Un revolver 1854 sous licence Italienne

Un revolver 1854 sous licence Italienne :

De loin ce revolver ressemble en tous points à un 1854 ordinaire sortant des ateliers d’Eugène Lefaucheux à Paris.

Même aspect, même taille, même mécanisme, même dimension.

Il faut se rapprocher de l’arme et observer les marquages pour s’apercevoir que l’arme est certes un revolver 1854 mais fabriqué sous licence en Italie, par Glisenti à Brescia.

Il est à ce demandé si le mot « fabriqué » est juste….puisque :

Le 10 avril 1863, le Royaume d’Italie, conclu un important marché avec la maison E. Lefaucheux, concernant un ensemble de pièces détachées, malheureusement le détail de la liste n’est mentionné, ni les quantités.

Des pièces détachées pour la réparation des quelques 27.000 revolvers fournie aux Italiens depuis 1860 ou un ensemble des pièces permettant d’assembler des nouvelles armes ?

Il est donc permis, sauf à preuve du contraire, que les pièces de cette commande ont été fabriqué à Paris et que l’ajustement et l’assemblage a eu lieu chez Glisenti à Brescia, donnant naissance aux revolvers « ACCIAJO FUSO » (qui veut dire : « Acier Fondu »)

Un assemblage sous licence et donc pas une fabrication

Important : ceci est pour le moment une hypothèse de réflexion ; je n’ai aucune preuve de la véracité ou pas de cette affirmation (à preuve du contraire) mais elle a le mérite d’être posée.     

Marquages et poinçons

L’arme comporte plusieurs poinçons et de marquages :

  • Sur le tonnerre droit ; 2 lettres « SD », déjà fréquemment vue sur d’armes de l’armée Italienne, donc ceux en provenance des ateliers d’Eugène Lefaucheux.

  • Sur l’embase droite : « 1370 », « ACCIAJO FUSO » et «GC» ou « GG ».

  • Sur l’embase gauche : « G. GLISENTI, BRESCIA ».
  • Sous le canon, juste devant l’axe central, un poinçon, une sorte de « Ô » qui m’est inconnue.

  • Sur le barillet, face externe un « SD » et un « G », sur la face interne un nombre « 70 » qui semble être son numéro d’assemblage, puisque ce « 70 » retrouve aussi sur la face interne de la culasse, sur les montants de la crosse. Le « 70 » est probablement en relation avec le « 1370 » de l’embase droite, puisque sur le canon on ne retrouve pas le numéro d’assemblage.

  • Sur le dos de la carcasse, au niveau des vis tenant le bras supérieur ; à gauche « R.P. » et à droite « 10 »
  • Sur le montant inférieur, au niveau de la vis tenant le grand ressort, un autre marquage, difficilement identifiable et que semble être « GC20 » ou « GG20 »

  • Sur la face interne des plaquettes, outre le « 70 » il y a aussi le mot « PRATI » imprimé dans le bois, dont ignore la signification, probablement le nom du façonneur.

© et ® Lefaucheux juillet 2017

la Maison Salmon

Lettre d’Augustin Barrachin adressé à son Armurier Salmon à Charleville:

Barachin 7 août 1842 (écriture de Mr Salmon)

Monsieur Salmon

Arquebusier

Près de la Grille

Charleville (Ardennes)

 

Signy le petit 6 août 1842

Monsieur Salmon à Charleville,

Vous recevrez très prochainement ma canardière dont le canon n’est pas droit, elle a par conséquence une portée très courte et oblique et diffuse, en autre son recul est violent, je vous prie de l’examiner et si vous pouvez corriger ces défauts en lui mettant une enlarge anglaise, en remplacent les … par un piston et en redressant le canon, même au moyen d’un foret, je vous prie d’y faire une addition et réparation. Toutefois à la condition quelle rendront cette arme bonne et capable du service que l’on doit attendre de la force et de la longueur du canon.

Je désirerais être très promptement en possession de ma canardière et je voudrais qu’elle puisse m’être retournée avant le 20 par Mr Chapelier, messagerie de Maubert – Fontaine qui se rend tous les lundis dans votre ville.

Si votre travail est terminé avant l’époque indiquée, je vous prierai de m’adresser en même temps :

  • 2 kg plomb N° 4
  • 2 kg plomb N° 8
  • 1 kg plomb N° 7
  • 2 kg plomb N° 5

Une boîte de capsules bombée, 250 en nombre.

