poitiers » sur le LF 1855

Henri Séverin Merieux se marie avec Marie Aubert, le 10 octobre 1857 en la mairie du 7ème arrondissement de Paris.
Il est lui aussi Arquebusier. Il travaillera et prendra la suite de son père.
Le 27 octobre 1859 naissance de son fils Paul Henri mais qui mourra 7 jours plus tard, le 3 Novembre 1859.
Un autre fils, Albert, naîtra le 15 décembre 1862, déclaration faite par Charles Stanislas Lecomte, arquebusier.
Albert décède en 1911 dans la région parisienne.

Henri prendra la suite de son père en tant qu’arquebusier avant 1866 parce que Napoléon ne figure plus dans le recensement de 1866.
Mais Henri meurt prématurément le 11 janvier 1872.
Déclaration faite par Charles Stanislas Lecomte, l’associer d’Henri, Arquebusier.

A la mort d’Henri Merieux, Marie Aubert contacte Gaston Talot, armurier à Paris pour trouver un acquéreur au commerce de son mari.
C’est là quelle découvre que Charles Stanislas Lecomte avait été désigné par Henri comme son successeur.
Sur les conseils de Gaston Talon, un prix de vente est défini et la succession semble bien se passer, ils restent en bons termes puisque le nom de Charles Stanislas revient à plusieurs reprises sur des actes.
Dans le recensement de 1872 (fin) nous retrouvons plus de Mérieux à l’adresse du 9 Place d’Armes mais un certain Mr Lecomte.

Un autre fils, Séverin, naîtra le 7 avril 1872 soit 4 mois après la mort de son père.
La déclaration est faite par le frère d’Henri, Laurent Narcisse Merieux (Chapelier).
Séverin se déclare « Employé de Banque » lors de son mariage en Juin 1895 et rentier lors de la déclaration de décès de son fils de huit mois en février 1897.
Charles Lecomte, arquebusier est témoin sur la déclaration de décès.

En 1895, Marie Aubert assiste au mariage de son fils Séverin.

En 1872 ont retrouve Napoléon dans le recensement de Buxerolles (seul) au lieudit « La Dimière ».
Michel Napoléon Isidore meurt le 24 octobre 1892.

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Stanislas Charles Lecomte, né le 24 février 1836 à Blanc – Indre, successeur de Henri Merieux, décède le 4 juin 1912, à l’âge de 76 ans, ancien armurier.
Déclaration faite par Paul Lecomte, 36 ans, armurier, fils de Stanislas Charles et successeur de ce dernier.

Le LF 42 petit frère du LF 28.

® et © Lefaucheux juillet 2020.

Livres publiés par l’Auteur : 
Books published by the Author:

« Eugène Lefaucheux ou l’apothéose de la sage familiale » éditions Crépin Leblond 2013.
https://www.crepin-leblond.fr/divers/750-eugene-lefaucheux-ou-l-apotheose-de-la-saga-familiale-9782703003786.html

« La production des modèles d’Eugène Lefaucheux » éditions Crépin Leblond 2016.
https://www.crepin-leblond.fr/armes-de-poing/602-la-production-des-modeles-d-eugene-lefaucheux-9782703004103.html

Le revolver M1868 de Monsieur Emperaire

Le revolver ici présent est une énigme et une rareté absolue…. Elle ne comporte pas de numéro LF….. très probablement effacé.

Néanmoins, en regardant l’aspect générale de l’arme et en la comparant avec les textes et images disponible, elle est très probablement d’une fabrication inférieure au LF 14, ou le LF 21 puisque celles-ci ont une configuration très similaire.

La portière de chargement s’ouvre vers le bas et son ressort est extérieur et vissé dans le bâti mais plus ramassé que celui de notre sujet, qui est en forme de L.

Le ressort latéral tige/axe est identique au LF 14 et LF 21

« Le LF 21 » 

Le bouclier est très différent, il est de taille inférieure (35,5 /43 mm) au diamètre du barillet permettant d’observé état de chargement du barillet, les culots des douilles sont partiellement visible.

Autre relation est le numéro d’assemblage : LF 14 = 20Y, l’arme ici présente au numéro 5Y.

Comment ce revolver sans numéro LF est-il arrivé chez un horloger à Crest, mystère ? 

Marquages et poinçons :

  • Très curieusement il n’y pas trace d’un numéro LF sur l’arme.