Si au contraire la canardière ne puisse me parvenir avant le 20, vous m’obligerai de profiter de la première occasion de la messagerie pour m’envoyer les articles que je vous demande.

Vous priant de me répondre aussitôt que vous aurai visité la canardière, à laquelle il ne faut rien faire si vous ne pouvez la rendre bonne, ou si la réparation devrait être d’un prix considérable pour une vieille arme.

Je vous prie de recevoir mes salutations sincères

Aug. Barrachin

__________

Le « Qui est Qui » dans cette lettre: 

Augustin Barrachin, né le 26 août 1797 à Reims.

« En la maison du citoyen Barrachin »

Maitre de forges dans les Ardennes

Maire de Signy le-Petit (Ardennes)

Conseiller général, député (1831), chevalier Légion d’honneur

Mort à Signy-le-Petit le 6 mai 1883.

Veuf d’Elisabeth Andrieux dont il aura 2 fils, Léopold et Edmond.

__________

Les armuriers Salmon :

Les Salmon sont armurier de père en fils :

Antoine Salmon, ancien armurier en 1813.

  • Jean Louis Salmon, armurier et fils d’Antoine, ce marie le 22 mars 1813.
  • Nicolas Salmon, armurier, déclare la naissance de sa fille, le 19 mars 1814.
  • Pierre Salmon, armurier, déclare la naissance de son fils Augustin le 3 mars 1817.
  • Antoine Salmon, né en 1799, déclare le 10 septembre 1833 être arquebusier à Charleville.

Par la suite je n’ai pas trouvé de traces de fils étant eux aussi Armurier.

Il est donc difficile de déterminer à qui cette lettre est adressée.

Source : Archives des Ardennes.

® et © Lefaucheux juillet 2017

Une paire de pistolets de Casimir Lefaucheux, les LF 89.

Deux pistolets LF 89 de Casimir Lefaucheux selon le brevet 1371 du 2 mai 1845.

C’est le  17 décembre 1835 que Camille Auguste Jean Baptiste Napoléon Jubé de la Perelle, achète à Casimir Lefaucheux, le fonds de commerce de la rue de la Bourse, ainsi que les bénéfices résultant des brevets et traités signés avec les armuriers.

Prix d’achat est de 25.000 francs et l’entrée en jouissance est fixée au 1er janvier 1836.

La raison de cette vente reste à l’heure actuelle encore une énigme.

Casimir Lefaucheux et sa famille retourne dans son Maine natal et s’achète une maison aux Ponts-de-Gennes pour la somme de 6000 francs où il déposera plusieurs brevets dans le domaine du Cidre et l’Hippomobile.

Très probablement c’est par intermédiaire de Devisme, qui lui rachète un brevet, que Casimir Lefaucheux revient à Paris et aux inventions arquebusières.

Il se fait domicilier au 10, rue de la Bourse, alors que le magasin reste au nom de Jubé jusqu’en 1847, date à laquelle Casimir Lefaucheux rachète le fonds de commerce.

Néanmoins c’est dès le 2 mai 1845 que Casimir Lefaucheux  prend le brevet d’invention no 1371 pour un pistolet à chargement par la culasse.

C’est un système ingénieux :

Pour charger, il suffit de faire pivoter latéralement le canon sur l’axe inférieur et parallèle à ce dernier, fixé au bâti.

Le principe est simple, la fabrication facile, l’emploi fiable.

La conception et le principe de fonctionnement ressemble beaucoup au brevet Leroy du 8 septembre 1815.

Les deux pistolets LF 89  à mono coups avec canon pivotant.

Ces deux pistolets sont très différents du LF 125 issu du même brevet.

Pistolet Casimir Lefaucheux 9 mm

Les deux LF 89 (la aussi une rareté) sont d’un calibre supérieur avec un canon moins long, moins épais, s’ouvrent vers la gauche et non vers la droite comme sur le LF 125.

Dimension, marquages et poinçons :

  • Longueur totale :  170 mm
  • Poids : 212 grammes pour l’un, 216 grammes pour l’autre.
  • Longueur du canon :              76.2 mm

Canon lisse a priori chambré avec une entrée de 11.5 mm à broche et une sortie de 10.4 mm

Mécanisme. en Simple Action uniquement, avec une détente escamotable après armement du chien.

Gravure de feuilles, de fleurs et de lianes sur le chien, le bâti et le canon au burin.

Crosse en ébène de forme arrondie classique.

Sur la face supérieure du coffre le poinçon de Casimir avec le pistolet brisé suivi du numéro « LF 89 » pour les deux.

Sur le dessus du canon, en lettres gothiques « Lefaucheux Iteur. Bté. Paris ».

Sur son dessous un chiffre de « 191 » identique pour les deux.

Le brevet 1371 recevra un certain nombre d’additifs donnant naissance à la poivrière à broche.

Voir aussi le livre ;

  • « Casimir Lefaucheux Arquebusier 1802 – 1852 »
  • de Gérard Lautissier et Michel Renonciat
  • Edition du Portail
  • Page 40 et 41

 ® et © Lefaucheux juillet 2017

Cartouchière

Cette cartouchière me semble être issu du brevet belge d’un certain Mr Schmitz à Liège.

Brevet déposé le 29 avril 1861 à Liège.

« Merci à Max pour le brevet » 

© et ® Lefaucheux avril 2017

La Maison de Ferdinand Claudin

La maison de Ferdinand Claudin à Paris

Selon le « Qui est Qui » de Jarlier, Tome 1, page 110 :

Claudin – Famille d’arquebusiers parisiens

  • Sébastien-Ferdinand
  • Désiré-Henri
  • Ferdinand (celui de la facture ici présentée)

Plusieurs adresses connues :

  • 9, rue de la Tonnellerie (1839)
  • 1, rue Joquelet (1844 – 1860)
  • 38, Bouvelard des Italiens (1861 – 1878) près « La chaussée d’Antin ».

A ce sujet il a une petite annotation à faire :

  • Sur la facture il faut lire « Boulevart des Italiens » ce qui ne semble pas être une faute de frappe puisque j’ai observé la même écriture à l’intérieur d’un coffret.

  • Sur la facture de 1870 ci-dessus le »T » est de rigueur, constaté de même sur une facture de 1873, néanmoins dans l’annonce de 1863 du « Journal des Chasseurs » le Boulevard est écrit avec un « D »

Qui est Mr Desvaranne habitant 4 rue Castellane à Paris signalé au dos de cette facture?

En 1863, Claudin signale dans le « Journal des Chasseurs » que l’établissement a été tranféré de la rue Joquelet aux 38 Boulevard des Italiens.

En 1873 : 

  • Même armurier.
  • Même client .
  • Même adresse .
  • Mais plus le même régime, nous sommes en République ….

Ferdinand Claudin a été nommé chevalier de la Légion d’honneur en 1878 et reçoit de la part du Roi d’Espagne la croix de commandeur de l’Ordre d’Isabelle-la-Catholique en Novembre 1880.

Source : BNF – GALLICA.

Le 28 avril 1892 le fils, Désiré Henri Claudin, fabricant d’armes, Boulevard des Italiens 3, faisant le commerce sous le nom « Ferdinand Claudin » est déclaré en liquidation.

Le liquidateur provisoire est : M. Mauge, 16, rue de Valois à Paris

Source : BNF – GALLICA.

© et ® Lefaucheux, juin 2017

Le LF 4322 un « 70 de Marine ».

Le « LF 4322 », un revolver 1870 de Marine.

Introduction :

Le revolver  « LF 4322 » est un « 1870 de Marine », fabriqué pour le compte de la Marine par Eugène Lefaucheux dont nous pouvons situer la livraison à Brest vers le mois de Juin 1872.

Cette arme à subit deux modifications, à savoir :

  • L’une, réglementaire par la modification de la crosse comme ordonnée par le Ministre le 22 novembre 1873.

  • L’autre moins réglementaire, par une modification du guide de la baguette d’éjection.

Néanmoins le « LF 4322 » est porteur de l’ensemble des caractéristiques du « 70 de Marine », à savoir :

  • Inscription sur la cage du barillet.
  • Guide de baguette (certes modifié).
  • Le « LF » dans le prolongement de l’axe.

  • Le guidon « carré » à quatre faces.
  • Son numéro de bord.

  • L’ancre de Marine sur le talon.