  • Sur le canon, en lettres anglaises : E. Lefaucheux Bté. à Paris.
  • L’ensemble des pièces de l’arme comporte le numéro d’assemblage : 5Y.
  • Sous les plaquettes le 5Y est complété avec un H dont j’ignore la signification.

  • Sur le pourtour du pontet le nom du propriétaire est marqué :
  • « Emperaire Crest (Drôme) »

Qui est ce Emperaire ?

  • C’est très probablement Louis Paul Emperaire, né le 27 novembre 1834, rue Rochefort à Crest.
  • En octobre 1869 il déclare exerce le métier d’Horloger.
  • Il décède, à 41 ans, le 4 juin 1876 à Crest
  • Sur l’acte de décès il est déclaré comme Rentier 
  • Source : Archives départemental de la Drôme.

 Caractéristiques techniques :

  • Poids à vide : 1044 grammes
  • Longueur totale : 300 mm
  • Longueur canon : 156 mm, rond, à 4 rainures internes.
  • Carcasse : Carcasse, cage du barillet et crosse d’une seule pièce. L’ensemble des pièces du mécanisme sont placées du côté gauche de la crosse.
  • Mécanisme : En Simple et Double Action.

  • Barillet : 6 coups, 12 mm à percussion centrale, pour un diamètre de 43 mm.
  • Culasse : Diamètre 35,5 mm, mais n’est pas entièrement ronde à cause de la forme de la portière de chargement.
  • Portière de chargement : S’ouvrant vers le bas, avec son ressort en L vissé dans le bâti.
  • Grand ressort : Plat, fixé par une grosse vis à la base du bras inférieur.
  • Pontet : Rond.
  • Talon : En ovale avec un anneau de dragonne.
  • Arme en version : Poli blanc

 Principe de fonctionnement du revolver 1868 :

La particularité du revolver issu du brevet de 1868 est qu’il fonctionne en simple et double action. C’est une nouveauté pour la Marine puisque le « 1858 réglementaire » ne fonctionne lui, qu’en simple action. Le rajout de la « double action » procure à l’arme un volume de feu dont le « 1858 » était privé.

Le mentonnet et la barrette de liaison entre la détente et le chien sont montés sur le même axe, sur le haut du corps de la détente. En pressant légèrement la détente, la barrette de liaison fait basculer le chien en arrière et prend le premier cran de la gâchette, le « cran de sûreté ». La mise sur le « cran de sûreté » dégage la pointe du percuteur, permettant au barillet de tourner librement et ainsi permettre le chargement ou déchargement des munitions. Une nouvelle pression sur la détente permet de mettre le chien sur le deuxième cran de la gâchette, le « cran de l’armé ».

Dans le même mouvement le mentonnet aura poussé le barillet 1/6ème de tour, par l’intermédiaire du rochet, afin d’aligner la balle du barillet en face du canon et le taquet de verrouillage, présent sur le haut de la détente, vient se bloquer dans l’arrêtoir du barillet. Le tenon du chien est sorti de la mortaise de la barrette et le grand ressort est sous pression. La pointe de la gâchette repose sur une encoche à l’arrière de la détente. Le ressort de détente, à l’avant de celle-ci, offre une contre-pression à l’ensemble du mécanisme.

Les mêmes mouvements s’opèrent exactement en tirant en arrière le chien (simple action). Une pression supplémentaire sur la détente pousse la pointe de la gâchette, (qui repose sur l’encoche) vers le haut et pivote autour de son axe en libérant le chien de son « cran d’armé », qui, sous la pression du grand ressort, lance le percuteur vers l’avant pour le « coup de feu ».

Le ressort de détente repousse ladite détente en place et l’ensemble du mécanisme suit le même mouvement et se retrouve prêt pour un nouveau coup de feu.

Le chemin vers le LF 27 

Un revolver issu du brevet du 10 septembre 1868, le LF 27

 ® et © Lefaucheux Juin 2020.

Livres publiés par l’Auteur : 
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« Eugène Lefaucheux ou l’apothéose de la sage familiale » éditions Crépin Leblond 2013.
https://www.crepin-leblond.fr/divers/750-eugene-lefaucheux-ou-l-apotheose-de-la-saga-familiale-9782703003786.html

« La production des modèles d’Eugène Lefaucheux » éditions Crépin Leblond 2016.
https://www.crepin-leblond.fr/armes-de-poing/602-la-production-des-modeles-d-eugene-lefaucheux-9782703004103.html