Marquages et poinçons :

Comme l’ensemble des « 70 de Marine », le numéro  « LF 4322 » est situé dans le prolongement de l’axe central du côté gauche, avec juste en-dessous un « G » qu’on retrouve aussi sur le canon.

L’ensemble des pièces de l’arme comporte le numéro d’assemblage « 20 G ».

Le marquage du fabricant « Lefaucheux Bté S.G.D.G. Paris » est inscrit sur la cage au-dessus du barillet.

Un « 2 » sur la face externe du barillet

Sous les plaquettes, outre le numéro d’assemblage, on retrouve du côté gauche le marquage « E.Lefaucheux Invr Breveté » ainsi que les lettres « F »  et un « P », lettres dont j’ignore la signification.

Sur les plaquettes entre les deux rosettes, sur le barillet et sur le bâti on retrouve son numéro d’affectation de bord, le numéro « 790 ».

Sur le talon de l’arme son « ancre » de Marine.

 Caractéristiques techniques :

  • Poids à vide: 1035 grammes
  • Longueur totale :  240 mm
  • Longueur canon : 120 mm, rond, à 4 rainures internes.
  • Epaisseur du canon: 18.6 mm au tonnerre et 17.5 mm après le guidon.
  • Canon : Vissé dans la carcasse.
  • Carcasse : Carcasse, cage du barillet et crosse d’une seule pièce. L’ensemble des pièces du mécanisme sont placées du côté gauche de la crosse.
  • Mécanisme : En Simple et Double Action.
  • Barillet : 6 coups, 12 mm à percussion centrale.
    • Entrée drageoir : 12 mm / 13 mm
    • Sortie drageoir : 4 mm
    • Diamètre : 44 mm
    • Longueur: 9 mm et 38.2 mm avec le rochet et la partie avant.
    • Arrêtoirs de blocage : En creux de forme triangulaire.

Pour sortir le barillet de son logement, il faut tirer l’axe central vers l’avant, ouvrir la portière de chargement et mettre le chien au premier cran.

  • Culasse :
    • Diamètre : 6 mm
    • Epaisseur du bord : 9 mm
    • Portière de chargement : S’ouvrant vers le bas.
  • Grand ressort : Plat, fixé par une grosse vis à la base du bras inférieur.
  • Ressort de rappel de détente : A « lame », tenu par une vis à la console, devant la détente.
  • Pontet : Rond, fixé par une vis extérieure sur le devant et par une autre interne située sous la plaquette gauche.
  • Talon : En ovale avec un anneau de dragonne.
  • Guidon : Forme réglementaire « carré ».

 

  • Baguette d’éjection : En forme de « tête de clou» dans son guide transformé permettant de repousser les douilles hors du barillet.
  • Plaquettes :  2 pièces en bois tenues par deux grande vis  traversant de part en part la crosse.
  • Arme bronzé: d’origine l’arme devrait être en poli blanc.

©® Lefaucheux 2017

Les relations entre Samuel Colt et Eugène Lefaucheux

Deux articles parues dans CIBLES 561 et 562 (décembre 2016 et Janvier 2017)

15 pages qui prouvent que la relation entre Samuel Colt et Eugène Lefaucheux ne c’est pas uniquement limitée à une simple rencontre à Londres en 1851.

Qui permet aussi de savoir ou d’imaginer le pourquoi de l’utilisation d’un revolver Colt comme la base d’un revolver 1854.

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CIBLES 561 pages 73 et suivantes Décembre 2016.

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CIBLES 562 pages 28 et suivantes Janvier 2017.

http://www.crepin-leblond.fr/index.php?id_product=750&controller=product&search_query=lefaucheux&results=16

http://www.crepin-leblond.fr/index.php?id_product=602&controller=product&search_query=lefaucheux&results=16

© et ® Lefaucheux Décembre 2016

 

Une comparaison rapide entre un parisien et un liégeois.

Une Comparaison entre un revolver parisien et un revolver liégeois de même modèle, un revolver 12 mm à broche en Triple Action.

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Le « LF 9633 » de fabrication parisienne en poli blanc.

Le « EL 218148 » de fabrication liégeoise en noir.

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D’aspect visuel rapide les deux revolvers sont assez semblables :

  • Calibre de 12 mm à broche.
  • Longueur totale de 270 mm.
  • Mécanisme en Triple Action.

Néanmoins l’ajustement des pièces et la finition de l’ensemble est nettement supérieur sur l’arme fabriquée et finie à Paris.

Mais en y regardent de plus prêt on s’aperçoit que ces deux revolvers, par les détails sont bien différents :

  • La longueur totale étant identique, la longueur du canon ne l’est pas :
  • — LF = 136 mm
  • — EL = 131 mm
  • Le poids :
  • — LF = 902 grammes
  • — EL = 960 grammes
  • La tête de chien :
  • — LF = très étroite et effilée, comme l’ensemble de TA parisien.

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  • — EL = demi ronde, similaire à celui du 1854, ce qui a obligé d’élargir le passage dans le rebord de la culasse.
  • Le barillet : même dimensions pour les deux, mais le LF a des arrêtoirs carré et ceux du EL sont « rectangulaire en pente douce ».
  • La profondeur de la porte de chargement :

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  • — Pour le LF elle est de 16 mm et qui découvre partiellement le « rochet » du barillet, facilitant le graissage de l’axe.

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  • — Pour le EL elle est de 13.6 mm et de ce fait ne permet pas le graissage de l’axe.
  • La visserie :

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  • — Le LF et le EL ont exactement le même nombre de vis, mais ceux du LF sont bien « encastré » en n’accrochent pas, donnent plus de « fluidité » à l’ensemble.

® et © Lefaucheux novembre 2016

Le LF 68, 10 coups, 12 mm en Triple Action

Le revolver 12 mm en TA à 10 coups, le LF 68.

Introduction

Nous connaissons tous le revolver 12 mm en Triple Action à 6 coups, qui est pour ainsi dire commun et « déjà-vu ».

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Par contre, le 12 mm en TA, mais à 10 coups, est beaucoup moins courant voire rare.

La production de ces 12 mm TA à 10 coups a été faible, probablement moins de 600 pièces.

Les armes de ce calibre et de cette puissance de feu, sur une rangée à canon simple font partie des revolvers situés dans le brevet 55784 du 27 Septembre 1862.

Le 12 mm à 10 coups est une arme typiquement « Civile à vocation militaire » qui n’a  eu aucun succès commercial.

Les dimensions de l’arme sont très proches de celles du 7 mm à 20 coups.

C’est une arme lourde dont le poids à vide, comme nous le verrons ci-dessous, dépasse largement le kilo et chargé, presque 1.3 kilo.

Malgré une puissance de feu largement supérieure à la moyenne des 6 coups, on peut aisément imaginer l’encombrement et le poids à la ceinture d’un soldat ou officier.

La faible production de ces armes peut aussi être due au fait que cette production est relativement tardive par rapport au 6 coups du même calibre et que par conséquent elle s’est retrouvée en concurrence avec le 7 mm à 20 coups qui commencera à sortir des ateliers vers le mois de février – mars 1865.

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Datation et évolution :

Les revolvers en 12 mm à 10 coups constituent une série bien à part et spécifique.

L’ensemble des numéros relevés sur les armes en 12 mm, TA et en 10 coups,  se situe actuellement entre le « LF68 »  et le « LF582 ».

A priori, selon mes observations, il n’existerait principalement que deux groupes :

  • Un premier groupe avec vis de calotte de crosse apparente et ressort du système TA dans le prolongement arrière du chien, sans déport.
  • Un second groupe où les vis de la crosse ont disparu, puisque remplacées par une fixation par « Mortaise / Tenon » recouverte par les plaquettes.

En tenant compte des observations énumérées ci-dessus, on pourra les dater et/ou les situer dans le temps.

Les premiers revolvers en Triple Action sont apparus en Septembre 1862 ; ils avaient effectivement les vis apparentes au niveau du talon de la crosse, mais aussi le ressort du système triple action déporté sur la droite.

A noter aussi,  le marquage « LF » situé encore sur le tonnerre du côté droit.

Le changement de marquage du numéro « LF » intervient vers le mois de Juillet – Août 1864 sur les revolvers 12 mm à 6 coups.

En observant l’ensemble des  12 mm TA à 10 coups, on peut constater que tous les numéros « LF » sont situés sur le côté gauche dans le prolongement de l’axe central. (sous réserve de vérification)

Il est à noter en plus qu’aucune des armes observées n’a de ressort de Triple Action avec l’extrémité qui fait une découpe visible dans le bras supérieur de la crosse derrière le chien.

Modification déjà opérationnelles sur les 12 mm à 6 coups à partir d’Avril 1864.

Pour finir, la crosse sur le 12 mm à 6 coups ne prend cette forme arrondie, avec la suppression des deux grosse vis au bénéfice de la fixation « Mortaise / Tenon », recouverte par les plaquettes, qu’à partir de Nov. – Déc. 1864.

On peut de ce fait raisonnablement croire que la fabrication du « LF 68 » est à situer vers le mois d’Août 1864.

Poinçons et marquages :

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Le fameux « LF 68 » surmonté du pistolet suivi de son numéro est situé sur le côté gauche dans le prolongement de l’axe central.

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Sur le dessus du canon est :

« LEPAGE FRERES A PARIS, 12 RUE D’ENGHIEN ».

Ce qui voudrait dire que cette arme a été commercialisée par leurs soins.

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Sous le canon, devant l’axe central, en ovale :

«INVon  E. LEFAUCHEUX BREVETE S.G.D.G. (PARIS) ».

Et le chiffre « 2 ».

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L’ensemble des pièces de l’arme comporte le numéro « 87 :: », qui correspond à son numéro d’assemblage.

Caractéristique de l’arme:

  • Poids à vide: 1130 grammes
  • Longueur totale : 290 mm
  • Longueur canon : 156.7 mm, tonnerre à pans, arrondi sur 32 mm et ensuite rond, à 4 rainures internes.
  • Intérieur du canon :
  • — Entrée : 11.1 mm / 11.4 mm
  • — Sortie : 10.9 mm / 11.2 mm
  • Fixation du canon : Le canon est vissé sur l’axe central et au bâti par 1 vis « encastrée » frontale, au niveau de la console.
  • Fixation du socle à la carcasse :  par 3 vis.
  • Mécanisme : Triple Action.
  • Barillet : 10 coups, 12 mm à broche.
  • — Type : Cannelé
  • — Entrée drageoir : 12 mm
  • — Sortie drageoir : 11mm
  • — Diamètre : 57.8 mm
  • –Longueur: 28.9 mm et 37.6 mm avec le rochet et la partie avant.
  • — Arrêtoirs de blocage : carré de 3.2 mm / 3.4 mm.

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  • Culasse :
  • –Diamètre : 65 mm
  • — Epaisseur du bord : 7.6 mm
  • — Epaisseur au centre : 16.2 mm
  • — La portière de chargement avec un ressort et lèvre de pincement.
  • Grand ressort : Plat, fixé par une grosse vis à la base du bras inférieur.
  • Ressort TA : Plat, fixé à 1/4 de la hauteur du bras supérieur de la crosse. Se placent droit derrière le chien, le décrochement existe toujours mais n’est pas visible de l’extérieur. Ressort cranté pour pouvoir accrocher les crans du chien.
  • Détente : Fixe sur le corps.

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  • Corps de détente : Avec ergot sur l’arrière pour repousser vers le haut la « Baïonnette ».
  • Ressort de rappel de détente : En « V » encastré dans la console, devant la détente.
  • Chien : Avec crête, muni de deux crans et chaînette de liaison.
  • Pontet : Rond, fixé par deux vis, celle du devant fixée sur le dessous de l’embase, celle de l’arrière à l’intérieur du bâti.

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  • Talon : Arrondi sur son ensemble, calotte tenue par 2 vis apparentes. Avec la présence d’anneau de dragonne.
  • Baguette d’éjection : En forme de « tête de clou» permettant de repousser les douilles hors du barillet.
  • Plaquettes : 2 pièces en bois quadrillé tenues par une grande vis traversant de part en part la crosse.  « Busc »  carré de 11.3 mm de largueur.
  • Arme en poli blanc.

® et © Lefaucheux novembre 2016

Un revolver issu du brevet du 10 septembre 186, le LF 27

Le revolver 1868, le LF 27.

Introduction :

Le revolver « 1858 » et le « 1870 » de Marine sont les plus mythiques de l’épopée Lefaucheux.

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Autant le revolver 1858 sera entièrement fabriqué dans la Manufacture de Saint-Etienne, autant le revolver 1870 le sera dans les ateliers du 194 rue Lafayette à Paris

L’histoire du revolver « 1870 de Marine » commence par une demande du 13 mars 1868, du Ministre au Président des Marchés Spéciaux de l’Artillerie et se terminera en septembre 1872.

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Le samedi 6 juin 1868, Eugène Lefaucheux participe à une séance d’explication avec le « Comité »,  sur les deux types de revolvers de conception nouvelle ; l’un à broche, l’autre à percussion centrale.

Que le « Comité » décrit comme suit :

            « Le mécanisme de la platine est plus simple, plus solide, plus facile à entretenir, à  monter et à démonter et l’ajustage de ses différentes pièces n’exige pas l’emploi de la lime.

            Mr Lefaucheux s’engage à les fabriquer de sorte que chacune d’elles puisse   s’appliquer indifféremment, sans être retouchée, sur toutes les platines du même modèle.

            Comparativement la simplicité du mécanisme provient de celle des pièces dont il se compose et de leur moins grand nombre ; la facilité de montage et de l’entretien ; de  ce qu’il suffit d’enlever la poignée de bois pour que ces pièces soient à découvert et enfin la solidité : de ce que celles-ci sont toutes fixées sur une forte plaque de fer, dont la partie postérieure, garnie de bois de chaque côté, forme la crosse du pistolet……

 …. l’encadrement du barillet est complété par une pièce en fer fixée en dessus au canon et à la culasse, ce qui augmente la solidité de l’arme ; enfin l’on peut armer de deux manières : en agissant soit directement sur le chien, soit seulement sur la   détente…..»

Dans ce même rapport le Comité propose quelques modifications :

  1. L’encadrement métallique du barillet sera d’une seule pièce, avec la plaque de fer qui forme la crosse et le corps de platine.       
  2. Le canon sera vissé, jusqu’au refus et à  frottement ……. »

20

Lors du dépôt du brevet 82358, le 10 septembre 1868, Eugène Lefaucheux profite de ces deux recommandations pour les glisser dans sa description afin de s’accaparer, à moindre frais ces deux idées.

De nouveaux essais ont lieu le 29 janvier et 2 février 1869 sur le « Louis XIV » et le « Savoie ».

Le 7 Décembre 1869, le Ministre de la Guerre adopte officiellement le revolver d’Eugène Lefaucheux comme paraissant le mieux adapté pour les besoins du service de la Marine.

Néanmoins, il demande encore des essais afin de déterminer le choix entre un revolver à canon long de 154 mm, ou à canon court de 121 mm.

La Commission de tir se prononcera en faveur du canon raccourci, soit le canon de 121 mm.

Le rapport du 3 février 1870 conclut :

« Ces revolvers (à canon raccourci) ont en effet la même justesse que les autres, ils pèseront environ 40 grammes en moins, leur puissance balistique plutôt augmentée que diminuée, enfin ils ont un aspect plus flatteur et il est plus facile de les porter. »

La production totale des revolvers à percussion centrale, issus du brevet de Septembre 1868 dans les ateliers de la rue Lafayette aurait été, me semble-t-il, d’environ 9000 pièces.

Le « LF 27 » :

Datation et quantité:

Les quelques pièces de revolvers « modèle 1868 » et « modèle 1869 » que j’ai pu voir se situent entre le « LF 8 » et le « LF 140 ».

On peut donc aisément en conclure que le nombre de ses modèles ne dépassent pas les 150 pièces.

Le « LF 27 » ressemble beaucoup au dessin qui accompagne le brevet du 10 septembre 1868 et intègre la plupart des recommandations faite par le Comité lors des essais du 29 janvier et 2 février 1869.

Ce qui permet d’estimer que la fabrication du « LF 27 » peut être située durant le premier semestre de 1869.

Voir aussi le livre d’Henri Vuillemin : « Les revolvers Militaires Français », page 81. (le « LF 14 » est très similaire au « LF 27 »)

Principe de fonctionnement du revolver 1868 :

La particularité du revolver issu du brevet de 1868 est qu’il fonctionne  en Simple et Double action.

C’est une nouveauté pour la Marine puisque le « 1858 réglementaire » ne fonctionne lui, qu’en Simple Action.

Le rajout de la « Double Action » procure à l’arme un volume de feu dont le « 1858 » était privé.

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Le mentonnet et la barrette de liaison entre la détente et le chien sont montés sur le même axe, sur le haut du corps de la détente.

En pressant légèrement la détente, la barrette de liaison fait basculer le chien en arrière et prend le premier cran de la gâchette, le « cran de sûreté ».

La mise sur le « cran de sûreté » dégage la pointe du percuteur, permettant au barillet de tourner librement et ainsi permettre le chargement ou déchargement des munitions.

Une nouvelle pression sur la détente permet de mettre le chien sur le deuxième cran de la gâchette, le « cran de l’armé ».

Dans le même mouvement le mentonnet aura poussé le barillet 1/6ème de tour, par l’intermédiaire du rochet, afin d’aligner la balle du barillet en face du canon et le taquet de verrouillage, présent sur le haut de la détente, vient se bloquer dans l’arrêtoir du barillet.

Le tenon du chien est sorti de la mortaise de la barrette et le grand ressort est sous pression.

La pointe de la gâchette repose sur une encoche à l’arrière de la détente.

Le ressort de détente, à l’avant de celle-ci, offre une contre-pression à l’ensemble du mécanisme.

Les mêmes mouvements s’opèrent exactement en tirant en arrière le chien (Simple Action).

Une pression supplémentaire sur la détente pousse la pointe de la gâchette, (qui repose sur l’encoche) vers le haut et pivote autour de son axe en libérant le chien de son « cran d’armé », qui, sous la pression du grand ressort, lance le percuteur vers l’avant pour le « coup de feu ».

Le ressort de détente repousse ladite détente en place et l’ensemble du mécanisme suit le même mouvement et se retrouve prêt pour un nouveau coup de feu.

Marquages et poinçons :

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  • Sur le canon, en lettres enroulées : « E. Lefaucheux Bté. à Paris ».

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  • Le numéro  « LF 27» est situé du côté gauche, parallèle à l’axe central.
  • L’ensemble des pièces de l’arme comporte le numéro d’assemblage « 27 N ».

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  • Sous les plaquettes le « 27 N » est complété avec un « G » dont j’ignore la signification.

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  • Sur la plaque forment la crosse, au niveau du trou de passage de la vis supérieur des plaquettes, en arc de cercle « E. Lefaucheux »

 Caractéristiques techniques :

  • Poids à vide: 1045 grammes
  • Longueur totale : 300 mm
  • Longueur canon : 156 mm, rond, à 4 rainures internes.
  • Canon : Vissé dans la carcasse.

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  • Carcasse : Carcasse, cage du barillet et crosse d’une seule pièce. L’ensemble des pièces du mécanisme sont placées du côté gauche de la crosse.
  • Mécanisme : En Simple et Double Action.
  • Barillet :
  • — 6 coups, 12 mm à percussion centrale.

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  • — Entrée drageoir : 13.1 mm / 12.3 mm
  • — Sortie drageoir : 11.3 mm
  • — Diamètre : 42.4 mm / 44 mm
  • — Longueur: 31.7 mm et  36.7 mm avec le rochet et la partie avant.
  • — Arrêtoirs de blocage : En creux de forme triangulaire.

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  • Pour sortir le barillet de son logement, il faut tirer l’axe central vers l’avant, ouvrir la portière de chargement et mettre le chien au premier cran.
  • Culasse :
  • — Diamètre : 44 mm, mais n’est pas entièrement ronde à cause de la forme de la portière de chargement.

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  • — Portière de chargement : S’ouvrant vers le haut, avec son ressort dans le creux de la culasse.
  • Grand ressort : Plat, fixé par une grosse vis à la base du bras inférieur.
  • Ressort de rappel de détente :  En «V », devant la détente.
  • Pontet : Rond, fixé par une vis extérieure sur le devant et par une autre interne située sous la plaquette gauche.
  • Talon :  En ovale avec un anneau de dragonne.
  • Baguette d’éjection : En forme de « tête de clou» sur un guide « réglementaire » permettant de repousser les douilles hors du barillet.

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  • Plaquettes :  2 pièces en bois tenues par deux grande vis  traversant de part en part la crosse.
  • Arme en version :  Bronzé

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Brevet d’invention : N° 82358 du 10 septembre 1868

® et © Lefaucheux octobre 2016.